
Impossible de visiter San Francisco sans découvrir Alcatraz, l’une des prisons les plus redoutées des États-Unis. Située à seulement 2 km de Fisherman’s Wharf, cette forteresse isolée dans la baie a accueilli de célèbres criminels tels qu’Al Capone ou Robert Stroud, l’Homme aux Canaris. Aujourd’hui, Alcatraz est l’un des sites les plus visités de Californie, offrant une expérience immersive à travers ses cellules austères, des témoignages poignants et une vue imprenable sur la baie de San Francisco.
Dans ce guide pour visiter Alcatraz, découvrez comment réserver vos billets, les différents types de visites proposées (de jour, de nuit ou en coulisses), ainsi que tous nos conseils pour profiter pleinement de votre excursion sur l’île.
Comment se rendre à Alcatraz depuis San Francisco ?
Alcatraz est localisée dans la baie de San Francisco, sur l’île du même nom, à 15 minutes en bateau de Fisherman’s Wharf.
Combien de temps faut-il pour visiter Alcatraz ?
Comptez au moins 3 heures pour la visite et pour vous immerger dans l’atmosphère des lieux.
Comment visiter la prison d’Alcatraz ?
La seule compagnie autorisée à accoster sur l’île d’Alcatraz est Alcatraz City Cruises (elle bénéficie d’une concession accordée par le National Park Service). Leurs guichets et ponton d’embarquement se trouvent sur le Pier 33, à l’est du Pier 39.

3 visites différentes sont proposées, incluant l’aller-retour en ferry et l’audio-guide (disponible en français).
| Visite | Durée |
|---|---|
| Alcatraz Day Tour La visite la plus classique et la plus populaire. Elle vous permet une découverte libre de la prison. | 2h30 |
| Alcatraz Night Tour Cette visite au coucher du soleil offre un programme avec une jauge limitée et des activités exclusives. | 3h00 |
| Alcatraz Behind The Scenes Tour Une visite en petit groupe (30 personnes max) et la découverte de zones non accessibles au public. | 4h30 |
Nous vous conseillons vivement de réserver avant votre départ (3 mois à l’avance maximum) pour être certain d’avoir une place, cette visite étant très populaire.
Si plus aucun ticket n’est disponible sur le site officiel, sachez que certains revendeurs proposent aussi des tickets :
Toutes les visites d’Alcatraz incluent l’audio-guide disponible en langue française. Vous pourrez entendre des commentaires originaux d’anciens détenus et de gardiens, accompagnés de bruitages comme si vous y étiez. Immersion garantie !


Vous aurez l’occasion de pénétrer dans les cellules, la cantine, l’infirmerie, la salle de contrôle et de repas des gardiens, la cour de laquelle vous aurez une magnifique vue sur la baie de San Francisco ainsi que le Golden Gate Bridge.

Les jardins
Visiter Alcatraz quand on passe par San Francisco est une étape quasi obligatoire, mais savez-vous que ses jardins ont aussi une histoire et que vous pouvez les visiter ?
Découvrez, surtout au printemps, ces jardins créés par les familles, le personnel et les prisonniers. Ils sont riches de plus de 230 espèces ! Prenez donc le temps de vous y balader avant ou après votre visite de la prison.
Pour en voir plus, profitez des visites guidées, le vendredi et le dimanche matin, départ du quai à 9H45, avec accès à des zones normalement non accessibles telles que l’allée des officiers et la roseraie.
Plus d’infos et une brochure en français à télécharger (fichier PDF) sur le site The Gardens of Alcatraz
Infos pratiques
- Prévoyez un polaire et un coupe-vent, même en été. Les courants violents et les eaux froides de la baie de San Francisco ne sont pas un mythe !
- Notez qu’on vérifiera votre identité à l’embarquement : le nom de l’acheteur figurant sur vos tickets doit correspondre à celui de votre passeport.
FAQ – Visiter Alcatraz
Les billets doivent être réservés sur le site officiel Alcatraz City Cruises, la seule compagnie autorisée à accéder à l’île. Il est recommandé de réserver, jusqu’à 3 mois à l’avance, la visite d’Alcatraz étant très populaire.
La visite de jour est la plus classique et la plus accessible.
La visite de nuit est plus immersive et propose des activités exclusives.
La visite Behind the Scenes s’adresse à ceux qui souhaitent accéder à des zones normalement fermées au public, en petit groupe.
Il faut compter environ 3 heures pour l’excursion complète : traversée en ferry, visite de la prison, découverte des jardins et des points de vue sur la baie.
Il est conseillé d’arriver au moins 30 minutes avant l’horaire indiqué sur votre billet pour l’embarquement et les contrôles.
Le matin pour éviter l’affluence, ou le soir pour une atmosphère plus dramatique lors de la visite de nuit. Les vues au coucher du soleil sont remarquables.
Oui. Toutes les visites incluent un audio-guide disponible en français, avec des témoignages d’anciens gardiens et prisonniers.
Oui, la plupart des cellules du bloc principal sont accessibles, y compris le réfectoire, la salle de contrôle et certains couloirs historiques comme Broadway.
Oui, il n’y a pas d’âge minimum, mais la visite peut être impressionnante pour les plus jeunes. Les poussettes sont acceptées dans les zones principales.
Un coupe-vent ou une polaire, même en été. L’île est exposée au vent et aux courants froids de la baie de San Francisco.
Histoire d’Alcatraz : de la forteresse militaire à la prison légendaire
En 1775, l’explorateur espagnol Juan Manuel de Avala est le premier européen à naviguer dans la baie. Il y découvre trois îles. Il nomme l’une d’elles « Alcatraces » (pélicans en espagnol). Tantôt espagnole, tantôt mexicaine à l’image de la Californie, l’île est annexée par les États-Unis en 1850. Sur ordre présidentiel, une réserve militaire s’y établit pour protéger la baie devenue surpeuplée par la ruée vers l’or. L’U.S. Army compte y installer une centaine de canons pour en faire le lieu le mieux protégé de la Côte Ouest.
L’île devient également le premier site de la côte Pacifique des États-Unis à accueillir un phare maritime. Opérationnel depuis 1854, il est le plus vieux phare en activité de la Côte Ouest. Il n’a cessé de fonctionner qu’une seule fois en 1970 lors d’un incendie qui détruisit la maison du gardien et son alimentation électrique.

