
Pioneertown a été construit en 1946 par des cow-boys d’Hollywood – Roy Rogers, Gene Autry et leurs amis – pour servir de village western permanent où l’on pouvait tourner des westerns le matin et vivre entre amis le soir. Aujourd’hui, on vient encore pour les mêmes raisons.
Le matin : Mane Street et ses façades en bois authentiques, les gunfighters du week-end, le bureau de poste le plus photographié des États-Unis. L’après-midi : Joshua Tree National Park à 30 minutes. Et le soir : Pappy and Harriet’s, la salle de concert qui a accueilli Paul McCartney, Robert Plant et les Arctic Monkeys dans un bar de 300 places au milieu du désert. Pioneertown n’est pas spectaculaire – c’est mieux que ça : c’est un endroit qui a su rester lui-même.
Où se situe Pioneertown ?
Pioneertown est localisé à 4.5 miles/7.2 km au nord de la Hwy 62 depuis Yucca Valley (San Bernardino County) et à environ 20 miles/32 km au nord de Palm Springs en Californie.
Combien de temps faut-il pour visiter Pioneertown ?
- 45 minutes pour parcourir Mane Street et faire quelques photos à son aise.
- Comptez le double si vous assistez au spectacle de cow-boys.
La visite de Pioneertown
Arpentez la rue principale appelée « Mane Street » et découvrez le bureau de poste, la petite église, la banque, l’hôtel, le saloon et quelques boutiques d’artisans.
Des spectacles cow-boys ont lieu également sur Mane Street chaque week-end d’avril à octobre à 14h30 :
- Tous les samedis : The Pioneertown Posse
- Les 3 premiers dimanches de chaque mois : Gunfighters for hire
Les spectacles ont lieu sur Mane Street et durent 30 à 45 minutes.

Les cow-boys sont tous bénévoles, membres d’une association à but non lucratif. Par conséquent, les spectacles sont entièrement gratuits et seuls les dons sont acceptés (ce sont bien des dons et non des pourboires). Libre à vous donc, selon votre envie et surtout vos moyens, de laisser un petit quelque chose à cette association de cow-boys qui redistribuera l’argent aux associations caritatives partenaires.
N’hésitez pas à consulter leur site internet pour plus d’informations.
Pappy and Harriet’s : la salle de concert légendaire du désert californien
Il est des endroits dont la réputation dépasse de très loin la taille. Pappy and Harriet’s Pioneertown Palace est l’un d’eux. Une capacité de 300 personnes à l’intérieur, 700 avec le patio extérieur, dans un bâtiment en bois qui fut d’abord un décor de cantina dans les westerns des années 1940, puis un bar à bikers burrito dans les années 1970 – et qui est aujourd’hui l’une des salles de concert les plus réputées des États-Unis.
En 1972, Frances Aleba, la mère de Harriet Allen, acheta le bâtiment et l’ouvrit sous le nom de « The Cantina » – un bar fréquenté par les bikers du désert de Mojave, connu pour ses burritos et son ambiance sans chichis. En 1982, sa fille Harriet et son mari Claude « Pappy » Allen prirent la suite, créèrent le nom « Pappy & Harriet’s Pioneertown Palace » et en firent un lieu de musique live, de barbecue et de bonne humeur. Pappy mourut en 1994 — des centaines de personnes vinrent du monde entier à son hommage, dont la chanteuse Victoria Williams, qui lui consacra la chanson Happy to Have Known Pappy.
En 2003, deux New-Yorkaises passionnées de musique – Robyn Celia et Linda Krantz – rachetèrent le lieu et entreprirent de le hisser au rang de destination musicale internationale, tout en préservant son atmosphère de bar de désert. Sous leur direction de 18 ans, le carnet d’adresses de Pappy and Harriet’s s’enrichit d’une liste de noms qui ferait rêver n’importe quelle salle de concert au monde.
Le moment le plus légendaire de son histoire reste celui du jeudi 13 octobre 2016. Paul McCartney, entre deux soirs au festival Desert Trip (qui réunissait les plus grandes icônes du rock à Indio), décida d’organiser une surprise gig dans ce bar de désert de 300 places. L’annonce fut faite le matin même sur son site officiel. Des centaines de fans convergèrent vers Pioneertown depuis tout le sud de la Californie – et au-delà. Les billets se vendaient 50 dollars cash à la porte, un par personne. Ceux qui n’entrèrent pas se posèrent sur des bottes de foin dans la rue pour écouter par les fenêtres ouvertes. McCartney déclara lui-même avoir voulu jouer « une soirée folle dans ce roadhouse de bikers de Pioneertown, près de Joshua Tree ».
