Avant-hier, à New York

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Re: Avant-hier, à New York

Message par zaius » 26 juin 2022, 17:46

Journée VI (la suite)
Mulberry Street est une sorte d’enclave italienne au cœur de Chinatown et la proximité des deux cultures peut surprendre. Les mauvaises langues vous diront que les Chinois ont bouffé les Italiens en brochettes de porc caramélisés à l’apéro. C’est un peu plus compliqué que cela. Mulberry Street est aujourd’hui à mon sens une rue historique dans un quartier dont la raison d’être est surtout symbolique. Aujourd’hui les Italiens sont partout à New York et les Chinois ont récupéré la place vacante.

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A Chinatown, nous n’avons pas prévu de visiter des temples bouddhistes mais juste de profiter de l’ambiance. Ça tombe bien car en matinée le quartier est plutôt vivant : musique traditionnelle, jeux, marchés colorés, cuisine parfumée…

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Ce n’est sans aucun doute pas ce que j’ai préféré visiter à N.Y. mais l’ambiance est agréable. On reste malgré tout une grosse demi-heure à Columbus Park, centre névralgique des activités ce lundi matin.

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Que cet arbre est beau…

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Les bancs publics, je crois que c’est mon truc, lieu parfait pour observer la vie. Je suis bien décidée au départ à respecter l’intimité et l’anonymat des gens. Je commence donc à photographier principalement des mains, que je pense sincèrement être de toute façon souvent plus intéressantes que les visages.

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… et puis ça part en cacahuètes…

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J’aime beaucoup celle-ci, l’heure est grave, et à la réflexion…

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Globalement, les rues autour de Columbus Park sont assez chargées, un peu fouillis même et dans ces cas-là, je reste toujours un peu mitigée et en dehors d’une certaine façon, pas totalement imprégnée par l’ambiance qui est bien meilleure dans le parc, mais je crois que cela est dû principalement à l’omniprésence des voitures et des camions de livraisons.

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On quitte le quartier pour tout autre chose, de plus aérien et, peut-être, plus épuré…

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Tiens tiens… on ne l’avait pas encore bien vu lui ! Mais la traversée ne se fera pas aujourd’hui.

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Alentours, j’aime bien les petites rues pavées historiques, on se se croirait presque « ailleurs », dans un village, les buildings paraissant ici futuristes. Le contraste est assez saisissant. Ce qui me fait dire que je devrais adorer Boston, Philly…
Tout près, on tombe sur une boutique spécialisée en plaques d’immatriculations vintage. Très tentant, mais un poil trop cher pour mon porte-monnaie (absolument rien à voir avec les tarifs que l’on peut trouver dans l’Ouest).

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Cache-misère pendant travaux, plutôt réussi n’est-ce pas ?

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Nous arrivons à destination : South Street Seaport, toujours en pleine reconstruction car Sandy a fait énormément de dégâts. Un quartier coup de cœur pour moi, vaste, aéré, reposant et proposant des vues sublimes sur Brooklyn Heights. Sous le charme je suis. Le ciel orageux ajoute une bonne dose dramatique à l’ambiance marine.
Ici, je me sens vraiment bien.

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Que de câbles !

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Jeunes cadres dynamiques en pause déjeuner…

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Far from the madding crowd…

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On se rapproche tout doucement justement de cette foule déchainée et repassons dans le Financial District. Point de photo du Charging Bull de Wall Street… il faut dire à ma décharge que la bête est assaillie par une touriste prépubère trop heureuse de faire des selfies en tripotant les parties les plus intimes du bovidé (ah non, pardon madame, je vous voyais nettement plus jeune de loin). Je vous avoue que, l’espace d’un instant, j’espère ardemment que le taureau prenne vie et charge pour de bon. La prochaine fois, je viendrai ici à 5 heures du matin !

Je perds Gizmo de vue quelques instants, je croise un groupe de quatre policiers et j’en profite pour leur demander non pas de retrouver mon mogwaï mais de les prendre en photos. Trois disent oui immédiatement et le quatrième, le plus âgé, me répond, « oui, mais à condition que vous soyez sur la photo ». Il s’interroge tout de même sur le fait que je sois seule. Je lui réponds que mon conjoint est quelque part par là à filmer le taureau et l’agent me dit alors de retrouver d’abord mon mari puis de revenir avec lui pour la photo. Ces gars ont un sens hyper aigu du service, des perfectionnistes ! Je m’exécute, reviens avec Gizmo et on fait une séance photos hyper rigolote avec Alexander, Pelant, Liu et Mc Carthy. La classe !

