
À l’entrée du port de New York, la Statue de la Liberté éclaire le monde du haut de ses 93 mètres depuis le 28 octobre 1886. Conçue par le sculpteur Auguste Bartholdi et charpentée par Gustave Eiffel, cette colosse de cuivre offerte par la France aux États-Unis est bien plus qu’un monument : elle est le symbole universel de la liberté, des droits de l’Homme, de la démocratie et du rêve américain. Monument National depuis 1924, inscrite au Patrimoine Mondial de l’UNESCO depuis 1984, elle reste aujourd’hui le monument le plus visité de New York et l’un des plus reconnaissables au monde.
Ce guide couvre tout ce qu’il faut savoir pour préparer votre visite : accès en ferry, billets pour le piédestal et la couronne, musée, points de vue, infos pratiques et conseils pour éviter les files d’attente.
Comment se rendre à Liberty Island ?
La Statue de la Liberté est située au sud-ouest de Manhattan sur la petite île de Liberty Island, à l’embouchure de l’Hudson River. L’île n’est accessible qu’en ferry — il n’existe aucun autre moyen d’y accéder.
Les ferries partent de deux points d’embarquement :
- Battery Park (Manhattan) — c’est le point de départ le plus utilisé. L’embarcadère se trouve à Castle Clinton, un fort historique du début du XIXe siècle situé à l’extrémité sud de Manhattan, accessible à pied depuis le métro (lignes 4 et 5, station Bowling Green ; ligne 1, station South Ferry).
- Liberty State Park (New Jersey) — une alternative pratique si vous logez dans le New Jersey ou souhaitez éviter la foule de Battery Park.
Les ferries desservent Liberty Island puis Ellis Island avant de ramener les visiteurs à leur point de départ. Depuis le New Jersey, le sens de la visite est inversé : Ellis Island en premier, Liberty Island ensuite.

Le trajet en ferry depuis Battery Park dure environ 15 minutes. Prévoyez du temps supplémentaire pour les contrôles de sécurité à Castle Clinton — en haute saison, comptez entre 30 minutes et 1 heure d’attente avant l’embarquement. Notre conseil : arrivez dès 8h00 pour prendre le premier ferry de la journée et profiter du monument avant l’afflux de visiteurs.

Combien de temps faut-il pour visiter la Statue de la Liberté ?
Comptez une demi-journée pour visiter Liberty Island tranquillement, Ellis Island non comprise.
Sans accès au piédestal ni à la couronne — vous disposez du musée de la Statue de la Liberté, du tour extérieur de l’île et des vues sur Manhattan. Prévoyez 1h30 à 2 heures.
Avec accès au piédestal — ajoutez 30 à 45 minutes pour la montée, les vues en contre-plongée sur la statue et le panorama sur Manhattan et Ellis Island.
Avec accès à la couronne — prévoyez 2h30 à 3 heures au total sur l’île. La montée jusqu’à la couronne représente 393 marches depuis le sol (162 depuis le piédestal) et nécessite une réservation plusieurs mois à l’avance.
Si vous enchaînez avec Ellis Island, comptez une demi-journée supplémentaire — le musée national de l’immigration mérite à lui seul 2 à 3 heures de visite. Prévoyez dans ce cas une journée complète pour les deux îles.
Que voir à Liberty Island ?
Dès l’arrivée du ferry, Liberty Island dévoile la Statue de la Liberté sous un angle saisissant. L’île, relativement petite, se visite entièrement à pied. Outre la statue elle-même, elle abrite un musée, un accès au piédestal et, pour les plus chanceux, la possibilité de monter jusqu’à la couronne. Un café et une boutique de souvenirs complètent les installations.

