Honu, Pele et Poke Bowl - Hawaii 2017

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Floran
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Re: Honu, Pele et Poke Bowl - Hawaii 2017

Message par Floran » 20 juil. 2019, 19:45

Salut la compagnie,

je me replonge sur le carnet. Enfin plonger, façon de parler puisque pour la prochaine journée, c'est plutôt de s'élever qu'il est question. Tout d'abord, prendre l'air pour passer de Maui à Big Island, et ensuite enchaîner les épingles de l'Alpes d'Huez ... euh du Mauna Kea pour vérifier si il n'y a pas de la vie sur Mars (histoire de répondre à la question de David !). Attachez vos ceintures, éteignez vos mégots pour suivre notre aventure.

Comme d'habitude, une version plus complète est disponible sur notre blog pour la modique somme de $0, tips included :

http://www.mabouls2boulder.fr/2019/07/2 ... e-on-mars/

Mercredi 13 Septembre 2017

Changement d’île aujourd’hui, nous quittons Maui pour nous rendre sur la plus étendue des îles de l’archipel, Big Island (aussi nommée Hawaii).
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Direction donc l’aéroport afin de prendre un vol de liaison inter-île au sein d’un petit avion à hélice. La restitution de la jeep se fait sans encontre et rapidement, nous voici sur le tarmac pour embarquer. Pour information, le vol nous a coûté $95 par personne plus un petit quelque chose pour le bagage en soute (prix minoré si l’on souscrit au programme de fidélité de la compagnie). L’avion est assez bruyant et un peu remuant, néanmoins, le vol ne dure qu’une quarantaine de minute et à peine en haut, on se rue sur le hublot pour observer … l’océan (et oui, pas de bol, on est du mauvais côté de l’avion). On se console avec le jus de fruit frais offert par les hôtesses. L’atterrissage se fait sans encombre à l’aéroport de Kona.
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Notre jet en jette !
Pour ces 6 jours sur Big Island, notre monture sera de nouveau une Jeep Wrangler, les 4 routes motrices nous seront utiles pas plus tard que cet après-midi. ($275 avec assurance pour 6 jours) A la sortie de l’aéroport, nous profitons du premier supermarché que nous trouvons pour quelques courses avant de passer à la chose sérieuse. Et quoi de plus crucial que de prendre un petit déjeuner bien copieux. Nous nous aventurons sur le port de Kona et portons notre choix sur Fish Hopper, un restaurant de poissons. De bons œufs Bénédicte sur lits de Mahi Mahi et un bon verre de jus de fruit frais vont nous apporter les calories nécessaires à la journée. Pour ne rien gâcher, nous sommes juste en face du fond de mer, tout près de là où s’élance le mythique triathlon Ironman d’Hawaii. Quelques nageurs font d’ailleurs des longueurs dans la baie, sous le regard d’une multitude de pécheur en attente d’une proie.
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Notre menu pour Big Island promet.
En plus de notre estomac, nous remplissons notre esprit en lisant les guides sur la grande île. Formée de 5 volcans bouclier contiguës, le Kohala (éteint), le Mauna Kea (en sommeil), le Hualalai (en sommeil), le Mauna Loa (actif) et le Kilauea (actif), l’île d’Hawaii est la capitale historique de l’archipel. De nombreux climats se partagent l’île, si l’ouest est plutôt sec, l’est est carrément tropical avec de gros risques de pluies, on croise donc les doigts. C’est à partir de cette île que le roi Kamehameha 1er unifie politiquement l’archipel en 1810, puis le développe et l’ouvre au monde sous l’œil bienveillant des britanniques. Le royaume devient protectorat des USA à la fin du 19ème siècle avant de devenir officiellement le 50ème état de l’Union en 1959.
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Un petit reste de couronne britannique sur le drapeau d’Hawaii.
Notre aventure nous mène sur la Saddle Road, une ancienne piste réputée dangereuse mais dont le pavement récent a écarté tout péril. Elle traverse l’île d’ouest en est en parcourant la fine vallée séparant le Mauna Loa et le Mauna Kea. Nous fixons d’ailleurs ce dernier dont nous avons décidé de visiter le sommet. Le plafond nuageux est assez bas et menaçant, néanmoins, quelques trouées nous font penser que tout au-dessus, le ciel est d’azur. Après tout, nous avons loué la jeep en partie pour pouvoir parcourir ses flancs, il serait dommage de faire l’impasse.
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Un petit peu d’espoir bleu entre les nuages.
Nous bifurquons à gauche sur la route qui mène jusqu’au visitor center du volcan, puis, jusqu’à son sommet, la Summit Access Road. Du bord de l’océan (altitude 0) où nous nous trouvions ce matin, jusqu’à son point culminant à 4207 mètres, la montagne nous force à encaisser une sacrée différence d’altitude. De nombreuses mises en garde sur le mal aiguë des montagnes indiquent la marche à suivre pour essayer d’en éviter les effets fâcheux. Vivants toute l’année à 1600 mètres d’altitude, je pense que nous sommes un peu protéger, nous suivons tout de même les recommandations dont la première est de faire une pause d’une trentaine de minutes au centre d’information du volcan. Il est situé au cœur du centre Onizuka (du nom d’un astronaute hawaïen décédé lors de l’accident de la navette Challenger en 1986), véritable petit village à 2800 mètres où astronomes et techniciens travaillant dans les observatoires sommitaux résident pour ne pas perdre les bénéfices du séjour prolongé en altitude. Nous restons donc une demi-heure sur place, regardant un film sur le volcan tout en soignant notre hydratation à coup de boissons chaudes. Boire est très important à ces hauteurs, et le temps assez froid de l’atmosphère incite à se réchauffer l’estomac.
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Le centre Onizuka, pause nécessaire !
Nous entamons l’ascension. Quelques centaines de mètres seulement après le centre, le goudron fait place à une belle piste. C’est pour ce segment qu’il est recommandé de prendre une quatre roues motrices. Ceci dit, je ne suis pas sûr qu’une bonne routière à la garde un peu haute ne fasse pas l’affaire. Afin de préserver le moteur et d’acclimater nos organismes à l’altitude, nous nous arrêtons plusieurs fois sur les parkings qui s’égrainent le long de la route. C’est aussi une bonne excuse pour emmagasiner un beau pèle mêle de panoramas sur nos cartes mémoires. Les cônes volcaniques se dressent sur un pierrier ocre. Aucune végétation n’est apparente. Ce sont des images que l’on s’imagine comme paysages de la planète rouge. En à peine quelques centaines de mètres d’ascension, on se retrouve sur Mars. Tout au plus la bande d’asphalte qui serpente nous ramène un peu à la réalité.
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N’oubliez pas vos duvets, ça caille !

