
Sacramento ne ressemble à aucune autre destination de Californie. Pas de plage, pas de palmiers, pas de glamour hollywoodien – la capitale de l’État joue dans un registre différent : celui de l’histoire qui se touche du doigt. C’est ici, au confluent de la Sacramento River et de l’American River, que John Sutter a bâti son domaine en 1839. C’est ici, en 1848, qu’un charpentier nommé James Marshall a ramassé une paillette brillante dans le canal d’une scierie et déclenché, sans le savoir, la plus grande ruée vers l’or de l’histoire moderne. C’est ici que les Big Four – Huntington, Hopkins, Crocker et Stanford – ont posé les rails du premier chemin de fer transcontinental, changeant à jamais la physionomie du continent.
Aujourd’hui, Sacramento porte cette histoire avec une élégance discrète. Le quartier d’Old Sacramento, avec ses trottoirs en bois et ses façades du XIXe siècle, ressemble à un décor de western parfaitement conservé – sauf que tout est authentique. Le State Capitol, coiffé de sa coupole dorée, surveille la ville depuis 1874. Et depuis quelques années, Sacramento cultive une autre identité, plus contemporaine : celle de capitale du Farm-to-Fork américain, où les meilleurs chefs du pays cuisinent ce que les fermes alentour produisent le matin même. Entre San Francisco, Lake Tahoe et la Sierra Nevada, Sacramento mérite plus qu’un simple arrêt sur l’autoroute.
Comment se rendre à Sacramento ?
La ville de Sacramento est localisée à 87 miles/140 km au nord-est de San Francisco, au confluent de la Sacramento River et de l’American River.
L’aéroport international est situé à 11 miles/18 km au nord-ouest du centre-ville (6900 Airport Blvd., Sacramento, CA, 95837). Toutes les grandes compagnies de location de voitures y sont représentées. Possibilité de rejoindre le centre-ville en shuttle ou en Yolobus.
Si vous n’êtes pas véhiculés, vous pourrez vous rendre à Sacramento en bus Greyhound ou en train Amtrak (liaisons quotidiennes depuis San Francisco).
Pour vous déplacer en ville sans trop marcher, le réseau de bus est une bonne option (attention, faite l’appoint dans les bus, on ne vous rendra pas la monnaie !). Nous vous conseillons sinon de louer un vélo chez Practical Cycle (114 J St, Sacramento, CA 95814)


Combien de temps faut-il pour visiter Sacramento ?
Une journée suffit pour couvrir l’essentiel – et c’est la formule la plus courante pour les voyageurs qui intègrent Sacramento dans un road trip plus large entre San Francisco et la Sierra Nevada. Le matin : le State Capitol et son musée, puis une balade dans Old Sacramento. L’après-midi : Sutter’s Fort et le California State Railroad Museum, considéré comme le plus beau musée ferroviaire d’Amérique du Nord – à lui seul, il mérite 2 à 3 heures.
Deux jours permettent de prendre le temps : ajoutez le Crocker Art Museum (le premier musée d’art de tout l’Ouest américain), une balade à vélo sur le River Bike Trail le long de la Sacramento River, et surtout – si votre venue coïncide avec le calendrier – un dîner ou un déjeuner dans l’un des restaurants Farm-to-Fork qui ont fait la réputation gastronomique de la ville ces quinze dernières années.
Si vous voyagez en septembre, prolongez d’une journée supplémentaire pour le Farm-to-Fork Festival, qui transforme le centre-ville en immense fête culinaire en plein air, gratuite et ouverte à tous. C’est l’un des meilleurs moments pour découvrir Sacramento sous son jour le plus vivant et le plus convivial.
Sacramento fonctionne également très bien comme étape d’une nuit sur la route vers Lake Tahoe ou Yosemite – dans ce cas, une demi-journée centrée sur Old Sacramento et le Capitol suffit amplement avant de reprendre la route.
Que voir et faire à Sacramento ?
State Capitol
C’est là où sont livrées les batailles politiques ! De style néo-classique, construit entre 1860 et 1874 puis entièrement rénové en 1982, le Capitole de Sacramento est inspiré de celui de Washington. Surmonté d’une magnifique coupole, il s’élève à près de 65 mètres. Une partie du bâtiment abrite par ailleurs le musée de l’histoire de la Californie.