Le musée de la Statue de la Liberté
Ouvert en mai 2019, le musée de la Statue de la Liberté est situé à l’ouest de l’île. Il remplace l’ancien musée vieillissant qui se trouvait à l’intérieur du monument et présente un avantage majeur : il est accessible à tous les visiteurs, y compris ceux qui ne disposent pas d’un ticket piédestal.
Le musée retrace l’histoire de Lady Liberty depuis sa conception jusqu’à nos jours à travers documents, objets, photos et vidéos, dessins, maquettes et trois films inédits. Un espace interactif est dédié au projet participatif du National Park Service, « Becoming Liberty », où les visiteurs peuvent s’exprimer sur les bornes numériques mises à disposition.
La pièce maîtresse du musée est sans conteste la torche originale de la statue, entièrement restaurée et déplacée ici depuis 2019. Remplacée lors de la grande restauration de 1984-1986 par une réplique recouverte de feuilles d’or reprenant le modèle de Bartholdi, l’ancienne torche est aujourd’hui l’une des attractions les plus photographiées de Liberty Island.

Le toit végétalisé du musée offre quant à lui de superbes vues sur l’arrière de la statue, Staten Island et la skyline de Manhattan.
- Entrée gratuite
- Site officiel du musée
Le piédestal
Pour approcher la Statue de la Liberté au plus près, il convient de réserver un ticket incluant l’accès au piédestal.
Dessiné par l’architecte américain Richard Morris Hunt, ce socle de 46 mètres de hauteur constitue le premier niveau du monument. Une fois en haut, vous vous trouvez littéralement aux pieds de Lady Liberty et pouvez l’admirer en contre-plongée — un angle spectaculaire que l’on ne retrouve nulle part ailleurs.

Depuis le piédestal, les vues sur les environs sont remarquables : Manhattan au nord-est, Ellis Island au nord, le New Jersey à l’ouest et la baie de New York dans toute son étendue.
L’accès au piédestal se fait par ascenseur ou par un escalier de 215 marches depuis le sol.
Les tickets sont à réserver en ligne et partent rapidement en haute saison.
La couronne : comment y accéder ?
Monter dans la couronne de la Statue de la Liberté est l’expérience ultime à Liberty Island — et la plus exigeante à obtenir. Pour des raisons de sécurité, le nombre de visiteurs autorisés quotidiennement est extrêmement limité, et les tickets sont à réserver en ligne au minimum 5 mois à l’avance. En pratique, pour une visite en juillet, les réservations ouvrent dès février — et les places partent en quelques heures.
Depuis le piédestal, la montée jusqu’à la couronne représente 162 marches par un escalier étroit et abrupt. La visite est déconseillée aux personnes claustrophobes : les lieux sont exigus et la circulation se fait en sens unique (deux escaliers distincts pour la montée et la descente). Les enfants doivent mesurer au minimum 1,20 mètre et être capables de grimper seuls.

Une fois en haut, les vues à travers les 25 hublots de la couronne sont restreintes mais fascinantes par temps clair — Manhattan d’un côté, la baie de New York de l’autre. Mais c’est avant tout la sensation d’être au cœur même d’un symbole ayant marqué l’histoire du monde qui rend cette montée inoubliable.


Restrictions à connaître avant de réserver :
- 4 réservations maximum par commande
- Le titulaire de la carte bancaire ayant servi à la réservation doit être présent le jour J et présenter une pièce d’identité
- Les tickets ne sont pas transférables
- Les sacs à dos sont interdits à l’intérieur (consigne payante disponible au pied de la statue)
- Les appareils photo et caméras sont autorisés
Notre conseil : réservez le premier créneau de la matinée et prévoyez d’être à Castle Clinton (Battery Park) au plus tard à 8h00. Vous éviterez ainsi les longues files d’attente aux contrôles et serez assuré d’arriver à l’heure sur l’île.
Les plus beaux points de vue sur la Statue de la Liberté
La Statue de la Liberté se contemple sous de nombreux angles — et certains des plus beaux ne nécessitent ni billet ni ferry. Tour d’horizon des meilleures options selon votre budget et votre programme.
Depuis Liberty Island et le ferry
La traversée en ferry est en elle-même l’un des moments forts de la visite. Dès le départ de Battery Park, la silhouette de Lady Liberty se dessine à l’horizon et grossit progressivement à mesure que le bateau approche de Liberty Island — un spectacle que même les plus aguerris des voyageurs ne boudent pas.
Une fois sur l’île, le tour extérieur de Liberty Island offre des points de vue variés sur la statue selon l’angle et la lumière. Le toit végétalisé du musée est particulièrement recommandé pour un cadrage original sur l’arrière de la statue avec la skyline de Manhattan en toile de fond. Depuis le piédestal, la vue en contre-plongée sur la statue est saisissante. Depuis la couronne, les hublots offrent un panorama à 360° sur la baie de New York, Manhattan, le New Jersey et Ellis Island.
Lors du trajet retour en ferry, pensez à vous positionner sur le pont arrière : vous profiterez d’une vue dégagée sur la statue qui s’éloigne, avec Manhattan qui se rapproche — l’un des plus beaux tableaux de New York.