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On continue, toujours à pied, jusqu’à Tribeca. Mais avant, on s’arrête chez Shackshack pour manger un bout, un excellent ‘Smokeburger’ et un bon dessert au chocolat, le tout chaudement conseillé par Selena (de Sunset Bld) qui n’a eu de cesse de me venter les mérites de cette chaîne avant mon départ. Donc acte ! Pas déçue du tout. Gizmo reste plus circonspect, mais Gizmo et les fast food, ce n’est clairement pas une grande histoire d’amour et en prime il n’aime pas trop les burgers, ce qui n’aide pas des masses.

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De loin, on croit vraiment à un amas de sacs poubelles, et même de près, ce bronze reste assez troublant.

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Durant tout notre séjour, on a pu voir absolument partout dans les rues et les métros des affiches pour The Blacklist, série qu’en 2022 nous n’avons toujours pas vue, je ne sais pas ce que ça vaut ? Si vous avez des avis, n’hésitez pas. On a vu aussi pas mal d’affiches du film A Walk Among the Tombstones de Scott Frank et avec Liam Neeson, mais j’y reviendrai plus tard…

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Objectivement, nous n’avons pas grand-chose à faire ni à voir à Tribeca, si ce n’est peut-être jeter un œil amusé sur la caserne du film Ghostbusters (1984). Who ya gonna call ? Firehouse, Hook & Ladder Company 8.

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On quitte Tribeca un peu sur les rotules et après une courte pause à côté du ‘garbage teddy bear’ (aucune idée de sa véritable identité), on se décide quand même à prendre le métro.
On rejoint le secteur de Madison Square Garden où on ne fait que passer.

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Nous avions plus ou moins envisagé de monter au sommet de l’Empire State Building en fin de journée, mais la météo peu clémente nous fait une nouvelle fois repousser la visite. On change donc notre planning, direction Bryant Park.

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Comme vous vous en doutez, j’ai beaucoup aimé les lieux, et je reste émerveillée par les activités variées en libre accès dans un si petit parc, qui se résume finalement à une fontaine, un petit peu verdure et quelques chaises : lecture avec tables réservées s’il vous plaît, pétanque (!), ping-pong et chevaux de bois.

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Evidemment, l’architecture autour du parc ne gâche rien.

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Le soleil descend tout doucement et nous gratifie d’une lumière un peu extra-terrestre et d’un ciel couleur barbe à papa. Tout près un saxophoniste accompagne ce gracieux instant de détente.

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On n’a pas vraiment vu l’heure passer et, après avoir vérifié les horaires, on se précipite à la NY Public Library, juste à côté du parc, avant l’heure fatidique de l’extinction des feux. Une « banale » petite bibliothèque municipale de quartier :D … et encore on n’a pas vu grand-chose car les portes étaient sur le point de fermer. Quel endroit magique ! :love:

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J’en profite pour acheter quelques petits souvenirs à la boutique pour une amie qui, je le sais, aimerait vivre ici.

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En sortant on repasse à la boutique HBO aperçue quelques jours plus tôt. On tombe sur un vendeur hyper sympa avec qui on discutera longuement de la série Deadwood... qu'il n'a toujours pas vue :D et dans une moindre mesure Game of Thrones. On repart chacun avec un tee-shirt GoT, ‘Winter is coming’ pour Gizmo, ‘Targaryen’ pour moi (parce que je suis un peu folle et que j’aime bien les dragons).

La nuit n’est pas encore là, mais approche lentement, on jette notre dévolu sur Columbus Circle mais on ne reste pas longtemps, car la pluie arrive. Comme la place est plutôt jolie, j’essaye de poser l’appareil sur ce que je trouve pour prendre quelques photos. Pas facile. :roll:

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On se met à l’abri dans un centre commercial, tellement aseptisé qu’il en devient fantomatique, voire flippant. Je me crois dans Dawn of the Dead de Romero. Bon, au moins on est à l’abri… si ce n’est que tout est fermé, impossible d’acheter un truc à boire et qu’en prime trouver un banc se révèle particulièrement laborieux. On ne restera donc que le temps de photographier la place de manière conceptuelle pour immortaliser cet instant d’ennui profond et de fatigue intense (ça se voit que j’adore les centre commerciaux ?).