Le musée retrace l’histoire de la construction de l’État. L’une des salles rend hommage aux « grands californiens ». Parmi les premiers honorés, l’ancien président des États-Unis Ronald Reagan, l’acteur Clint Eastwood et le papa de Mickey, Walt Disney. A l’étage, vous trouverez une petite salle de cinéma où l’on vous présentera de courts films d’interprétation sur les richesses du site.

Des visites gratuites guidées sont proposées toutes les heures de 9h00 à 16h00 (bureau d’information B-27, au rez-de-chaussée). Ces visites commentées comprennent les bureaux historiques, les chambres législatives ainsi que les jardins et les monuments. On vous donnera en prime moult informations sur l’histoire de Sacramento et son architecture.

- Adresse : 1315 10th Street, Sacramento, CA 95814 (à l’angle de la 10th et de L Street)
- Horaires d’ouverture : de 8h00 à 17h00 en semaine et de 9h00 à 17h00 le week-end
- Entrée gratuite
- Site officiel
Old Sacramento Historic District
Ce secteur de 12 hectares, bordant la Sacramento River, regroupe une centaine de bâtiments des années 1850, tous restaurés. La ville était alors le centre de ravitaillement des mines d’or.

Aujourd’hui, le quartier est très vivant (notamment le week-end). Vous y trouverez restaurants, boutiques… et surtout les plus beaux sites historiques et attractions de la ville. Vous pourrez vous balader sur l’eau, en train, en calèche d’époque ou tout simplement louer des vélos et profiter du River Bike Trail (Sacramento dispose en outre de 32 miles/51 km de pistes cyclables).


- Adresse du Visitor Center : 1002 2nd St, Sacramento, CA 95814
- Brochure en anglais (PDF)
- Site officiel
Sacramento History Museum
Un musée qui, comme son nom l’indique, retrace l’histoire de la ville et de la région. Les expositions permanentes répertoriées dans cinq galeries vous feront découvrir la naissance de la ville, le domaine de la presse (journaux et imprimeries du 19ème siècle…), la Ruée vers l’Or (chronologie des évènements, processus d’extraction et bien sûr échantillons d’or pur !), la culture amérindienne Nisenan (il y a 12 000 ans), l’histoire des transports en bateau, l’architecture victorienne et l’histoire agricole de la vallée de Sacramento.

Toute l’année, le musée propose en outre des galeries temporaires.
Des tours guidés thématiques sont proposés : découverte des souterrains, ghost tours, visites en nocturne (réservées aux plus de 21 ans), ou encore Gold Rush (les mines, l’aventure du Pony Express…). Renseignements sur le site officiel.
- Adresse : 101 I Street, Old Sacramento, CA 95814
- Horaires d’ouverture : tous les jours de 10h00 à 17h00, dernière admission à 16h00
Bon plan : réservez ici votre visite
Sutter’s Fort State Historic Park
Situé dans le downtown Sacramento, c’est le berceau de la ville ! Le Fort a été construit par John Sutter en 1839. Les bâtiments ont été restaurés ou reconstruits : habitations de colons, les quartiers de Sutter, la boulangerie, le cabinet médical, la prison…

Tous les jours en été (et certains jours hors-saison), des passionnés d’histoire redonnent vie au Fort, tous en costume d’époque. Différentes activités artisanales sont alors proposées.




- Adresse : 2701 L Street, Sacramento, CA 95816
- Horaires d’ouverture : tous les jours de 10h00 à 17h00. Audio tour.
- Site officiel
California State Indian Museum
Ouvert en 1940, le musée présente des objets de la vie quotidienne des indiens de Californie à travers trois grands thèmes : l’esprit, la nature et la famille. Certains objets exposés ont plus de 2400 ans.
- Adresse : au coin de la 26th et de K Street
- Horaires d’ouverture : tous les jours de 10h00 à 17h00
- Parking payant (gratuit le dimanche)
- Brochure en anglais (PDF)
- Site officiel
California State Railroad Museum
Considéré comme le plus beau musée ferroviaire d’Amérique du Nord, s’il est une visite à ne pas manquer lors de votre passage à Sacramento, c’est bien celle-ci ! Le California State Railroad Museum propose une collection de locomotives et de wagons anciens qui rappelle le rôle du chemin de fer dans le développement de la Californie à la fin du 19ème siècle et l’avènement des Big Four, barons financiers du Transcontinental Railway : Collis Huntington, Mark Hopkins, Leland Stanford et Charles Crocker.