Après 1850, l’île accueille ses premiers prisonniers militaires. Ils vont d’ailleurs participer à la construction du pénitencier.

En 1933, la propriété de l’île passe de l’U.S. Army à la justice américaine qui veut en faire une prison modèle, véritable vitrine de la sécurité sur fond de hausse de la criminalité.
Alcatraz abrite ainsi les détenus les plus dangereux de leur époque : Al Capone, George Kelly, Alvin Karpis ou encore Arthur Barker. De nombreux prisonniers sont transférés à Alcatraz pour insoumission aux règles carcérales. A Alcatraz, les règles sont tellement strictes qu’elles ne donnent que quatre droits aux détenus : être habillés, avoir de la nourriture, être sous un abri et bénéficier d’une assistance médicale en cas de besoin.

Mais les prisonniers sont privés de journaux, de radio et de télévision. Ils passent 16 à 23 heures par jour dans une cellule individuelle de 4 mètres sur 3. Malgré tout, certains « privilèges » sont accordés : travailler (à l’usine de textile pour Al Capone), recevoir des visites, peindre, jouer de la musique, lire (Alcatraz est dotée d’une véritable bibliothèque), passer des appels téléphoniques et envoyer / recevoir des lettres (systématiquement censurées et réécrites).

Entre 1934 et 1963 (les années de service de la prison), 34 détenus tentent de s’évader malgré les eaux froides de la baie, les courants et les 2 km de nage nécessaires pour atteindre les quais de San Francisco ! 23 évadés sont rattrapés, 6 tués (dont 2 gazés, 2 par balles et 2 noyés), et 5 portés disparus… Pour l’anecdote, les gardiens faisaient prendre des douches chaudes aux détenus de manière à ce que la froideur de l’océan les rebute.

L’action du temps et de la mer redoutable autour de l’île conduira le 21 mars 1963 à la fermeture définitive d’Alcatraz après 29 années de service. 3 à 5 millions de dollars auraient été nécessaires pour sa restauration et sa maintenance sans compter le coût exceptionnel de fonctionnement 3 fois supérieur aux autres prisons fédérales (acheminement systématique des hommes et des marchandises par bateau).
En 1969, plusieurs tribus indiennes envahissent l’île selon un traité de 1868 les autorisant à utiliser ce lieu si le gouvernement ne le faisait pas. Les indiens veulent faire d’Alcatraz un centre d’étude sur l’écologie. Après moins de 2 ans d’occupation, le gouvernement fédéral décide de les évacuer.

Plusieurs projets de reconversion sont alors proposés : monument pour les Nations-Unies, une statue de la liberté pour la Côte Ouest, un complexe hôtelier… mais il n’en sera rien. En 1973, l’île ouvre ses portes au public et devient rapidement un des lieux touristiques les plus fréquentés de la région de San Francisco (plus d’un million de touristes par an).