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Bon... c’est bien de marcher tout le temps, mais à la fin de la journée, tu es tellement crevé que d’une part tu ne peux plus mettre un pied devant l’autre et d’autre part tu n’as même plus deux neurones pour se connecter correctement.
On met les voiles, on tombe sur un stand salvateur pour se ravitailler en eau ce qui nous permet de continuer…

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A l’approche de Grand Central Station, j’entends mon instrument de musique préféré :luv , ça sera ma dernière photo du jour. (oui, c'est sûr, je vais adorer Boston.)

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On regagne nos pénates en métro, non sans mal (on est clairement cramé), courses à la superette. Toujours autant d’émoi devant les tournesols de Clarissa Vaughan. Soirée reposante à l’appart avec contrôle météorologique du lendemain (qui ne s’annonce pas très fameux) et discussion sur le programme. Demain, qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il neige… on traverse le Brooklyn Bridge ! On prévoit aussi de pousser la balade jusqu’au célèbre cimetière dont nous avait parler la touriste du Middle West lors de notre visite de Coney Island.

Pour accompagner cette journée multiculturelle passée dans le sud de Manhattan quoi de mieux que la chanson Chaiyya Chaiyya du film de Bollywood Dil Se (1998), utilisée en 2006 par Terence Blanchard (oui, encore lui !) et Spike Lee en ouverture du film Inside Man… un vrai film popcorn (selon ma définition très perso), du divertissement pur et de luxe, enlevé, prenant et particulièrement ludique racontant le braquage d’une banque du Financial District. Yeah !... :disney :D

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Re: Avant-hier, à New York

Message par zaius » 27 juin 2022, 20:04

Journée VII

Encore une journée de grisaille. Le bon côté des choses, c’est qu’on ne souffre pas trop de la chaleur ni de la moiteur estivale new yorkaise. Le mauvais côté, c’est que j’en ai un peu marre de voir des ciels blancs sans relief. Mais j’ai décidé de faire avec et, plutôt que de voir des ciels blancs, je verrai des cieux blancs, autrement plus motivant.

Si vous avez suivi l’épisode précédent, vous savez déjà où l’on va aujourd’hui, direction Brooklyn via le pont éponyme.

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Ne me demandez pas pourquoi j’ai fait ça (ni pourquoi je vous le raconte)… Je vois vu au loin (mais vraiment de très très loin) de courageux hommes de chantier suspendus au-dessus du vide. Je les photographie en zoomant et ils me voient ! Le plus drôle c’est qu’en prenant la photo, ils étaient tellement loin, que je n’avais même pas fait attention à leur salut et je ne m’en suis rendue compte qu’en visionnant ma photo sur mon PC.

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Je peux vous dire qu’à scruter le paysage urbain et à photographier n’importe quoi, la traversée du pont a été lente (je n’ai pas dit longue). 1 h 30, soit à vue de nez 3 fois plus que le temps préconisé, j’ignore si j’ai battu un record homologable ?

Des croix VS Ichabod Crane… je mise tout sur Ichabod (cela dit, je n’ai jamais vu cette série, j’aime trop le film de Burton pour cela).

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Vous êtes pressés ? Ou bien peut-être avez-vous un peu de temps devant vous ? Je me dis que de de toute façon, des photos du Brooklyn Bridge, vous en avez toutes et tous vues des centaines de milliers, jusqu’à en faire une overdose, et elles se ressemblent toutes.


Lombric's style...

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Donc vous êtes prévenus, allez vous faire un café ou bien revenez après la traversée. Moi je continue dans mon délire Targaryen…

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Two of a kind…

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Z’inquiétez pas les zamis, j’en ai encore plein les tiroirs du PC, TT et cieux blancs Compris.

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I love Blue...
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C’est fini pour la traversée. Si vous êtes partis, vous pouvez revenir… ou pas… :disney


Première photo à Dumbo en descendant du pont, en bonne fan folle-furieuse de Leone et de Morricone (car l’un de ne va pas sans l’autre et vice-versa)…

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L’original de la chose :

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Et puis celle-ci aussi. Parce-que. Et c’est la meilleure des raisons.

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Maintenant, l’idée est de se poser à Pebble Beach, entre les deux ponts précisément, et de profiter de la vue. Comme la météo est pas mal pourrie, il n’y a quasiment personne. C’est bien la météo pourrie.