Au crépuscule et de nuit
La Statue de la Liberté s’illumine à la tombée de la nuit et prend alors une dimension encore plus majestueuse. Pour en profiter sans contrainte d’horaire de ferry, optez pour une croisière sur la Hudson River — en voilier ou en goélette, de type « Twilight » ou « Sunset ». Vous approcherez Liberty Island à l’heure où Lady Liberty s’illumine, admirerez la skyline de Manhattan aux plus belles heures de la journée et échapperez totalement au tourisme de masse.


Depuis les airs
Pour un point de vue radicalement différent et franchement inoubliable, le survol en hélicoptère de New York est une expérience à part entière. Liberty Island vue du ciel révèle la géographie unique du site — l’île minuscule au milieu de la baie, la statue en son centre, Manhattan en arrière-plan — et offre des images impossibles à obtenir depuis le sol ou le ferry.

Profiter de la Statue de la Liberté gratuitement
Visiter Liberty Island sans billet est impossible — mais admirer la Statue de la Liberté de près sans débourser un centime, si. Voici les deux meilleures options.
Le ferry de Staten Island
C’est le bon plan new-yorkais par excellence. Le ferry de Staten Island relie le terminal South Ferry, à l’extrémité sud de Manhattan, à Staten Island en 25 minutes — et le trajet est entièrement gratuit, dans les deux sens, 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24.
Au cours de la traversée, le ferry passe à quelques centaines de mètres de Liberty Island. Par beau temps, la vue sur la Statue de la Liberté est excellente — suffisamment proche pour l’admirer et la photographier dans de bonnes conditions, sans pour autant débarquer sur l’île.