Après un court film d’une vingtaine de minutes sur l’histoire ferroviaire de la région, vous pourrez découvrir et approcher de plus près les engins historiques et superbes locomotives et même pénétrer dans certains wagons. Une salle est réservée bien évidemment aux modèles réduits pour le bonheur de tous les passionnés !


D’avril à septembre, des balades en train sont en outre proposées le long de la Sacramento River, les samedis et dimanches de 11h00 à 16h00 (départ du Central Pacific Railroad Freight Depot à Old Sacramento).


- Adresse : 125 I Street, Sacramento, CA 95814
- Horaires d’ouverture : tous les jours de 10h00 à 17h00. Fermé pour Thanksgiving, Noël et Jour de l’An
- Site officiel
Old Sacramento Schoolhouse Museum
Réplique vivante d’une école californienne traditionnelle du 19ème siècle.

- Adresse : 1200 Front St., Sacramento, California 95814
- Horaires d’ouverture : du lundi au samedi de 10h00 à 16h00 et le dimanche de midi à 16h00. Le musée étant géré uniquement par des volontaires et bénévoles, il peut éventuellement fermer certains jours.
- Entrée gratuite
Delta King
Le Delta King est un magnifique hôtel de 44 chambres situé sur un authentique bateau à aubes, un sternwheeler (une seule roue à aubes située à l’arrière) de 87 mètres. Baptisé le 20 mai 1927, il faisait route entre Sacramento et San Francisco. Il était réservé à une richissime clientèle (à l’époque, les aménagements décoratifs avaient été les plus chers jamais commandés !).

En 1940, le développement autoroutier a sonné le glas du Delta King. Réquisitionné par l’armée durant le Seconde Guerre Mondiale, il a par la suite servi de logement pour des hommes de chantiers en Colombie Britannique. Classé monument historique en 1978, le navire a coulé en 1981, pour des raisons encore inconnues. Remorqué à son emplacement d’origine à Sacramento, il a été entièrement rénové pour accueillir aujourd’hui les touristes de passage. Le Delta King abrite également un bar-restaurant et une salle de théâtre. Tous les samedis soirs, des dîners « murder-party » sont organisés.
- Adresse : 1000 Front Street, Sacramento, California 95814
California Automobile Museum
150 véhicules exposés, de 1885 à 2011.
- Adresse : 2200 Front Street, Sacramento, CA 95818
- Horaires d’ouverture : du mercredi au lundi de 10h00 à 17h00 (dernière admission à 16h00). Ouverture prolongée jusqu’à 21h00 le troisième jeudi du mois. Fermé le mardi, ainsi que pour Pâques, Thanksgiving, Noël et Jour de l’An.
- Site officiel
Crocker Art Museum
Fondé en 1872 par le juge Edwin Bryant Crocker, il s’agit du plus vieux musée de la ville et le premier musée d’art ouvert dans l’Ouest américain. Les collections, pour une grande majorité acquises lors de voyages en Europe (soit 700 peintures et près de 1 400 dessins) sont abritées dans une très belle demeure ancienne acquise en 1868 et réaménagée dans un style victorien par l’architecte Seth Babson. Vous y verrez également une large collection de tableaux californiens du 19ème siècle, 1800 pièces de céramique, ainsi que des collections d’art africain, asiatique et d’Océanie.