Parmi les autres artistes qui ont foulé la scène de Pappy and Harriet’s : Robert Plant, Arctic Monkeys, Queens of the Stone Age, Vampire Weekend, The Dandy Warhols, Rufus Wainwright, Neko Case, Spiritualized, Lucinda Williams, Leon Russell, Billy Corgan, Sean Lennon, Wanda Jackson, Lorde, Patti Smith, Orville Peck et bien d’autres.
Billboard Magazine a classé Pappy and Harriet’s parmi les dix « Hidden Gems » de la scène musicale américaine dans son édition 2012. Une scène surélevée d’à peine trente centimètres du sol, un bar en bois, des vieilles photos sur les murs, un barbecue dehors et le désert tout autour – c’est tout. Et c’est exactement ça qui en fait quelque chose d’unique.
💡 Infos pratiques — Pappy and Harriet’s est ouvert jeudi, vendredi, samedi et dimanche. Restaurant de 11h jusqu’à dernière commande 21h30. Concerts le soir à partir de 21h. Pas de réservation pour le restaurant, premier arrivé premier servi. Billets de concert sur pappyandharriets.com. Adresse : 53688 Pioneertown Road, Pioneertown.


Infos pratiques
Prix d’entrée
Pioneertown est une propriété privée mais reste accessible gratuitement au public.
Il n’y a pas vraiment de parking, mais vous pouvez vous garer gratuitement aux différentes entrées de la ville.
Questions fréquentes sur Pioneertown
Les deux à la fois – c’est ce qui le rend unique. Pioneertown a été fondé en 1946 avec l’ambition de créer un « living breathing movie set » – une ville réellement habitée qui servirait aussi de décor de tournage. Mane Street et ses façades en bois sont authentiques, construites en 1946-1947. Mais derrière les devantures de saloon et de banque, il y a une vraie poste, un vrai bowling, et environ 350 résidents permanents qui vivent ici à l’année. Ce n’est pas un parc à thème, pas une reconstitution – c’est un village qui ressemble à un western parce qu’il a été conçu pour ça, et qui s’y est simplement maintenu depuis 80 ans.
Non – les gunfights et reconstitutions de Mane Street se déroulent les week-ends (samedi et dimanche) d’avril à octobre, selon un calendrier variable. Hors saison, Pioneertown reste accessible et agréable à visiter, mais les spectacles ne sont pas garantis. Consultez le site officiel visitpioneertown.com avant votre visite pour vérifier les dates des événements.
Oui – le Pioneertown Motel, l’hébergement historique de la ville fondé avec le village en 1946, propose des chambres simples dans une ambiance western authentique. Les tarifs sont raisonnables et l’adresse est parfaite pour profiter d’un concert à Pappy and Harriet’s sans avoir à reprendre la route le soir. Réservez à l’avance pour les week-ends de concerts – les chambres partent vite.
Non – Pappy and Harriet’s est ouvert du jeudi au dimanche. Le restaurant ouvre à 11h pour le déjeuner, les concerts en soirée commencent généralement vers 21h. Pas de réservations pour le restaurant – c’est premier arrivé premier servi. Pour les concerts, les billets sont en vente sur pappyandharriets.com. Aucune prise en charge au téléphone – contactez-les par email à hello [at] pappyandharriets.com.
C’est la combinaison la plus naturelle de la région. Commencez par Pioneertown le matin – Mane Street, le Pioneertown Movie Set Museum, déjeuner à Pappy and Harriet’s. Repartez en début d’après-midi vers Joshua Tree National Park (30 min au sud par la Pioneertown Road et la CA-62) pour une session de 3 à 4 heures dans le parc. Si vous revenez le soir, un concert à Pappy and Harriet’s est le meilleur des finales. Attention : les parkings de Joshua Tree peuvent être saturés les week-ends – arrivez tôt.
Non – l’accès à Mane Street et au village est entièrement gratuit. Les spectacles cow-boys sont également gratuits (un don est simplement suggéré). Seules les attractions spécifiques (certains événements organisés, le Pioneertown Movie Set Museum) peuvent être payantes. Pappy and Harriet’s facture les billets de concert selon les artistes programmés.