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Après une quarantaine de minutes de montée nous arrivons au sommet, depuis quelques kilomètres déjà, la route est goudronnée de nouveau et en parfaite conditions. Sur la droite, une colline marque le sommet du volcan, elle culmine à 4207 mètres. Sa cime, d’un rouge carmin, est marquée par une sorte d’autel. Quelques courageux, pas apeurés par le manque d’oxygène en ont même entamé l’ascension. Tout autour de nous, par-delà le plancher nuageux, on aperçoit l’océan qui s’étend jusqu’à l’horizon.
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Tout en haut du Mauna Kea.

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De l’eau partout = confirmation que nous sommes bien sur une île
Si les paysages naturels ont déjà des airs issus d’un film de science-fiction, la main de l’homme n’a fait que renforcer cette impression. Sur les cimes, se détachent une douzaine de télescopes aux formes plus futuristes les unes que les autres. Ceux-ci sont en partie contrôlés à distance et à basse altitude depuis un centre de commande. Loin de dénaturer le panorama, ces concentrés de technologies coupent vraiment le souffle (à moins que ce ne soit le manque d’oxygène). Il existe des visites commentées pour l’un des édifices mais nous n’avons pas choisi cette option. Néanmoins, l’un des observatoires, le Keck est ouvert et possède une petite exposition ainsi qu’une fenêtre sur le système optique (et des toilettes aussi). C’est un étalage assez impressionnant et intriguant de technologies. Vraiment à faire.
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Les Keck en olives.

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Quelques Kecksplications.

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La tronche de Keck.

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Les observatoires de la partie Ouest du cratère.