En 1885, Margaret Crocker, l’épouse de Edwin, fit don du musée à la ville de Sacramento. La bâtisse a été entièrement restaurée en 1989. En octobre 2010, le musée a ouvert un nouveau pavillon, le Teel Family Pavilion, au design très contemporain, de plus de 11 000 m2, triplant ainsi la surface du musée.
- Adresse : 216 O Street, Sacramento, CA 95814
- Horaires d’ouverture : du mardi au dimanche de 10h00 à 17h00, ouverture prolongée jusqu’à 21h00 le jeudi. Fermé le lundi (sauf Labor Day), ainsi que pour Thanksgiving, Noël et Jour de l’An.
- Site officiel
Aerospace Museum of California
Une collection de 38 appareils civils et militaires. Elle comprend notamment un PT-26 restauré, un Falcon Jet 10, et un Pitts Special champion du monde de course.
- Adresse : 3200 Freedom Park Drive, McClellan, CA 95652
- Horaires d’ouverture : du mardi au dimanche de 10h00 à 16h00, fermé le lundi
- Site officiel
Amtrak Rail Passenger Terminal
La gare de terminus du célèbre Transcontinental. Hauts plafonds, chandeliers, bancs en bois, sol en marbre, et superbes tableaux.
- Adresse : 401 I Street, Sacramento Valley Station, Sacramento, CA 95814
California Raptor Center
A la fois une école vétérinaire et un musée dédié à la remise en état des rapaces blessés et orphelins.
- Adresse : 1340 Equine Lane, Davis, CA 95616
- Horaires d’ouverture : du lundi au vendredi de 9h00 à 16h00 et le samedi de 9h00 à 12h00
- Entrée gratuite
- Site officiel
Sacramento, capitale du Farm-to-Fork : le terroir californien à l’honneur
Il existe une autre Sacramento, plus récente et plus inattendue, qui n’a rien à voir avec la ruée vers l’or : celle de la gastronomie. En 2012, le restaurateur Josh Nelson, des Selland Family Restaurants, a eu l’idée de promouvoir le mode de vie local axé sur l’alimentation auprès de Visit Sacramento, faisant valoir un atout que la ville possédait depuis toujours mais n’avait jamais valorisé : être entourée de 1,4 million d’acres de terres agricoles produisant plus de 300 cultures différentes – l’une des régions les plus fertiles des États-Unis.
Peu après, Sacramento s’est officiellement déclarée « America’s Farm-to-Fork Capital » – la capitale américaine du « de la ferme à la table ». Depuis 2013, la ville organise chaque année son Farm-to-Fork Festival, devenu un rendez-vous majeur de la scène culinaire californienne. L’événement transforme plusieurs blocs du centre-ville, autour du Capitol Mall, en un mélange de marché fermier, de fête foraine et de festival de musique – gratuit et ouvert à tous. L’édition de 2017 a attiré plus de 75 000 visiteurs, preuve que le pari du restaurateur a largement dépassé ses ambitions initiales.
Le moment le plus spectaculaire de l’année reste le Tower Bridge Dinner : un dîner gastronomique à plusieurs services, servi à de longues tables dressées directement sur le Tower Bridge – le pont doré emblématique de Sacramento – entièrement préparé par les chefs locaux avec des ingrédients sourcés dans la région. La mise en scène est théâtrale : dîner sur un pont au coucher du soleil, la rivière scintillant en contrebas, le skyline de la ville en toile de fond. En 2025, Sacramento a franchi une nouvelle étape en accueillant Terra Madre Americas – la première édition américaine de ce festival international rattaché au mouvement Slow Food, confirmant son statut de capitale gastronomique en pleine expansion.
Pour les visiteurs, cela se traduit très concrètement : des dizaines de restaurants en centre-ville mettent en avant des menus de saison sourcés localement, des fermiers et vignerons régionaux animent les marchés du week-end, et la ville entière semble avoir trouvé, dans la cuisine, une nouvelle façon de raconter son histoire – celle d’une terre généreuse, qui a déjà donné de l’or, et qui donne aujourd’hui ses récoltes.
Infos pratiques
Visitor Center
- Adresse : Sacramento Convention & Visitors Center Bureau, 1608 I St. Sacramento, CA 95814
- Horaires d’ouverture : du mardi au dimanche de 11h00 à 16h00