Oui, Pioneertown est une excellente étape familiale. Les spectacles de gunfights et les reconstitutions western du week-end sont spectaculaires et appréciés de tous les âges. Le village se visite entièrement à pied en 1 à 2 heures. En revanche, Pappy and Harriet’s est un bar-restaurant – les enfants y sont acceptés en journée mais les soirées de concert sont réservées aux adultes.
Hébergements
Hôtels
- A Pioneertown : The Pioneertown Motel
- A quelques miles de là, à Rimrock : Rimrock Ranch Cabins
Camping
- Les campings du parc voisin de Joshua Tree offrent un bon camp de base pour une visite groupée des 2 sites.
Quelle est la meilleure période pour visiter Pioneertown ?
Pioneertown est situé à 1 200 mètres d’altitude dans le désert de Mojave – une position qui lui confère un climat plus frais et plus venteux que Palm Springs ou Yucca Valley en contrebas. Le printemps (mars à mai) et l’automne (septembre à octobre) sont les meilleures saisons : températures douces entre 15 et 25°C, ciels clairs et lumière dorée idéale pour les photos de Mane Street. L’été reste supportable grâce à l’altitude – 28 à 32°C en juillet, soit 8 à 10°C de moins qu’à Palm Springs – mais les après-midis restent chauds. L’hiver est frais, parfois froid la nuit avec des gelées possibles, et de rares chutes de neige qui transforment le village western en tableau d’une beauté inattendue. Pour les concerts en plein air à Pappy and Harriet’s, privilégiez l’été et l’automne – les soirées y sont douces et les étoiles du désert particulièrement spectaculaires.
| Mois | °C max | °C min | Pluie (mm) |
|---|---|---|---|
| Janvier | 20.5 | 5 | 30.2 |
| Février | 22.8 | 6.7 | 25.4 |
| Mars | 26.1 | 8.9 | 15.2 |
| Avril | 30 | 11.7 | 5.1 |
| Mai | 34.4 | 15 | 2.5 |
| Juin | 38.9 | 18.9 | 2.5 |
| Juillet | 42.2 | 23.3 | 5.1 |
| Août | 41.1 | 22.8 | 7.6 |
| Septembre | 38.3 | 19.4 | 10.2 |
| Octobre | 32.8 | 14.4 | 5.1 |
| Novembre | 25.6 | 8.9 | 12.7 |
| Décembre | 21.1 | 5 | 25.4 |
Histoire de Pioneertown : Gene Autry, Roy Rogers et la naissance d’un village western
L’histoire de Pioneertown commence avec un homme à la moustache noire et un rêve un peu fou. Dick Curtis, acteur de westerns dont la carrière s’était construite à jouer les méchants dans des dizaines de séries B, avait en tête l’idée d’un village western permanent – un endroit où les studios pourraient tourner sans les contraintes de Los Angeles : pas de smog, pas de lignes électriques dans le champ, pas de couloirs de vol d’aéroport au-dessus des têtes. Et surtout, un lieu où les gens de l’industrie pourraient aussi vivre entre amis, loin de la ville.
En 1946, Curtis partagea son projet à dix-sept investisseurs et partenaires, parmi lesquels Roy Rogers, sa femme et partenaire de scène Dale Evans, le groupe vocal Sons of the Pioneers (dont Rogers avait été membre), Russell Hayden, Bud Abbott et plusieurs réalisateurs et producteurs spécialisés dans le western. Chacun contribua 500 dollars pour acheter ensemble 32 000 acres de désert dans les hauteurs de San Bernardino County, à 40 minutes de Palm Springs et à moins de 3 heures de Los Angeles.

Le groupe avait initialement prévu d’appeler l’endroit « Rogersville », en hommage à Roy Rogers. Mais Tim Spenser, membre des Sons of the Pioneers, écrivit une chanson promotionnelle intitulée « Out in Pioneertown » pour aider à financer le projet – et le nom de la chanson s’imposa naturellement sur celui de la star.