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L’Infrared Telescop Facility de la Nasa.
La visite de l’observatoire du Mauna Kea n’est pas la seule attraction du sommet. Il existe une curiosité accessible après une courte randonnée d’une vingtaine de minutes. A 3970 mètresnd’altitude, niché au cœur du cône volcanique Pu’u Wai’au (je suis sûr que les noms hawaïens vous avaient manqué), le lac Wai ’au constitue le 7ème plus haut lac des Etats Unis. Emportant une bonne quantité d’eau, très important en altitude, nous nous engageons sur le sentier. Rapidement, les télescopes disparaissent derrière un cône volcanique et ce sont les paysages dénudés qui s’offrent à nous. Il fait un peu frais même si le soleil tape fort. Difficile de croire qu’en hiver, ces reliefs peuvent être recouverts de neige. Le ski est d’ailleurs une activité prisé lorsque le volcan se couvre de son blanc manteau.
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En cette saison, pas de glace dans le cône.

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A la découverte des martiennes.

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Le sentier des nuages.
Nous voici donc arrivés en vue de l’irréel Lac Wai’au. Le contraste des eaux turquoise suspendues avec l’environnement rouge est vraiment saisissant. L’étendue d’eau semble sans fond, on comprend le caractère sacré des lieux dans la mythologie locale des eaux du lac dans lesquelles, parait-il, les déesses aimaient à se baigner. Encore aujourd’hui, les jeunes parents viennent chercher la bénédiction divine en allant immerger les cordons ombilicaux de leurs nouveaux nés. Sur les rives, on observe d’ailleurs un autel orné de différentes amulettes et talismans. Plus pragmatiquement, ce lac est un peu un mystère scientifique. La roche volcanique est poreuse et il n’y a aucune raison que l’eau soit maintenue en surface. Le mystère de la formation reste entier.
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Nous entrons en zone sacrée.

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Le sentier du Lake Wai’au

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Y’a même un autel avec vue !
Le chemin du retour est sans histoire, une bonne manière de se dégourdir les jambes. Rassuré de ne pas avoir été touché par le mal des montagnes, on en profite même pour dénicher le peu de vie qui réussit à s’acclimater sur le toit de l’île. A l’abri de petits cailloux, bien cachées du vent, quelques brindilles défient les éléments en ce lieu hospitalier. Alors que le plafond nuageux s’abaisse un peu, le sommet du Mauna Loa, le volcan d’en face, apparaît peu à peu. Nous redescendons juste après la balade après un dernier regard sur les télescopes.
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Petit coucou au Mauna Loa.

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Un dernier petit cône pour la route.

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Redescente vers les nuages.
L’ascension et la visite du Mauna Kea sont pour nous un des indispensables d’Hawaii. Nous ne regrettons pas d’avoir pris notre jeep pour effectuer l’ascension, notamment pour une bonne tenue de route dans la descente. La piste est néanmoins assez roulante pour qu’une berline et un conducteur sûr de lui la gravisse. En suivant les recommandations données au visitor center, nous n’avons pas eu de problème avec l’altitude, un bon point. La visite nous aura pris une bonne partie de la journée mais nous ne regrettons pas tant les paysages sont magnifiques. Loin de gâcher, l’aspect futuriste des observatoires rend le site encore plus hors du commun. Une chose qui nous a surpris c’est que le Mauna Kea est vraiment différent du Haleakeala sur lequel nous avions randonner quelques jours plus tôt. Par manque de temps, nous n’avons pas pu assister au coucher de soleil du haut du volcan mais ce doit être un spectacle fascinant. Le ciel couvert au pied ne nous a non plus pas permis d’assister à une observation astronomique avec les rangers du centre Onizuka, malgré les très bons échos que j’avais eu. La prochaine fois !
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Le reste de la journée tombe un peu à l’eau … enfin c’est plutôt l’eau qui se met à nous tomber dessus alors que nous sommes de retour sur la Saddle Road. Et sous forme de trombes. J’avais prévu d’aller explorer un lava tube, une grotte crée par un écoulement sous terrain de lave, les Kaumana Caves, vu ce qu’il tombe, on n’est pas vraiment chaud pour une session spéléo dans la flotte, les roches peuvent en plus être glissantes, on laisse tomber. On ne peut pas toujours tout planifier parfaitement !