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C’est bien le même gars que sur la photo précédente. J’avais aussi une photo sans lui, mais ça fait plus vrai avec (bin quoi ?!... ).

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Ce manège est quand même idéalement placé, j’espère qu’ils ne l’ont pas déménagé depuis.

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Malgré la météo, le coin est vraiment fabuleux…

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Croyez-le ou non, mais sur ce carnet je me lâche, alors autant le faire correctement et autrement car le prisme du miroir déformant d’une fête foraine. J’ai beau avoir de l’affection pour Blue, je préfère Joy.

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On se rapproche lentement du Brooklyn Bridge Lookout, une immense esplanade superbement aménagée. L’appellation me laisse perplexe car jusqu’ici on ne peut pas vraiment dire qu’on n’ait pas eu droit à des points de vue « waouh ! ». Mais pas de soucis, je prends tous les lookouts de la terre newyorkaise, no problemo. Les lieux sont même plutôt bucoliques.

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J’ai trouvé un nouveau jeu…

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Il n’est pas loin de 13 h 00 et les restaurants alentours m’ont donné faim, mais on va attendre de rentrer un peu plus dans Brooklyn pour déjeuner. En attendant, on en profite jusqu’à la dernière miette, car la nourriture spirituelle, à défaut de l’alimenter, ça nourrit quand même un Homme.

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Je vous laisse pour aujourd’hui sur cette dernière photo de Brooklyn et je reviens demain pour la suite de cette journée, sous la pluie, au cœur d’un cimetière gothique…

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To be continued…
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Re: Avant-hier, à New York

Message par zaius » 29 juin 2022, 18:44

Bonsoir,

La suite de la journée est prête, j'ai juste été retardé, je vous poste ça demain après-midi.
Sweet dreams ! (are made of this).

8)
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Re: Avant-hier, à New York

Message par zaius » 30 juin 2022, 14:28

Journée VII (la suite)

On a fait assez peu de restaurants à NY, dans tous les cas, nettement moins que dans l’ouest. On s’est globalement mal nourris mais ce genre de parenthèses alimentaires font du bien. J’assume la junk food à 250 %, mais pas n’importe laquelle. J’adore les burgers et assimilés et au quotidien en France je n’en mange que rarement car c’est difficile d’en trouver de vraiment bons. Aux USA, c’est tout de même, de fait, nettement plus facile.

En nous dirigeant vers une station de métro, des trombes d’eau s'abattent violement sur nous, mais au même instant on aperçoit un restaurant, Clark's ( dont j’ai dû poster un avis quelque part sur le forum il y a quelques années). Ce repas salvateur nous permet de nous mettre à l’abri en attendant que la pluie se calme… un peu… Le ‘Philly cheesesteak’ est yummy et le ‘Monte Cristo’ (sorte de croque-monsieur de dinde et fromage) est apprécié par Gizmo qui trouve malgré tout sa portion trop importante (Mais Gizmo est un petit joueur quand il s’agit de nourriture. :disney ).
Un jour JC (le JC de Sunset, pas Jésus...) m'a dit qu'on photographiait ce qu'on aimait. C'est pas faux. :D

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Après déjeuner, on reprend le métro jusqu’à Green-Wood. A bien y réfléchir, visiter un cimetière sous la pluie, c’est cohérent. Il se trouve que j’ai toujours détesté les cimetières mais, allez savoir pourquoi, où que j’aille en voyage, je finis toujours quoi qu'il arrive par pénétrer dans un cimetière et, le plus drôle, c'est que je le fais à chaque fois de ma propre initiative. Je suis pétrie de paradoxes, mais qui ne l’est pas ?

Le cimetière de Green-Wood, ouvert en 1838, est tout de même très particulier car il s’agit d’un site historique classé (depuis 2006) et géré par National Park Service. Son entrée néo-gothique, de toute beauté, évoque la mort et la résurrection.