L’évasion du 11 juin 1962 : Frank Morris et les frères Anglin ont-ils survécu ?
Dans la nuit du 11 juin 1962, trois détenus réalisent ce que tout le monde croyait impossible : disparaître d’Alcatraz sans laisser de trace. Frank Morris et les frères John et Clarence Anglin avaient préparé leur évasion pendant plus d’un an avec une ingéniosité remarquable. À l’aide de cuillères et d’un vieux aspirateur détourné en perceuse, ils agrandissent patiemment les grilles de ventilation situées au fond de leurs cellules. Pendant ce temps, ils fabriquent des têtes factices en papier mâché, cheveux vrais récupérés au salon de coiffure de la prison, qu’ils glissent dans leurs couchettes pour tromper les rondes nocturnes des gardiens. Dans la nuit du 11 juin, ils s’engouffrent dans les conduits, escaladent les toitures et rejoignent le rivage de l’île où les attend un radeau de fortune confectionné à partir d’imperméables de pluie soigneusement assemblés et imperméabilisés. Au petit matin, les gardiens découvrent les cellules vides et les mannequins. Une chasse à l’homme est immédiatement déclenchée. On retrouve dans la baie quelques effets personnels et un pan du radeau — mais jamais les trois hommes. Officiellement présumés noyés, ils ont été radiés des fichiers du FBI en 1979 faute de preuves suffisantes. En 2013 pourtant, une lettre signée du nom de John Anglin parvient aux autorités américaines, affirmant que les trois hommes avaient survécu. L’authenticité de ce courrier n’a jamais été définitivement établie. Aujourd’hui encore, l’évasion de Morris et des frères Anglin reste la seule non résolue de toute l’histoire d’Alcatraz — et l’une des plus grandes énigmes criminelles américaines du XXe siècle.
Alcatraz au cinéma : Clint Eastwood, Nicolas Cage, Burt Lancaster…
Le Prisonnier d’Alcatraz (The Birdman of Alcatraz, 1962, de John Frankenheimer), relate de manière romancée la vie de Robert Stroud, magnifiquement incarné par Burt Lancaster. Stroud, surnommé The Birdman of Alcatraz, avait bel et bien élevé des canaris alors qu’il était emprisonné mais c’était au pénitencier de Leavenworth… pas à Alcatraz !
L’Évadé d’Alcatraz (Escape from Alcatraz, 1979, de Don Siegel) s’inspire de l’évasion du 11 juin 1962. Les détenus Frank Morris (interprété par Clint Eastwood) et les frères John & Clarence Anglin s’évadèrent durant la nuit et ne furent jamais retrouvés. Au petit matin, les gardiens ont retrouvé les cellules vides, des têtes de mannequins en papier mâché dans les couchettes. Tous trois ont été portés disparus et présumés noyés (on retrouva un corps dans la baie, en état de décomposition trop avancée pour pouvoir l’identifier, ainsi que quelques effets personnels). Pour l’anecdote, durant le tournage du film, les touristes continuaient à visiter le site !
Citons encore The Rock (1996, de Michael Bay), avec Nicolas Cage et Sean Connery, au scénario plus qu’improbable ! Afin de faire entendre sa voix, un général de l’armée américaine en conflit avec ses supérieurs, prend en otage les touristes visitant la prison d’Alcatraz, et installe sur l’île des missiles neurotoxiques pointés sur la ville de San Francisco !

Alcatraz : avec quoi le combiner ?
San Francisco — La visite d’Alcatraz se fait depuis Pier 33. Combinez la journée avec Fisherman’s Wharf, le Golden Gate Bridge, Chinatown et le cable car — les incontournables de la ville accessibles à pied ou en transports.
Muir Woods National Monument — À 45 min au nord par le Golden Gate Bridge. La forêt de séquoias côtiers la plus accessible depuis San Francisco — des arbres millénaires à 30 km du centre-ville. Réservation de navette obligatoire en haute saison.
Sausalito — À 30 min au nord par le Golden Gate Bridge ou en ferry depuis le Fisherman’s Wharf. Le village de maisons flottantes et de galeries d’art de la baie — une demi-journée parfaite en complément d’Alcatraz.
Golden Gate Bridge — À 20 min à l’ouest depuis le Fisherman’s Wharf. L’emblème de San Francisco — une promenade à pied ou à vélo sur le pont s’impose en fin de journée après Alcatraz.
Coit Tower — À 10 min à pied depuis le Fisherman’s Wharf. La tour Art Déco de Telegraph Hill avec ses fresques murales des années 1930 — une vue panoramique sur la baie et Alcatraz.
Ressources officielles
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- Ont également participé à la rédaction : Jean-Christophe, Thibault
- Photos : Isa, Mary, Thomas