A la place, nous profitons de notre Airbnb des 3 prochains jours qui vaut vraiment le coup. Il se situe à Pahoa, dans l’est de l’île. Niché dans un écrin de verdure tropical parfaitement entretenu, le chalet a fier allure. La décoration est raffinée dans une ambiance relaxante, zenifiante. La maison est totalement ouverte sur la nature, les fenêtres n’en sont pas, ce sont juste des toiles de moustiquaires tendues. Si la salle de bain propose tout le confort moderne, il existe en plus une douche extérieure que nous ne manquerons pas d’utiliser. Un bémol (mais nous étions prévenu), vu que le logement est situé en pleine jungle, nous avons droit à un concert de grenouilles tout au long de la nuit. Heureusement, les propriétaires mettent des boules quies à disposition qui seront très efficaces. Nous passerons une bonne nuit, et heureusement car la journée du lendemain s’avèrera être une des plus intense du voyage !
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Enchanting Rainforest Hideaway – 414 euros pour 3 nuits

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Bouquet de bienvenue.

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Salon zen, avant qu’on débarque avec notre bazar

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Douche extérieur derrière la palissade.

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Re: Honu, Pele et Poke Bowl - Hawaii 2017

Message par Alixcia » 22 juil. 2019, 09:56

Hello,

Superbe suite !

Vraiment superbe Hawaii, les photos sont magnifiques, j'adore le lac !! :love: :great

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Re: Honu, Pele et Poke Bowl - Hawaii 2017

Message par USADDICT » 24 juil. 2019, 17:10

:bye

Ha la suite...

Vous avez eu un très beau temps pour gravir les volcans :great

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Re: Honu, Pele et Poke Bowl - Hawaii 2017

Message par Floran » 03 nov. 2019, 22:45

Salut la compagnie,

comme le solstice, je reviens une fois tous les 6 mois pour avancer mon carnet. :mdr: Ce coup-ci, j'ai une excuse valable, le déménagement du Colorado vers l'Islande avec un tout petit ce n'est pas de tout repos. Je vais essayer de profiter de ma période sans boulot pour finir ce récit (et faire les suivants). Mais je ne promets rien ! J'ai une nouvelle langue qui ne ressemble à rien à apprendre après tout ! D'une île volcanique à l'autre, je clôture cet aparté et retourne vers Hawaii pour vous relater une expérience hors du commun sur les flancs de volcan Kilauea.

Comme d'habitude, quelques photos en plus et une meilleurs mise en page sur notre blog (mais l'essentiel du récit est recopié ici) : http://www.mabouls2boulder.fr/2019/11/0 ... is-perdus/

Honu, Pele et Poke bowl : Paradis Perdus
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Jeudi 14 Septembre 2017

Au moment de relater cette journée, de drôles de sensation m’étreignent. Tout ce que nous avons vécu, ressenti, vu, n’existe pratiquement plus. A Hawaii, les habitants ont l’habitude de dire qu’ils ne sont que les locataires de l’île, que la véritable propriétaire est Pelé, personnification divinisée des volcans (et par ailleurs joueuse de foot remarquable). On perçoit la force de ce proverbe lorsque l’on sait que tous les paradis aquatiques que nous avons découverts, ces refuges de la faune et de la flore marine sont aujourd’hui recouverts par quelques mètres de lave issus de la spectaculaire coulée de mai-juin 2018. Aujourd’hui la pierre en fusion a séché, sa source s’est tarie et il n’est plus possible d’observer à l’air libre cette luminescence issue des tréfonds du globe. Pelé est endormie et rêve sûrement avec nostalgie à tous les trésors qu’elle a ensevelis. Du moins jusqu’à son prochain réveil!
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Notre journée commence par un bon petit déjeuner dans notre beau logement. Nous en profitons pour faire un petit tour du jardin que la tombée du jour ne nous a pas permis de faire la veille. La végétation est luxuriante, des fleurs un peu partout, probablement un énorme travail des propriétaires mais qui vaut le coup.
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Pas d’alcool au petit dej’ pour éviter d’être L’ivre de la jungle.
Nous prenons la voiture pour aller au coin nord-est de l’île, tout au bout de la péninsule de Pahoa. Le cap Kumukahi est un désert de lave torturée, vestige de la coulée de 1960. Une piste (plutôt mauvaise) a été tracée sur la lave aplanie. Un premier parking se dresse devant nous. Des passagers d’une voiture de location sont en train de ramasser quelques débris de verre, apparemment ils ont eu de la visite par la fenêtre arrière pendant leur balade ! Cela n’incite pas trop à se garer ici ! Nous prenons alors un autre chemin, encore plus cassant sur notre droite. Je laisse le volant à Hélène plus casse coup que moi sur ce genre de terrain. La jeep et la pilote s’en sortent à merveille. Cela me permet d’observer ces paysages décharnés. La roche noire se termine abruptement dans la mer par une falaise contre lesquels des flots, déchaînés malgré le temps clément, viennent s’écraser inexorablement. Ici, l’océan cherche visiblement à reprendre les territoires que Pelé a conquis.
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Cap Kumukahi.