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Bâti sur des collines, sur 2 km2, c’est le plus haut point de Brooklyn, les lieux vallonnés sont agréables et la végétation y est luxuriante. On y trouve également plusieurs étangs et on pourrait même y croiser des animaux en liberté mais nous n’en avons vu aucun pour notre part (les animaux se cachent quand il pleut). Certains new yorkais s’y rendent juste pour leur promenade hebdomadaire, il faut dire que si l’on met par exemple Central Park en perspective, c’est clairement un autre monde. Ce cimetière abrite 600 000 tombes mais également des monuments dont un mémorial de la guerre de Sécession.
Cette visite n’était pas prévue jusqu’à qu’on discute avec la touriste américaine à Coney Island, on y a erré un peu au hasard après avoir récupéré un petit plan schématique à l’entrée.

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Une vue sur Manhattan dont on n’a pas l’habitude…

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Depuis que j’ai vu Dr Who, je reste toujours un peu méfiante face à ces Weeping Angels et je les trouverais presque effrayants (bon, pour rappel, ils ont quand même pris Manhattan ces saligauds !)

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Sur Battle Hill se dresse un bronze de la déesse romaine Miverve, symbole de connaissance et de sagesse.

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Je passe en mode 'Mr Cyclopède'… ( NDLR : Si vous êtes né il y a peu, il s’agit d’une sorte de Wikipedia télévisuel iconoclaste des années 80 où on a, entre autres choses, euthanasié un kamikaze et insonorisé une andalouse.)
Minerve, sculptée par Frederick Wellington Ruckstull et dévoilée au public le 27 août 1920, fait face à la Statue de la Liberté. Je ne me suis pas mise à sa hauteur précisément pour vérifier, mais le ciel était de toute façon trop couvert (voir ici par exemple https://gwc-14060.kxcdn.com/wp-content/ ... vaback.jpg. Cette vue est à mon sens, et par temps clair, un must-see à NYC.

Voici une photo prise depuis la colline, non loin de Minerve, pour vous donner une idée des vues que l’on peut avoir depuis Battle Hill.

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On doit cette Minerve à Charles Higgins, instigateur du projet, qui considérait la bataille de Brooklyn (27 août 1776) comme un évènement majeur de la guerre d'indépendance américaine. Il s’agit de la première bataille après la signature de la déclaration d'indépendance, et elle fut remportée par les Britanniques. Toutefois, au beau milieu de la nuit, le général George Washington et ses troupes ont traversé l'East River jusqu'à Manhattan, échappant ainsi à la capture et donc avec la certitude de pouvoir continuer à se battre dans les jours à venir. Higgins, qui avait acheté des parcelles à Green-Wood afin d’y faire construire un mausolée familial, a finalement décidé d’y commémorer cette bataille historique et honorer les soldats morts sur cette colline.

Autre genre, autre histoire… Pour finir cette promenade sous la pluie, passage obligé sur la tombe de Leonard Bernstein (compositeur de West Side Story notamment). On ne pouvait décemment pas ne pas aller le saluer.

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Bernstein en 1955 (Library of Congress|Wikimedia)

A travers le temps, toutes ces visites de cimetières m’ont appris au moins une chose, c’est que je n’ai absolument rien contre les cimetières, j’ai juste un problème avec une certaine vision du cimetière.

Je vous parlais plus haut d’un film avec Liam Neeson. Ce n’est qu’à notre retour de voyage, en découvrant A Walk Among the Tombstones, dont on avait vu des affiches partout dans les rames de métro, qu’on réalisera que le film avait été tourné à Green-Wood. L’affiche le disait clairement mais ne connaissant pas les lieux, nous n’avions pas tilté.

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Après cette visite, nous sommes trempés, voire dégoulinants, et un poil frigorifiés. Comme on a envie (ou besoin, c'est au choix) de nous réchauffer on entre dans un Dunkin’ Donuts tout près pour prendre juste une boisson chaude. J’en ressors donc très logiquement avec un milkshake menthe chocolat géant. Je n’ai rien à dire pour ma défense, je suis juste irrécupérable.
Joli mural dans le quartier, comme ça en passant.

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On reprend le métro pour Brooklyn Heights. Nous venons de passer une très large partie de l’après-midi à Green-Wood et le temps s’est écoulé... La lumière du jour s’éteint tout doucement.