Les premiers coups de pioche furent donnés le 1er septembre 1946. Les premières structures construites étaient entièrement fonctionnelles : White’s Grocery, le Townhouse Motel, le Red Dog Saloon, le Golden Stallion Restaurant, Maggie’s Feed Barn, Nell’s Ice Cream Palace, la Klip ‘N’ Kurl Beauty Shop, le Pioneer Bowl – une salle de bowling à six pistes construite parce que Roy Rogers adorait y jouer – et même un bureau de poste. Ce bureau de poste, situé en plein cœur du décor sur Mane Street, est aujourd’hui réputé pour être le bureau de poste le plus photographié des États-Unis.
Le projet de communauté résidentielle tourna court faute d’eau – le désert, aussi beau soit-il, ne pardonne pas l’absence de nappes phréatiques. Mais le projet cinématographique, lui, prit son envol immédiatement. Dès 1947, les premiers tournages s’enchaînèrent à un rythme soutenu.
Dans les années 1960, un promoteur du nom de Benton Lefton racheta l’ensemble pour développer un projet pharaonique baptisé « California Golden Empire » – des milliers de lots résidentiels, une piscine, une piste d’atterrissage, un centre équestre et un golf. Le projet s’effondra quand il s’avéra impossible d’amener l’eau jusqu’au site. On dit qu’il reste encore aujourd’hui des canalisations à moitié construites qui ne mènent nulle part sous Pioneertown.
Le village passa ensuite entre plusieurs mains, accueillit des résidents permanents, des artistes fuyant Los Angeles, des musiciens attirés par le désert et la tranquillité. Aujourd’hui, Pioneertown compte environ 350 à 500 résidents permanents – un mélange de cowboys et de bohèmes, de retraités et de musiciens, qui ont tous choisi de vivre à 1 200 mètres d’altitude dans un village qui ressemble à un western parce qu’il a été conçu pour ça, et qui ne s’en est jamais vraiment remis.
Films et séries tournés à Pioneertown
Pioneertown a été construite pour le cinéma – c’est même littéralement sa raison d’être. Plus de 200 films et épisodes de séries ont été tournés ici, dont un nombre inconnu de plans de décor utilisés en arrière-plan d’autres productions. Les archives de l’époque étant peu rigoureuses, le chiffre exact ne sera jamais connu.
Les années 1940 et 1950 constituent l’âge d’or de Pioneertown à l’écran. Toutes les productions télévisées « Flying A » de Gene Autry, tournées tout au long des années 1950, ont été filmées ici – le bowling Pioneer Bowl étant l’un des décors préférés d’Autry. Parmi les autres séries emblématiques tournées à Pioneertown : The Cisco Kid avec Duncan Renaldo et Leo Carrillo, The Range Rider avec Jock Mahoney, Annie Oakley avec Gail Davis, Cody of the Pony Express, The Adventures of Judge Roy Bean et Buffalo Bill Jr. Le bâtiment qui servait de cantina dans la plupart de ces westerns est celui-là même qui allait devenir, des décennies plus tard, Pappy and Harriet’s.
Les productions non-westerns se sont également invitées à Pioneertown, preuve que le décor était assez polyvalent pour servir d’autres usages : The Capture (1950) avec Lew Ayres et Teresa Wright, et Jeopardy (1953) avec Barbara Stanwyck et Barry Sullivan.
Avec le déclin des westerns à Hollywood au tournant des années 1960, les tournages se raréfièrent. Mais Pioneertown n’a jamais totalement quitté les radars de l’industrie — la ville reste à ce jour un décor de tournage en activité, utilisé pour des films, des clips musicaux et des publicités. Le Pioneertown Movie Set Museum, installé sur Mane Street, retrace toute cette histoire avec des affiches originales, des photos de tournage et des souvenirs de l’époque où Gene Autry et Roy Rogers galopaient dans les rues poussiéreuses du village.
Pioneertown : avec quoi le combiner ?
Joshua Tree National Park – À 30 min au sud par la Pioneertown Road et la CA-62. Le parc des cactus Joshua et des formations rocheuses spectaculaires – la combinaison naturelle et la plus populaire. Pioneertown se visite facilement en 2 heures le matin avant une journée à Joshua Tree.
Palm Springs – À 35 min au sud par la CA-62 et la I-10. La ville du désert mid-century avec son architecture moderniste, son Aerial Tramway et ses Indian Canyons. Pioneertown constitue une excursion parfaite d’une demi-journée depuis Palm Springs.
👉 Voir tous nos guides sur les parcs à thème et studios de l’Ouest américain
- Photos : Thomas
- Vidéo : Kenneth Flanagan