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Encore un qui a craché son pépin de coco n’importe où !
Un motif ésotérique en forme de vortex vient marquer la fin de la route et l’entrée des Champagne Ponds. A l’absence de végétation du cap s’opposent quelques palmiers suivis par une étroite mangrove. Enfin, un canal serpente entre un enchevêtrement de villas disposant pour la plupart d’un accès privatif à la lagune. Luxe, calme et volupté.
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La nature est quand même bien faite.

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Charmant pied à terre.
Heureusement pour nous, le bras d’eau de mer principale est ouvert à tous. En prime, il est chauffé naturellement par quelques sources géothermiques sous-jacentes. Pas de soucis pour y plonger ! Vu les conditions idylliques, le lieu est propice à une confusion de vie marine. Le corail est en bonne santé et de multiples poissons se laissent observer par les apprentis snorkeleurs que nous sommes. J’essaie de m’aventurer un peu plus loin du bord à la recherche de tortues que je sais habiter en nombre ici avant de renoncer rapidement, un peu effrayé par la force des courants.
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On se contentera de ce genre de paysage pour aller plonger.

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Poisson à rayures jaune et bleu.

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Un peu trop de vagues pour aller au large.
Seuls au monde dans notre petit éden (la piste fait son effet pour préserver les lieux), nous profitons d’un déjeuner à l’ombre des jeunes palmiers et parfaisons notre bronzage. Il faut dire que lors de nos sessions plongée nous sommes équipés de T-shirt anti UV, accessoire indispensable pour éviter de se transformer en écrevisse ! Au final, une bien belle excursion, au calme. Je vous la recommanderais bien si elle n’avait été ensevelie l’an dernier, se trouvant malheureusement à l’extrémité de la coulée de lave. Bien sûr, des villas, il ne reste rien non plus. Heureusement les habitants prévenus à l’avance auront pu évacuer dans le calme et la sécurité.

Ma pilote de choc reprend le volant. Sur quelques passages un peu escarpés, je dois descendre la guider pour lui indiquer ce qui me semble le chemin optimal. On en profite également pour faire quelques photos des lieux. Le soleil éclatant et la réverbération des roches noirs fait que le thermomètre monte rapidement. Heureusement une belle brise marine rend l’atmosphère un peu plus respirable.
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La route nous fait faire un long détour pour au final une distance assez petite à vol de néné. Un parking de fortune à l’entrée d’un lotissement privé dont les routes sont réservées au riverain nous sert de débarcadère. A pied, nous longeons les villas cossues avant qu’une ouverture ne nous fasse découvrir les Kapoho Tidepools. Des dizaines de petites piscines creusées dans la lave sont reliées entre elles par autant de petits chenaux. La marée se charge chaque jour de nettoyer et réapprovisionner les bassins d’eau nouvelle.
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Les Kapoho Tidepools.
Là encore, nous nous empressons d’enfiler notre matériel de snorkeling pour découvrir les merveilles aquatiques. L’eau chauffée par quelques affleurements géothermiques est à température parfaite. Coraux et poissons de toutes les couleurs s’épanouissent dans toutes ces petites piscines de deux-trois mètres de profondeur tout au plus. C’est un vrai bonheur de passer de bassins en bassins, attention quand même de ne pas toucher la roche volcanique particulièrement coupante. Hélène se met à traquer les zancles cornus ou idoles des Maures fascinée par leur nage aérienne.
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Poissons jaunes à bande blanche.

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Poissons jaunes à bandes noires.

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Poissons longs.

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Poissons difficilement descriptible.

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Poisson des années 50 (en noir et blanc)

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Pois sont bleus.

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Au nord, c’était les coraux.

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Poisson croissant.

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Poisson du lac (d’Annecy)

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Les plus beaux croissants qu’on trouve aux USA.
Kapoho tidepools était un spot de snorkeling d’exception dans un paysage exceptionnel. Là aussi, tout a été réduit à néant en quelques secondes par la coulée de lave. Si le corail à tout bonnement brûlé, espérons que les poissons et notamment les tortues ont senti le drame approcher et se sont réfugiés en pleine mer.
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RIP.
Nous longeons ensuite la côte en direction du Sud. Peu de vision de l’océan mais plutôt une dense forêt tropicale qui nous entoure, nous rappelant que la région de Hilo est sujette à des nombreuses averses, espérons que pour ces deux prochains jours, nous passeront au travers des gouttes.

