
Calico est une petite ville fantôme (ghost town) de Californie vivant aujourd’hui principalement du tourisme, au cœur du désert Mojave, dans le comté de San Bernardino. Créée en 1881 au moment de la ruée vers l’or et l’argent, elle témoigne d’un mode de vie révolu. Abandonnée en 1907, elle fut reconstruite dans les années 1950 pour devenir ensuite un site historique ouvert au public. Aujourd’hui, avec ses nombreuses attractions destinées aux enfants, Calico fait la joie des familles.
Comment aller à Calico ?
Calico est localisée à 9.4 miles/15 km au nord-est de la ville de Barstow en Californie, à mi-chemin entre Los Angeles et Las Vegas sur la Highway 15 (sortie # 191 – Ghost Town Road).
Son nom a été peint à flanc de montagne. On peut le voir depuis l’autoroute en y prêtant attention.

Combien de temps faut-il pour visiter Calico ?
Comptez environ 3 heures pour la visite et pour profiter de l’ambiance.
Que voir et faire à Calico ?
Maggie’s Mine
Visite d’une vraie mine et démonstrations des différentes activités et conditions d’exploitation, fidèles au travail des mineurs de la fin du 19ème siècle.
- Tarifs : 5$ (3$ de 5 à 10 ans)

Mystery Shack Tour
Défiez la gravité en vous amusant dans une maison bourrée d’illusions d’optique.
- Tarifs : 5$ (3$ de 5 à 10 ans)

Gold Panning Adventure
Vos enfants se feront un réel plaisir de participer à une attraction typique où ils pourront eux-mêmes tamiser de la roche pour y trouver des fragments d’or !
- Tarifs : 5$ (3$ de 5 à 10 ans)

Calico Odessa Railway
Visite pittoresque à bord d’un petit petit train (il ne réalise qu’une petite boucle qui ne dure guère plus de 4-5 minutes !)
- Tarifs : 6$ (3.50$ de 5 à 10 ans)

Lucy Lane Museum
Petit musée retraçant l’histoire de Calico et présentant diverses collections d’objets anciens et des photographies.
- Tarif : gratuit

Main Street
La rue principale regroupe magasins de souvenirs, boutiques artisanales, restaurants, galerie d’art… ainsi que des reproductions d’anciens bâtiments comme la forge ou encore l’école.