Documentation
- Site officiel de l’office de tourisme de Sacramento
- Sacramento 365 (calendrier des évènements)
- Site officiel de la Ville de Sacramento
Questions fréquentes sur Sacramento
Oui, surtout si vous aimez l’histoire américaine du XIXe siècle. Sacramento n’a pas la spectacularité naturelle d’un parc national ni le glamour d’une ville côtière, mais elle offre une plongée authentique dans l’épopée de la ruée vers l’or et la naissance du chemin de fer transcontinental – sans la mise en scène touristique parfois excessive d’autres destinations historiques. C’est une halte d’une journée idéale sur la route entre San Francisco et Lake Tahoe, ou un complément culturel à un séjour californien plus large.
Une journée suffit pour les incontournables : State Capitol, Old Sacramento Historic District, Sutter’s Fort et California State Railroad Museum. Deux jours permettent d’ajouter le Crocker Art Museum, une balade à vélo le long de la rivière et une expérience culinaire Farm-to-Fork. Sacramento se prête particulièrement bien à une étape d’une nuit sur un road trip plus large vers la Sierra Nevada.
Oui, dans une large mesure. Le centre-ville, Old Sacramento et le State Capitol se visitent aisément à pied – ils sont tous regroupés dans un périmètre restreint. Le réseau de bus local complète bien le dispositif, et la location de vélo (notamment chez Practical Cycle, en plein Old Sacramento) est une excellente option pour profiter des 51 km de pistes cyclables le long de la rivière. Sacramento est également un hub Amtrak important, avec des liaisons quotidiennes depuis San Francisco – pratique pour un city trip sans voiture.
Sacramento est devenue capitale en 1854, bien avant que Los Angeles et San Francisco n’atteignent leur importance actuelle. À l’époque, Sacramento était au cœur de l’activité économique de l’État : porte d’entrée des mines d’or de la Sierra Nevada, terminus du premier chemin de fer transcontinental, carrefour fluvial stratégique au confluent de deux rivières. Sa position géographique centrale, à équidistance des grandes régions de Californie, a également pesé dans la décision. Le statut de capitale ne s’est jamais déplacé depuis.
Sa fin de vie est l’une des plus grandes ironies de l’histoire américaine. L’afflux massif de prospecteurs sur ses terres a détruit son bétail et ravagé ses cultures – son domaine s’est effondré sous ses yeux. En 1864, en pleine guerre de Sécession, alors qu’il cherchait depuis quinze ans une compensation pour la spoliation de ses terres, la Cour suprême a définitivement annulé son titre de propriété d’origine mexicaine. Ruiné, Sutter a passé le reste de sa vie à plaider sans succès devant le Congrès pour obtenir réparation, et il est mort en 1880 à Washington D.C., pauvre, après des décennies de démarches infructueuses – l’homme qui avait, sans le vouloir, déclenché la plus grande ruée vers l’or de l’histoire, n’en a jamais tiré le moindre profit.
Oui, totalement gratuit – y compris les visites guidées, proposées toutes les heures de 9h à 16h. C’est l’une des meilleures affaires touristiques de Sacramento : vous découvrez les chambres législatives historiques, les jardins, le musée de l’histoire de la Californie et la salle dédiée aux « grands Californiens » (parmi lesquels Ronald Reagan, Clint Eastwood et Walt Disney), le tout sans débourser un centime.
Excellente étape, oui. Sacramento est à environ 2 heures de route de Lake Tahoe par l’I-80, et à environ 3 heures de Yosemite par la CA-99 puis la CA-120 ou la CA-140. C’est une halte logique pour diviser un long trajet, faire le plein de carburant et de provisions, et profiter d’une nuit confortable avant d’attaquer la montagne. De nombreux voyageurs combinent San Francisco – Sacramento – Lake Tahoe ou San Francisco – Sacramento – Yosemite sur un circuit d’une à deux semaines.