Nous arrivons sur d’immenses parkings dans la petite bourgade de Kalapana, la route est fermée aux véhicules à moteur. Néanmoins, les locaux flairant le business facile ont créé plusieurs stands de location de vtt. Pour une quarantaine de dollars, nous voici équipés de montures qui bien que pas franchement flambant neuves, feront bien l’affaire. Les premiers hectomètres sont assez surprenants. Au milieu d’un champ de lave noir, les habitants ont reconstruits des maisons de bric et de broc sur pilotis. Dans cet univers vierge, ces habitations aux couleurs chamarrées sont surprenantes. Au bout d’un petit quart d’heure, les constructions s’amenuisent et un petit panneau nous informe que nous entrons dans notre 19ème parc national, Hawaii Volcanoes NP.
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L’humain a horreur du vide.

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Habemus volcanum !

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De bric et de broc.

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19ème parc national.
Après trois quart d’heures d’effort, la route est barrée. Nous avons longé la côte sur sa droite, au loin une volute de fumée indique l’endroit où la mer et la lave descendant du volcan se rencontrent. C’est en effet le but de cette expédition, essayer d’apercevoir le flot de magma qui s’écoule depuis 1992 du Pu’u O’o, un cratère du volcan Kilauea. C’est ici que nous laissons nos fiers destriers pour continuer à pied. Problème, dans le champ de lave nouvellement créé à notre droite, aucun sentier ne donne d’indice sur la route à emprunter. Un ranger est heureusement en poste pour nous indiquer une direction et un temps de marche théorique afin de trouver les coulées de lave. C’est assez simple, il suffit de faire suivre les fumées et une tache verte de forêt, épargnée par miracle par les feux des entrailles de la terre. C’est partit.
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Un peu d’exercice.

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Direction le truc rouge qui brille.
Nous progressons assez difficilement sur la lave. Philosophiquement, c’est assez étrange d’avancer sur une terre plus jeune que nous. Il y a 25 ans, il n’y avait rien ici ! Le toucher est aussi très spécial, la lave semble légère, onctueuse, comme gonflée d’air. On appelle ce type de coulée, très pauvre en silice en et forme de boudin parallèle, la lave pāhoehoe. Elle craque sous les pas, crépitante, craquante et acérée. Quelques fissures laissent des fougères s’installer en leur sein. Elles permettent également d’observer quelques stries colorées, traces des minéraux qui en fondant irisent un peu les roches sombres. Fascinant.
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Depuis le début de la randonnée, nous progressions à distance d’un groupe organisé. Assez soudainement, nous nous retrouvons isolé. Au même moment, le sol autour de nous produit de lui-même des crépitements inquiétant. Le sol est assez malléable, des fumerolles s’en échappent, et indubitablement, de la chaleur irradie sous nos pieds. Ça commence à devenir légèrement flippant cette aventure.
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On garde les pieds au chaud.
Nous optons pour une retraite stratégique et nous rapprochons du tour organisé, histoire de ne pas être trop isolé dans cet univers hostile. Soudain, à une dizaine de mètre de nous, un petit bourrelet de lave se met à onduler, comme animé par une respiration souterraine, la roche est vivante ! Apercevant également cela, le guide du groupe maintenant tout proche fait s’écarter toutes les personnes présentes. A peine quelques secondes plus tard, la roche se fissure et un torrent de lave en jaillit. Exceptionnel.
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On ne voit pas ça tous les jours !
Je n’ai pas vraiment de mot pour décrire la sensation d’être si proche de la roche en fusion. La substance visqueuse et luminescence progresse comme animée de sa propre vie. On comprend pourquoi elle revêt un caractère sacré pour les hawaiiens. La chaleur nous maintient à distance respectable pendant que devant nous, la terre se crée. Rapidement, le flot couvre plusieurs mètres carrés qui noircissent, se grisent et se figent presqu’instantanément. Nous restons plusieurs minutes à regarder le phénomène pendant que le soleil se couche.
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Alors que l’obscurité s’installe, nous observons les rougeoiements des coulées tout autour de nous, depuis le haut de la montagne jusqu’à nos pieds. Le groupe s’éloigne et nous restons devant le sol nouvellement crée et le filet de lave maintenant tari. Un nouveau bourrelet éclate et la source reprend de plus belle.
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La partie argentée représente Notre coulée.
Il fait nuit noir lorsque nous décidons de regagner la route à la lumière de nos frontales. Nous ne reprenons cependant pas les vélos tout de suite. A la place, nous rejoignons le belvédère installé par les rangers pour observer la lave s’engouffrer dans l’océan. Entre les volutes de fumée, la rivière rouge est bien visible, fâcheusement, sans trépied, les photos nocturnes sont un peu floues.
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Là où le magma rencontre l’océan.
Le retour à la lumière artificielle se passe bien, nous croisons pas mal de monde dans le sens inverse qui vont profiter de l’obscurité totale pour repérer la lave plus facilement. Cette journée extraordinaire se termine ainsi. C’est probablement le jour le plus fou d’un voyage pourtant riche en émerveillement. Aujourd’hui, il n’en reste que de beaux souvenirs et ce petit récit en forme d’hommage à ces paradis ensevelis.