Les départs ont lieu toutes les 30 minutes de 6h30 à 00h30 (toutes les 15 à 20 minutes aux heures de pointe) et toutes les heures le reste de la nuit. L’idéal est de faire l’aller-retour sans descendre à Staten Island : remontez simplement à bord pour le trajet retour vers Manhattan.
Depuis les rives de Manhattan et du New Jersey
Plusieurs points de vue terrestres permettent d’apercevoir la statue gratuitement depuis les rives :
- Battery Park (Manhattan) — au départ des ferries, la statue est visible depuis les allées du parc, notamment depuis le East Coast Memorial.
- Brooklyn Bridge Park (Brooklyn) — depuis les piers situés sous le pont de Brooklyn, la vue sur la baie de New York englobe Liberty Island par temps clair.
- Liberty State Park (New Jersey) — le parc offre l’un des points de vue les plus dégagés sur la statue depuis la rive, avec en prime un accès direct au ferry si vous souhaitez prolonger la visite.
Infos pratiques
- Adresse du point d’embarquement : Castle Clinton, Battery Park, New York, NY 10004
- Horaires des ferries : tous les jours de 9h00 à 17h00 (horaires susceptibles de varier selon la saison — consultez le site officiel avant votre visite)
- Stationnement : aucun parking dédié à Battery Park. Privilégiez les transports en commun (métro lignes 4/5 station Bowling Green, ligne 1 station South Ferry) ou un taxi/Uber.
- Site officiel du National Park Service
- Site officiel de la Statue de la Liberté
Comment réserver la Statue de la Liberté ?
Les billets pour la Statue de la Liberté sont à réserver en ligne à l’avance — c’est impératif, particulièrement en haute saison (avril à octobre). Tous les tickets incluent la traversée en ferry aller-retour depuis Battery Park, l’accès aux grounds de Liberty Island, le musée de la Statue de la Liberté, le musée de l’immigration d’Ellis Island et un audio-guide en français.
Trois formules sont disponibles selon le niveau de visite souhaité :
| Prestation | Option 1 | Option 2 | Option 3 |
|---|---|---|---|
| A/R en ferry | |||
| Statue : accès grounds | |||
| Statue : accès piédestal | |||
| Statue : accès à la couronne | |||
| Musée Liberty Island | |||
| Musée de l'immigration Ellis Island | |||
| Audio-guide en français | |||
| Réserver | Réserver | Réserver |
Points importants avant de réserver :
- Option 3 (couronne) : les tickets sont à réserver au minimum 5 mois à l’avance — pour une visite en juillet, les réservations ouvrent dès février. Les places partent en quelques heures. Maximum 4 réservations par commande. Le titulaire de la carte bancaire doit être présent le jour J avec une pièce d’identité. Les tickets ne sont pas transférables.
- Options 2 et 3 : les billets sont à récupérer sur place le jour même à Castle Clinton (Battery Park), avant l’accès au ferry.
- Musée de la Statue de la Liberté : gratuit, accessible à tous les visiteurs y compris sans ticket piédestal.
- Musée de l’immigration d’Ellis Island : gratuit, audio-guide inclus.
Visiter avec un pass
Les détenteurs du New York City Pass, du New York Pass ou du Go City New York Pass doivent être vigilants : ces pass ne couvrent que la traversée en ferry, pas l’accès au piédestal ni à la couronne. Si votre objectif est de monter dans le monument, les tickets officiels — qui incluent déjà le ferry — sont la seule option pertinente.
Si vous utilisez votre pass pour la traversée uniquement, il est possible de récupérer gratuitement des tickets d’accès au piédestal à la caisse de Castle Clinton. Ces tickets sont distribués en nombre très limité : arrivez le plus tôt possible le matin pour maximiser vos chances.
FAQ – Visiter la Statue de la Liberté
Oui – et c’est fortement recommandé quelle que soit la période. En haute saison (avril à octobre), les tickets pour le piédestal s’épuisent plusieurs jours à l’avance. Pour la couronne, la réservation est obligatoire au minimum 5 mois avant la date de visite. Les billets sans réservation pour l’accès aux grounds et au musée sont disponibles sur place, mais les files d’attente peuvent être très longues. Réserver en ligne vous garantit également un créneau horaire précis pour l’embarquement en ferry.
Le ferry et l’accès aux grounds de Liberty Island sont inclus dans tous les billets payants. Le musée de la Statue de la Liberté et le musée de l’immigration d’Ellis Island sont gratuits. L’accès au piédestal et à la couronne est payant et nécessite une réservation en ligne. Consultez notre section réservation ci-dessus pour le détail des tarifs et formules disponibles.
Oui – la visite est tout à fait adaptée aux familles. Le musée de Liberty Island est accessible à tous. Pour le piédestal, l’accès se fait par ascenseur ou escalier, sans restriction d’âge. Pour la couronne en revanche, les enfants doivent mesurer au minimum 1,20 mètre et être capables de grimper seuls les 162 marches d’un escalier étroit. La visite de la couronne est déconseillée aux personnes claustrophobes.
Il faut gravir 393 marches depuis le sol pour atteindre la couronne, soit l’équivalent d’un immeuble de 27 étages. Depuis le piédestal, la montée jusqu’à la couronne représente 162 marches par un escalier étroit et abrupt. Il n’y a pas d’ascenseur au-delà du piédestal.