Animations
Assistez à des spectacles western et autres gunfights et tout au long de l’année profitez des festivals, soirées spéciales pour Halloween… consultez le planning sur place.
Calico ou Bodie : laquelle choisir ?
Certains trouveront peut-être Calico un peu trop commerciale ou artificielle (une ville comptant quelques dizaines d’habitants est-elle encore une ville fantôme ?). Même si Bodie State Historic Park offre plus d’authenticité, Calico Ghost Town reste une étape conseillée entre Los Angeles et Las Vegas si vous souhaitez découvrir comment on vivait à la fin 19ème siècle dans le Wild Wild West tout en vous amusant en famille.
Infos pratiques
Horaires
- Ouvert tous les jours de 9h00 à 17h00 (fermé le jour de Noël)
Prix d’entrée
- 8$ (5$ de 4 à 11 ans, gratuit jusqu’à 3 ans)
Documentation
FAQ – Visiter Calico
Un peu des deux, et c’est là toute sa particularité. Un tiers des bâtiments d’origine est encore debout — dont la Maggie’s Mine. Le reste a été fidèlement reconstruit dans les années 1950 par Walter Knott d’après des photographies d’époque, puis donné au comté de San Bernardino en 1966. Calico est donc à la fois un site historique authentique (classée State Historical Landmark en 2005) et une attraction familiale aménagée. Pour une ville fantôme totalement préservée dans son jus, sans animations ni boutiques, dirigez-vous vers Bodie.
Oui, à condition de ne pas en attendre l’authenticité brute de Bodie. Calico est idéalement placée sur l’I-15, à mi-chemin entre LA et Las Vegas (sortie 191, Ghost Town Road), avec un parking directement accessible depuis l’autoroute. C’est une halte de qualité pour les familles, les amateurs de western et les curieux de l’histoire minière californienne. Comptez-la comme une étape de 3 heures dans votre road trip plutôt que comme une destination en soi.
Walter Knott est le fondateur de Knott’s Berry Farm à Buena Park — le premier parc à thème de l’histoire des États-Unis, ouvert avant Disneyland. Enfant, il avait travaillé comme charpentier à Calico et son oncle John King était l’un des fondateurs de la Silver King Mine. Cette histoire personnelle ne l’a jamais quitté. En 1940, il construisait déjà une ville western reconstituée dans son parc pour divertir les clients qui attendaient au restaurant de sa femme Cordelia. En 1951, il acheta Calico en entier, la restaura d’après photos, puis en fit don au comté de San Bernardino en 1966. Sans lui, la ville aurait probablement disparu.
Le borax est un minéral blanc utilisé comme détergent, conservateur et matériau industriel. Découvert dans les collines de Calico dans les années 1880, il fut d’abord exploité localement avant que les mines ne migrent progressivement vers Death Valley, où la célèbre opération des Twenty Mule Teams — dix-huit mules et deux chevaux tirant d’immenses wagons sur 165 miles de désert jusqu’au rail de Mojave — transforma le borax en légende de l’Ouest américain. La marque « 20 Mule Team Borax », toujours commercialisée aujourd’hui, est directement issue de cette époque. Calico en est le point de départ californien.
Hébergements
Hôtels
Vous pourrez loger dans les petites villes proches de Calico : Barstow, Newberry Springs et Yermo.
Camping
Le site offre un camping (à partir de 35$ la nuit) et des cabins (à partir de 75$ la nuit).
Quelle est la meilleure période pour visiter Calico ?
Le printemps (mars-mai) et l’automne (septembre-novembre) sont idéaux : températures agréables (15-25°C) et lumière superbe sur les collines multicolores du désert Mojave. L’été est à éviter si possible — les températures dépassent régulièrement 38-40°C. L’hiver reste doux en journée (15-18°C) mais les nuits sont froides.
| Mois | °C max | °C min | Pluie (mm) |
|---|---|---|---|
| Janvier | 15.3 | -0.4 | 19 |
| Février | 18.2 | 1.7 | 15.4 |
| Mars | 21 | 4.1 | 15.7 |
| Avril | 25.3 | 7.5 | 5.5 |
| Mai | 30 | 11.3 | 2 |
| Juin | 35.3 | 15.8 | 3.3 |
| Juillet | 39.1 | 19.3 | 7.1 |
| Août | 37.9 | 18.2 | 8.1 |
| Septembre | 34.4 | 14.5 | 6.6 |
| Octobre | 28.1 | 8.7 | 5.3 |
| Novembre | 20.6 | 2.7 | 9.1 |
| Décembre | 15.8 | -0.4 | 13.9 |
Histoire de Calico : ruée vers l’argent, borax et Walter Knott
En 1881, dans les collines aux alentours de Barstow, quatre prospecteurs découvrent de l’argent et ouvrent la mine de Silver King. Un an plus tard, une petite ville sort de terre, Calico, qui doit son nom aux couleurs des montagnes environnantes que l’on comparait à une jupe calicot de jeune fille, constituée de plusieurs variétés de tissus grossiers.
La ville connaît ensuite une croissance exponentielle. On inaugure un bureau de poste, des hôtels et des restaurants, des boutiques et on monte un journal. Arrivent ensuite des médecins, des avocats, le télégraphe ainsi que la compagnie Wells Fargo qui ouvre une agence locale. En 1885, on compte déjà 1200 habitants, près de 500 mines d’argent et pas moins de 22 saloons !