En 2012, le restaurateur Josh Nelson a eu l’idée de promouvoir le mode de vie local de la ville axé sur l’alimentation, et peu après, Sacramento a été officiellement déclarée « America’s Farm-to-Fork Capital » – la capitale américaine du « de la ferme à la table ». Le slogan s’appuie sur une réalité concrète : la ville est entourée de 1,4 million d’acres de terres agricoles produisant plus de 300 cultures différentes. Chaque année en septembre, le Farm-to-Fork Festival anime le centre-ville, avec pour point d’orgue le Tower Bridge Dinner – un dîner gastronomique aux longues tables dressées directement sur le pont emblématique de la ville, surplombant la rivière au coucher du soleil. L’édition 2017 a attiré plus de 75 000 visiteurs. C’est devenu un rendez-vous culinaire majeur de la côte Ouest, gratuit et ouvert à tous.
Hébergements
Hôtels
Sacramento, capitale de la Californie, propose une offre d’hébergement variée, principalement concentrée dans le centre-ville et autour du Capitole. La ville est également une étape pratique lors d’un road trip entre San Francisco, Lake Tahoe et le nord de la Sierra Nevada.
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Quelle est la meilleure période pour visiter Sacramento ?
Le printemps (avril-mai) et l’automne (septembre-octobre) sont les meilleures saisons : températures douces (18-26°C), faible pluviométrie, lumière agréable pour les balades en extérieur. L’été est très chaud et sec – les températures dépassent régulièrement 33°C en juillet et août, ce qui peut rendre les visites en plein air pénibles. Si vous êtes amateur de gastronomie, privilégiez septembre pour le Farm-to-Fork Festival. L’hiver est doux mais pluvieux – décembre et janvier concentrent l’essentiel des précipitations annuelles.
Températures et précipitations à Sacramento
| Mois | °C max | °C min | Pluie (mm) |
|---|---|---|---|
| Janvier | 12.1 | 3.8 | 97.2 |
| Février | 15.8 | 5.5 | 89.6 |
| Mars | 18.2 | 6.8 | 70.8 |
| Avril | 21.9 | 7.9 | 25.8 |
| Mai | 26.7 | 10.5 | 13.4 |
| Juin | 30.8 | 13.1 | 5.1 |
| Juillet | 33.6 | 14.6 | 1.3 |
| Août | 33 | 14.5 | 1.5 |
| Septembre | 30.8 | 13.2 | 9.1 |
| Octobre | 25.7 | 10.3 | 22.5 |
| Novembre | 17.6 | 6 | 55.4 |
| Décembre | 12.2 | 3.2 | 62 |
Histoire de Sacramento : John Sutter, la ruée vers l’or et les Big Four
L’occupation humaine de la région remonte à environ 12 000 ans et aux tribus indiennes Nisenan, aujourd’hui entièrement disparues.
En 1806, l’officier Gabriel Moraga, né au Mexique, est envoyé en Californie pour le compte du vice-roi d’Espagne. Il est alors le premier européen à explorer la région de Central Valley. Son père, José Joaquín Moraga, avait lui-même fait partie de l’expédition de Juan Bautista de Anza dans les années 1770 et avait établi des colonies à San Francisco, Monterey et San Diego.
En 1808, Gabriel Moraga arrive dans la vallée actuelle de Sacramento qu’il baptise ainsi (Sacramento signifie « sacrement » en espagnol) car les membres de l’expédition semblent avoir découvert un véritable paradis. Emerveillés par la beauté des lieux verdoyants, et après s’être désaltérés dans la rivière, ils comparent la région au Saint-Sacrement du corps et du sang du Christ.
En 1826, Jedediah Strong Smith quitte le Missouri, il est le premier trappeur à traverser les Montagnes Rocheuses et à atteindre l’Océan Pacifique. Son expédition est accueillie par les mexicains de la Mission San Gabriel (actuelle région de Los Angeles) mais, considérés comme des espions par l’armée mexicaine, ils sont arrêtés. On confisque leurs cartes et on leur ordonne de faire demi-tour. Une fois libérés, les américains désobéissent et entament la traversée de la Sierra Nevada afin de rejoindre le nord et l’Oregon. Ils cartographient alors largement toutes les régions parcourues, dont celle de la vallée de Sacramento.
Mais les explorateurs européens transportent dans leurs bagages des maladies encore inconnues dans ces régions isolées et en 1833, 20 000 indiens meurent. Il n’en fallait pas moins pour ouvrir la voie de la colonisation. Les premiers colons arrivent en 1839.