La Statue de la Liberté regarde vers le sud-est, en direction de l’océan Atlantique. Cette orientation n’est pas anodine : symboliquement, son visage est tourné vers la France, pays d’origine du monument et symbole de l’amitié franco-américaine. Historiquement, elle faisait face aux bateaux d’immigrants qui entraient dans le port de New York, renforçant son rôle de symbole d’accueil et d’espoir pour les millions de migrants venus chercher une vie meilleure aux États-Unis.
Les 7 branches de la couronne de la Statue de la Liberté représentent les 7 continents (Amérique du Nord, Amérique du Sud, Europe, Asie, Afrique, Océanie et Antarctique), illustrant le rayonnement universel de la liberté. Elles pourraient également symboliser les 7 océans du globe. Chaque branche pèse 68 kg. Les 25 fenêtres de la couronne représentent quant à elles les vingt-cinq pierres gemmes trouvées sur Terre et les rayons du soleil éclairant le monde.
Les chaînes et les fers brisés visibles aux pieds de Lady Liberty symbolisent l’abolition de l’esclavage et la libération de l’oppression. Ce détail, souvent ignoré des visiteurs qui admirent la statue de loin, ne se distingue clairement qu’en s’approchant au niveau du piédestal — une raison supplémentaire de réserver un accès au monument.
Dans sa main gauche, la statue serre une tablette sur laquelle est gravée en chiffres romains la date du 4 juillet 1776 (JULY IV MDCCLXXVI), marquant l’indépendance des États-Unis d’Amérique. Dans sa main droite, elle brandit la torche de la liberté — dont la version originale, remplacée lors de la restauration de 1984-1986, est aujourd’hui exposée dans le musée de Liberty Island.
Non – le balcon entourant la torche est fermé au public depuis 1916 pour des raisons de sécurité, à la suite d’une explosion survenue lors de la Première Guerre mondiale à Black Tom Island, dans le New Jersey, dont les dommages fragilisèrent la structure du bras. La torche originale est aujourd’hui visible au musée de Liberty Island.
Non – la Statue de la Liberté est ouverte toute l’année, sauf le 25 décembre. En hiver, la fréquentation est nettement plus faible qu’en haute saison, ce qui en fait une période idéale pour visiter le monument sans file d’attente et dans une atmosphère plus sereine. Les conditions météorologiques peuvent en revanche affecter la traversée en ferry – renseignez-vous avant votre départ.
Histoire de la Statue de la Liberté
Elle est aujourd’hui le symbole le plus reconnaissable des États-Unis. Mais l’histoire de la Statue de la Liberté est avant tout celle d’une amitié entre deux nations, d’une ambition artistique hors norme et d’un chantier titanesque mené des deux côtés de l’Atlantique pendant plus de vingt ans.
Bartholdi, Eiffel et l’amitié franco-américaine
L’idée naît en 1865 lors d’un dîner à Glatigny, en France, chez l’historien et homme politique Édouard de Laboulaye. Fervent admirateur des États-Unis et de leurs idéaux démocratiques, Laboulaye propose d’offrir aux Américains un monument commémorant l’amitié franco-américaine et les valeurs communes aux deux nations — la liberté, la démocratie, l’abolition de l’esclavage. Le jeune sculpteur alsacien Frédéric Auguste Bartholdi, présent ce soir-là, est immédiatement séduit par le projet. Il en deviendra l’architecte et le moteur pendant deux décennies.
Bartholdi effectue un premier voyage aux États-Unis en 1871 pour convaincre les autorités américaines et choisir l’emplacement idéal. C’est depuis le port de New York, en apercevant la petite Bedloe’s Island, qu’il a la certitude : ce sera ici, à l’entrée du port, face à l’Atlantique et aux bateaux qui arrivent d’Europe. La statue sera un phare humain, visible de loin, accueillant les voyageurs et les migrants.
Le projet prend forme au début des années 1870. Bartholdi conçoit une femme drapée dans une robe romaine, couronnée de sept branches, brandissant une torche de la main droite et tenant une tablette de la main gauche. Pour la structure intérieure, il fait appel à l’ingénieur Gustave Eiffel — le futur père de la Tour Eiffel — qui conçoit un système de charpente métallique en acier révolutionnaire permettant à la peau de cuivre du monument de se dilater et de se contracter librement sous l’effet des variations de température et du vent. Sans cette innovation technique, la statue n’aurait pas résisté aux conditions climatiques new-yorkaises.
Le financement du projet repose sur un principe original : la France finance la statue, les États-Unis financent le piédestal. Côté français, des souscriptions publiques, des loteries et des événements sont organisés pour réunir les fonds. Côté américain, le financement du piédestal — confié à l’architecte Richard Morris Hunt — tarde à se concrétiser, au point que le journal New York World de Joseph Pulitzer lance en 1885 une grande campagne de souscription populaire qui permettra de boucler le budget en quelques mois, grâce aux dons de plus de 120 000 Américains.
La tête de la statue est présentée au grand public pour la première fois à Paris, dans les jardins du Champ de Mars, lors de l’Exposition Universelle de 1878. Le bras et la torche avaient déjà été exposés à Philadelphie lors de l’Exposition Universelle de 1876, marquant le centenaire de l’indépendance américaine — date à laquelle Bartholdi avait initialement espéré achever l’ensemble du monument.