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Re: Honu, Pele et Poke Bowl - Hawaii 2017

Message par luke06 » 04 nov. 2019, 08:42

Hello sympa la suite :great Vous avez vue de Belle chose à votre arrivé en Island , je ne savait pas qu'un volcan c'était encore réveillé :D :wink:
Si non pas trop dur le changement d'air?? C'est un déménagement lié au travail ou une envie d'ailleurs ?
Bonne continuation :flag désolé il n'y a pas le drapeau Islandais
Dernière modification par luke06 le 04 nov. 2019, 17:44, modifié 1 fois.
l'ouest reste toujours un voyage inoubliable

Dans la section carnets d'ailleurs rubrique saloon retrouvé mes carnets sur la région québécoise , mon WK à Londres , mon séjour à Rome , mon séjour à Lisbonne et mon voyage en Andalousie

voyage est 2011 Chicago et le Wisconsin
7 jours à Washington 2013
De SF à LA par la PCH1 en 12 jours 2014
Septembre 2016 boucle depuis Denver visite Yellowstone
Boucle 20 jours au départ de LA septembre 2018

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Re: Honu, Pele et Poke Bowl - Hawaii 2017

Message par USADDICT » 04 nov. 2019, 09:28

Hi :bye

Ah... la suite :cof

Comment ça en Islande ?!

Géniale la photo à côté d'une coulée. :great
Je suis jaloux, car j'adorerai m'approcher d'un volcan en activité. :D

Les photos de la faune aquatique et de la flore terrestre sont superbes :great

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Re: Honu, Pele et Poke Bowl - Hawaii 2017

Message par Alixcia » 04 nov. 2019, 13:01

Hello,

Les photos sont vraiment superbes, surtout celles de la lave !! :love:

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Re: Honu, Pele et Poke Bowl - Hawaii 2017

Message par HeleneD » 06 nov. 2019, 21:55

luke06 a écrit :
04 nov. 2019, 08:42
Hello sympa la suite :great Vous avez vue de Belle chose à votre arrivé en Island , je ne savait pas qu'un volcan c'était encore réveillé :D :wink:
Si non pas trop dur le changement d'air?? C'est un déménagement lié au travail ou une envie d'ailleurs ?
Bonne continuation :flag désolé il n'y a pas le drapeau Islandais
Ahah, en réalité, c'est le même type d'île, donc il y a des choses qui rappellent Hawaii. Mais sûrement pas la météo :wink:
Oui, le travail (les joies du monde de la recherche académique...)
USADDICT a écrit :
04 nov. 2019, 09:28
Hi :bye

Ah... la suite :cof

Comment ça en Islande ?!

Géniale la photo à côté d'une coulée. :great
Je suis jaloux, car j'adorerai m'approcher d'un volcan en activité. :D

Les photos de la faune aquatique et de la flore terrestre sont superbes :great
Déménagement en Islande il y a moins d'un mois en effet ! On continue nos aventures et on a hâte de découvrir cette belle île.
Merci pour les photos. C'était une sacrée expérience de voir cette petite coulée juste sous nos pieds.
Alixcia a écrit :
04 nov. 2019, 13:01
Hello,

Les photos sont vraiment superbes, surtout celles de la lave !! :love:
Merci :great

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