John Sutter, un immigrant suisse venu de San Francisco et ayant déjà parcouru le Grand Nord jusqu’en Alaska souhaite s’installer dans la vallée de Sacramento. Il négocie avec le gouverneur mexicain Juan Bautista Alvarado et ce dernier lui attribue une concession de terre de 20 000 hectares. Sutter y bâtit un domaine d’une trentaine d’hectares, New Helvetia, ainsi qu’une colonie marchande qu’il baptise logiquement Sutter’s Fort (devenu monument historique en 1961).
James Marshall et la pépite qui a changé l’Amérique : la découverte de l’or à Sutter’s Mill
Le 24 janvier 1848, dans les collines de la Sierra Nevada, un événement fortuit allait bouleverser l’histoire des États-Unis. James Wilson Marshall, charpentier originaire du New Jersey employé par John Sutter, construisait une scierie sur l’American River à Coloma – un site qui, ironie du sort, ne faisait même pas partie de la concession officielle de Sutter. En inspectant le canal d’évacuation du moulin un matin, il remarque des éclats brillants dans le lit creusé par l’eau pendant la nuit. « Les gars, je crois que je viens de trouver de l’or », lance-t-il à ses collègues, qui n’y croient pas.
Sutter, informé de la découverte, ordonne immédiatement à ses employés de garder le secret – un engagement qu’ils ne tiennent évidemment pas. Mi-mars 1848, la nouvelle atteint San Francisco, puis se répand dans tout le Pacifique. Le 19 août, le New York Herald l’annonce à toute la côte Est. Le 5 décembre, le président des États-Unis en personne confirme au Congrès la découverte de « mines d’or considérables » en Californie. Le monde entier est désormais au courant. Un Nisenan – autochtone de la région – avait en réalité trouvé la première pépite et l’avait remise à son supérieur, Marshall, sans que ce rôle ne soit jamais véritablement reconnu par l’histoire officielle.
Ce qui suit est connu sous le nom de ruée vers l’or californienne – la plus grande migration de masse de l’époque moderne. Des dizaines de milliers de prospecteurs, venus du monde entier, affluent vers Sutter’s Mill et la Sierra Nevada, attirés par la promesse d’une fortune immédiate. La scierie de Sutter, reconstruite à l’identique aujourd’hui par l’El Dorado County Historical Society sur le site d’origine de Coloma, est devenue un monument historique que l’on peut visiter – à environ 1h30 de route de Sacramento.
John Sutter : du domaine bâti de ses mains à la ruine totale
L’histoire de John Sutter est l’une des plus grandes ironies de la conquête de l’Ouest américain : l’homme qui a, malgré lui, déclenché la plus grande ruée vers l’or de l’histoire n’en a jamais tiré le moindre bénéfice. Il en est même mort ruiné.
Dès septembre 1848, son propre fils, arrivé pour l’aider à développer New Helvetia, découvre avec stupeur le spectacle qui s’offre à lui : prospecteurs, spéculateurs et escrocs envahissant le domaine familial. Le petit paradis que Sutter avait bâti devient en quelques mois un territoire sans foi ni loi, où règne la loi du plus fort. L’afflux de chercheurs d’or sur ses terres – dont la propriété lui est désormais contestée – entraîne la mort de son bétail et le ravage de ses cultures. Sutter est littéralement chassé de ses propres terres.
Mais l’épisode le plus cruellement ironique reste à venir : sur les ruines de son domaine, son propre fils fonde une ville — qu’il baptise du nom de la rivière, Sacramento — qui deviendra quelques années plus tard la capitale de l’État de Californie, en grande partie grâce à la richesse générée par l’or que son père avait découvert sans le vouloir.
Pendant plus de quinze ans, Sutter tente d’obtenir réparation pour la spoliation de ses terres. En 1864, en pleine guerre de Sécession, la Cour suprême annule définitivement son titre de propriété d’origine mexicaine. Ruiné et endetté, il quitte la Californie en 1852 pour s’installer en Pennsylvanie, d’où il continue de plaider en vain auprès du gouvernement fédéral. Il meurt le 17 ou 18 juin 1880 dans un hôtel de Washington D.C., un jour à peine après que le Congrès a ajourné sa session sans avoir statué sur sa demande. Il avait 77 ans, et n’avait jamais obtenu un centime de compensation.
💡 Aujourd’hui, Sutter’s Fort, reconstruit dans le centre de Sacramento, conserve le souvenir du domaine qu’il a bâti de ses mains — et que la fortune qu’il a déclenchée a fini par lui arracher.
La ville est par la suite dévastée par des épidémies de choléra, de multiples incendies et des inondations à répétition. Contre toute attente, Sacramento survit et prospère même ! En 1854, elle est nommée capitale de l’état de Californie.
En 1855, le chemin de fer arrive dans la vallée, le projet est soutenu par quatre riches industriels, les célèbres Big Four : Collis P. Huntington, Mark Hopkins, Charles Crocker et Leland Stanford (l’Université Stanford lui doit son nom). Un an plus tard, Sacramento devient le terminus du premier chemin de fer transcontinental.
Si la ruée vers l’or diminue à vue d’œil, l’industrie et l’agriculture prennent le relais, notamment l’industrie aérienne au moment de la Première Guerre Mondiale puis militaire avec l’installation de la McClellan Air Force Base en 1935.