La statue est officiellement offerte aux États-Unis par la France le 4 juillet 1884, lors d’une cérémonie organisée à Paris. Elle est ensuite entièrement démontée en 350 caisses et acheminée par bateau à New York, où elle arrive en juin 1885. Le remontage sur le piédestal de Bedloe’s Island prend plusieurs mois.
De Bedloe’s Island à Liberty Island : les grandes dates
La Statue de la Liberté est inaugurée le 28 octobre 1886 en présence du président américain Grover Cleveland et de milliers de spectateurs massés sur les rives et les bateaux environnants. La cérémonie est grandiose — et chaotique : un épais brouillard recouvre la baie, les canons tonnent, les sirènes des bateaux hurlent, et Bartholdi, posté dans la couronne, dévoile le visage de Lady Liberty avec quelques minutes d’avance sur le programme, avant même que le discours officiel ne soit terminé.
Peu après l’inauguration et jusqu’en 1902, un phare se substitue à la flamme de la torche : la statue sert alors de véritable signal lumineux pour les navires entrant dans le port. Un gardien de phare réside sur l’île. En 1916, le balcon entourant la torche est fermé au public à la suite des dommages causés par l’explosion de Black Tom Island — un attentat allemand lors de la Première Guerre mondiale qui fragilise le bras droit de la statue.
Le monument est classé Monument National en 1924, inscrit au Registre National des Monuments Historiques en 1966, puis au Patrimoine Mondial de l’UNESCO en 1984.
En 1984, la statue est entièrement fermée pour une rénovation majeure qui dure deux ans. La torche originale, trop détériorée pour être restaurée, est remplacée par une réplique recouverte de feuilles d’or reprenant le modèle de Bartholdi. L’ancienne torche est d’abord exposée dans le petit musée intérieur, avant d’être transférée en 2019 dans le nouveau musée de Liberty Island où elle est aujourd’hui l’une des pièces maîtresses.
Ce n’est qu’en 1956 que le Congrès américain rebaptise officiellement Bedloe’s Island en Liberty Island — soixante-dix ans après l’inauguration du monument qui lui a donné son nom.
La Statue de la Liberté au cinéma
Dresser la liste exhaustive des films ayant mis en scène la Statue de la Liberté relève de la mission impossible — tant l’image de Lady Liberty est devenue un raccourci visuel universel pour évoquer New York, les États-Unis, la liberté ou, à l’inverse, la chute d’une civilisation. Voici quatre films phares, très différents, qui ont chacun utilisé le monument de manière marquante et mémorable.
America, America (1963) — Elia Kazan
C’est sans doute le film qui incarne le mieux le double symbole de la Statue de la Liberté et d’Ellis Island. Elia Kazan y retrace le périple autobiographique de Stavros, un jeune Grec de Cappadoce (Turquie) à la fin du XIXe siècle, qui fuit la misère et l’oppression pour tenter de rejoindre New York. Un voyage épuisant, semé d’embûches et de sacrifices, dont la Statue de la Liberté constitue l’horizon rêvé et le dénouement bouleversant. Kazan déclare en préambule du film :
Mon nom est Elia Kazan, je suis Grec par les origines, Turc par la naissance et Américain parce que mon oncle a fait un voyage.
Un film indispensable pour comprendre ce que représentait réellement Lady Liberty pour les millions de migrants qui l’apercevaient depuis le pont de leur bateau.