Dans les années qui suivent, en plus de l’argent, on découvre dans la région un nouveau minerai, le borax… le nombre d’habitants est alors multiplié par trois. Le district minier de Calico devient l’un des plus riches de Californie avec une production de 86 millions de dollars en argent, 45 millions de dollars en borax et bien sûr de l’or !
Toutefois en 1896, le taux de l’argent s’effondre, les mines de Calico ne sont rapidement plus rentables et à l’aube du 19ème siècle, alors que les mines de borax ferment les unes après les autres (de nouvelles sont ouvertes à Death Valley), les populations quittent Calico qui devient officiellement ville fantôme en 1907. De nombreux bâtiments sont alors déplacés dans les petites villes alentours : Yermo, Barstow et Daggett.
Walter Knott : le fondateur du premier parc à thème américain qui a sauvé Calico
En 1951, un homme acheta la totalité de Calico pour la sauver de l’oubli. Son nom : Walter Knott. Il n’était pas archéologue, ni historien — c’était un fermier de Buena Park, dans la banlieue de Los Angeles, qui avait bâti une fortune en vendant des tartes aux boysenberries et des poulets rôtis depuis les années 1930.
Mais Walter Knott avait un lien personnel avec Calico. Enfant, il y avait travaillé comme charpentier. Son oncle John King était l’un des fondateurs de la Silver King Mine — la mine qui avait mis Calico sur la carte en 1881. Ces souvenirs ne l’avaient jamais quitté. Dans les années 1940, alors que les files d’attente s’allongeaient devant le restaurant de sa femme Cordelia, il avait commencé à construire une ville western reconstituée sur son domaine pour divertir les clients — récupérant des bâtiments, des diligences et du matériel dans les vieilles villes abandonnées de l’Ouest. Ce lieu s’appelait Knott’s Berry Farm. C’était, avant Disneyland, le premier parc à thème d’Amérique.
En 1951, fort du succès de son parc, Knott acheta Calico en entier. Il déplaça certains bâtiments originaux vers Buena Park pour enrichir son Ghost Town, et restaura les autres sur place d’après des photographies d’époque — reconstruisant fidèlement ce qui avait disparu. En 1966, une fois la restauration achevée, il donna l’ensemble à la ville au comté de San Bernardino. Calico devint un parc régional, puis un State Historical Landmark en 2005. Sans Walter Knott, il ne resterait aujourd’hui que des ruines dans le désert Mojave.


Calico au cinéma : Hitcher, Une Nuit en Enfer et le désert Mojave
Le désert qui entoure Calico a quelque chose d’inquiétant — un silence minéral, des étendues sans fin, une lumière qui fait vaciller les contours. Hollywood l’a compris depuis longtemps.
Hitcher (1986) — Ce film de road horror culte, réalisé par Robert Harmon avec Rutger Hauer dans le rôle d’un auto-stoppeur meurtrier, fut tourné en grande partie dans les environs immédiats de Calico. Les scènes de route ont été filmées sur Barstow Road et Fort Irwin Road, à quelques kilomètres de la ghost town. Le café où Rutger Hauer croise C. Thomas Howell pour la première fois est le vrai Roy’s Diner, landmark de la Route 66 à Amboy. La scène de la tempête de sable fut tournée à Death Valley Junction. Le film fut un échec commercial à sa sortie — Roger Ebert lui donna zéro étoile — avant de devenir un classique culte du genre. Christopher Nolan l’a cité publiquement comme l’un de ses films préférés.
Une Nuit en Enfer (From Dusk Till Dawn, 1996) — Réalisé par Robert Rodriguez sur un scénario de Quentin Tarantino (qui joue également dans le film aux côtés de George Clooney, Harvey Keitel, Juliette Lewis et Salma Hayek), ce film culte mêlant thriller de braquage et horreur vampirique a son lieu de tournage central à deux pas de Calico. Le Titty Twister — le bar mexicain au cœur de l’intrigue — fut un décor entièrement construit de zéro sur le lac asséché de Calico, le Calico Dry Lake Bed, juste en contrebas de la ghost town, à l’intersection de Calico Boulevard et Ghost Town Road. Le décor a depuis disparu, mais le lac asséché est toujours là. C’est la première mission de scénariste payante de Tarantino : il avait écrit le script en 1990 pour 1 500 dollars, en échange de la promesse que son studio KNB serait engagé pour les effets spéciaux de Reservoir Dogs.
Calico en road trip : les étapes avant et après
Route 66 — La Route 66 historique passe à Barstow, à 15 km au sud-ouest de Calico. Le Roy’s Motel & Café d’Amboy, l’un des landmarks les plus photographiés de la Mother Road, est à 1h à l’ouest. Idéal pour compléter une journée Calico + Route 66.
Trona Pinnacles — À 1h au nord-ouest par la CA-178. Des formations de tuf calcaire de 15 mètres surgissant d’un lac asséché — décor de Star Trek V et Planet of the Apes. Une demi-heure de marche depuis le parking, accès en voiture standard par temps sec.
Red Rock Canyon State Park (Californie) — À 1h30 au nord par la CA-58. Les falaises de grès bariolées du désert Mojave — décors de nombreux westerns hollywoodiens. Un arrêt d’une heure sur la route entre Calico et Death Valley.
Bagdad Cafe — À 1h à l’ouest sur la Route 66, à Newberry Springs. Le café rendu célèbre par le film de Percy Adlon (1987) — une halte kitsch et attachante sur la Mother Road.
👉 Voir tous nos guides sur les villes fantômes de l’Ouest américain
- Ont participé à la rédaction : Cédric, Isa, Jean-Christophe
- Photos : Marie, Thomas