Dans les années 1960, la population quitte la ville en masse afin de rejoindre la périphérie. En 1980, Sacramento est à nouveau inondée et les années 1990 marquent la fermeture des bases militaires. L’agriculture peine également. Mais parallèlement à cela, la ville connaît depuis la fin des années 1990 une forte croissance démographique. En grande majorité, ces nouveaux habitants viennent de San Francisco, mais aussi d’Asie et d’Amérique Latine. Cette population diversifiée (un exemple en terme d’intégration), ainsi que le renouveau de Downtown (restauration du patrimoine historique, développements de nouveaux commerces…), ont donné un second souffle à Sacramento et de véritables perspectives d’avenir.
Sacramento au cinéma : Charlie Chaplin, American Beauty et My Name is Khan
De nombreux films ont été tournés à Sacramento, dont (ça ne s’invente pas ! ) La ruée vers l’or (1925) de Charlie Chaplin. Suivront quelques chefs d’œuvres hollywoodiens comme Pour qui sonne le glas (1943) avec Gary Cooper et Ingrid Bergman ou encore le mythique Luke la main froide (1967), avec Paul Newman et George Kennedy, où l’on peut voir notamment la Sacramento River.
Plus proche de nous dans le temps, citons Pleasantville (1998), un très beau film plein de fantaisie, assez original et mêlant habilement couleurs et noir & blanc… à la fois un conte poétique et un grand film sociologique. Un an plus tard, American Beauty (1999), un film de Sam Mendes, acide, politiquement incorrect et décrivant avec beaucoup de lyrisme une Amérique peu glorieuse. Vous verrez, dans ces deux films, de jolies vues aériennes de Sacramento.
Plus étonnant et moins connu My Name is Khan (2010), un film post-11 septembre du réalisateur indien Karan Johar avec l’incontournable Shah Rukh Khan. On est ici assez loin des films bollywoodiens classiques (le film est un drame et n’est pas chantant !), même si le ton reste mélodramatique et très exacerbé. My Name is Khan nous conte le parcours de Rizvan Khan un jeune homme musulman d’origine indienne atteint du syndrome d’Asperger (forme d’autisme) qui décide de traverser tous les États-Unis afin de rencontrer le Président ! Un magnifique road trip, doux et surprenant. Vous le trouverez poétique et émouvant ou, selon votre sensibilité, trop caricatural (voire risible). Reste qu’il se permet de dénoncer l’injustice, le racisme et l’amalgame avec un ton peu commun et qu’il est difficile de rester insensible à un tel destin ! Bien entendu, le film n’a pas été tourné en Inde mais en Californie, et c’est bel et bien le State Capitol de Sacramento qui fait office de White House !
Comment intégrer Sacramento dans votre itinéraire ?
San Francisco – À 140 km au sud-ouest par l’I-80. La ville emblématique de la baie, à moins de 2 heures de route – la combinaison Sacramento + San Francisco est la plus naturelle pour découvrir à la fois l’histoire politique de la Californie et son joyau côtier.
Yosemite National Park – À environ 3h au sud-est par la CA-99 puis la CA-120 ou la CA-140. Le parc le plus célèbre de Californie, accessible depuis Sacramento sur la route vers la Sierra Nevada – Half Dome, El Capitan, Yosemite Falls.
Muir Woods National Monument – À environ 2h au sud-ouest, en passant par San Francisco. La forêt de séquoias côtiers la plus accessible de la région – un détour possible en combinant avec une étape à San Francisco.
Point Reyes National Seashore – À environ 2h30 au sud-ouest. La péninsule sauvage au nord de San Francisco – phare historique, plages spectaculaires et observation de baleines en saison. Pour les voyageurs qui prolongent leur séjour vers la côte.
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- Photos : François, Véro