Un Jour à New York (1949) — Stanley Donen & Gene Kelly
On the Town — trois marins en permission ont 24 heures pour découvrir New York. Une comédie musicale légère et joyeuse avec Frank Sinatra et Gene Kelly (également co-réalisateur), tournée en partie en décors naturels dans les rues de New York — une nouveauté pour l’époque. La Statue de la Liberté y apparaît comme symbole d’une ville vibrante et accueillante, porte d’entrée d’un pays en pleine euphorie d’après-guerre.

La Planète des Singes (1968) — Franklin J. Schaffner
La scène finale de Planet of the Apes est l’une des plus célèbres de l’histoire du cinéma. L’astronaute Taylor (Charlton Heston), convaincu d’avoir atterri sur une planète inconnue gouvernée par des singes intelligents, découvre sur une plage la Statue de la Liberté à demi enfouie dans le sable. La révélation est brutale : il n’a jamais quitté la Terre. L’humanité s’est autodétruite. Kazan utilisait la statue comme symbole d’espoir — Schaffner en fait ici le symbole d’un espoir anéanti, d’une civilisation ayant échoué dans toutes ses promesses : liberté, paix, justice, raison. Un retournement de sens radical qui a marqué plusieurs générations de cinéphiles.

New York 1997 (1981) — John Carpenter
Dans le film d’anticipation de John Carpenter, Escape from New York, l’île de Manhattan est devenue une prison de haute sécurité à ciel ouvert. Le président des États-Unis s’y crashe en avion à la suite d’un attentat et est capturé par les prisonniers. Le légendaire Snake Plissken (Kurt Russell) est envoyé sur place pour le sauver. La Statue de la Liberté, visible en arrière-plan dans plusieurs séquences, n’est plus un symbole d’accueil et de liberté — elle contemple, muette et impuissante, une société qui a définitivement renoncé à ses idéaux. Avec Lee Van Cleef, Ernest Borgnine, Donald Pleasence et Isaac Hayes.

Statue de la Liberté : avec quoi la combiner ?
Ellis Island — À 2 km en ferry de Liberty Island. Le musée national de l’immigration est inclus dans tous les billets pour la Statue de la Liberté : ne faites pas l’impasse. Entre 1892 et 1954, plus de 12 millions d’immigrants ont transité par cette île avant de fouler le sol américain — une histoire fondatrice du melting pot américain que le musée raconte avec une force émotionnelle rare. Comptez 2 à 3 heures supplémentaires.
Manhattan — Battery Park, point de départ des ferries, se trouve à l’extrémité sud de Manhattan. À deux pas : le One World Trade Center et son observatoire, qui offre depuis le 102e étage l’un des points de vue les plus spectaculaires sur Liberty Island et Ellis Island vues du ciel. Le quartier financier, Wall Street et la Brooklyn Bridge sont également à distance de marche.
New York — La Statue de la Liberté s’inscrit naturellement dans un séjour à New York. La ville mérite à elle seule plusieurs jours de visite : Central Park, Times Square, Brooklyn, Harlem, les musées… Prévoyez au minimum 4 à 5 jours pour combiner les incontournables et sortir des sentiers battus.
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- Ont participé à la rédaction: Isa, Jean-Christophe, Nicolas, Olivia, Olivier, Thomas
- Photos : Arnaud, Glee13, Guy, Isa, Johanna, Joël, Olivia, Olivier, Pascale, Perrine, Pierre, Sandrine, Thomas, Vanessa