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La dernière séance… C’est toujours triste un cinéma qui ferme…

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On rejoint le ‘lookout’ alors que la nuit s’installe. On reste ici, et on admire. N’ayant jamais tenté de faire ami-ami avec mon appareil, l’opération photographique est compliquée. Mais ce n’est pas grave, le spectacle est sublime et je profite, c’est tout ce qui compte. Je peux vous dire que les balustrades tremblent un maximum. On ne s’en rend pas compte quand on se vautre misérablement dessus, mais quand on y pose un appareil photo, mazette, ça vibre et ça ne fait pas semblant ! Tout ça pour vous dire que oui, mes photos sont floues, à différents degrés. Mais si depuis le début de ce carnet je n’avais dû vous montrer que mes photos réussies, je n’aurais posté que du texte. Mon but ultime à plus ou moins long terme serait quand même de partir en voyage sans appareil photos… juste avec un carnet d’écriture et un stylo. En aurais-je un jour le courage ?

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On finit par quitter les lieux, à regret, ce paysage urbain est hypnotique, ensorcelant…
On tombe sur un garage pas comme les autres, ces voitures ont bercé mon enfance télévisuelle (car je ne regardais pas que Pierre Desproges, mais aussi beaucoup de séries américaines, ce qui n’est pas aussi incompatible qu’il n’y paraît de prime abord).

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Reprenons désormais le plus emblématique des ponts, mais cette fois dans l’autre sens.
Je vous disais ci-dessus que ça tanguait sur les barrières, et bien là, c’était pire.

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Et l’ultime photo de la journée…

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Brooklyn et son pont, je les aime d’amour mais je ne suis vraiment pas certaine de leur avoir rendu justice, j’aurais essayé. Une chose est certaine, ils mériteraient plus de mots, en l’état, j’ai été un peu radin.

Pour accompagner cette journée bénie, une chanson qui est à l’errance citadine ce qu’un phare est pour les marins perdus dans la tempête…

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Re: Avant-hier, à New York

Message par stanofpersia » 30 juin 2022, 15:28

Quelle jolies journées. Je suis très déçu de ne découvrir que maintenant ce fabuleux cimetière. LA prochaine fois il sera sur ma liste. Un immense merci pour ce joli cadeau.

J'ai l'explication sur ton mural We own the future. Il a été réalisée par Shepard Fairey, l'auteur de l'affiche d'Obama YES WE CAN et de la Marianne dans le bureau de l'Elysée depuis quelques années ainsi que la marque de fringues Obey. C'est donc très logiquement aussi lui l'auteur du mural à Chicago. Plus d'infos ici.

https://www.huffpost.com/entry/shepard- ... p_ref=arts


Tes photos ne sont aucunement ratées, c'est toi qui les vois comme telles. La réponse n'est pas dans l'appareil mais bien en toi. :wink:
A méditer.

Le saxophoniste, les feux d'artifice, les comédiens à Coney Island, je viens de comprendre. Tu es dans la suite du Truman Show, the ZAIUS Show.
Carnet 10 jours LA - San Fran 2009 : http://www.sunsetbld.com/forum/topic10462.html
Carnet 10 Jours - Ouest Américain 2011 : http://www.sunsetbld.com/forum/topic3885.html
Carnet 6 jours LA - Death Valley 2014 : http://www.sunsetbld.com/forum/topic8970.html
Carnet 15 jours - Est Américain 2022 : viewtopic.php?t=13370
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Re: Avant-hier, à New York

Message par vero60 » 01 juil. 2022, 15:08

C'est vrai que ce cimetière est très chouette.
Je l'ai découvert cette année.
2013 http://www.sunsetbld.com/forum/topic6978.html

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zaius
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Re: Avant-hier, à New York

Message par zaius » 03 juil. 2022, 17:01

Journée VIII

Depuis le début du séjour, on se lève assez tôt le matin, aux alentours de 6 h 30, et par effet boule de neige on entame les visites tous les jours vers 8 h 00. Ensuite, on marche… beaucoup, jusqu’à la nuit ! La fatigue commence donc à se faire un peu sentir. Ce matin, il fait beau, on décide d’errer tranquillement à Central Park, au hasard, sans trop savoir quoi voir, combien de temps nous y resterons, ni ce qu’on fera après. Notre seul impératif de la journée est d’être à 20 h 00 pétantes au Studio 54 car nous avons rendez-vous avec Bob Fosse, Sam Mendes, Alan Cumming et Michelle Williams (je trépigne d’impatience). Donc, aujourd’hui, ne présageons pas de nos forces, allons-y (alonzo !) calmement.

On pénètre très logiquement dans le parc par le secteur le plus proche de notre hôtel, à savoir le Nord.
A ces heures matinales, le parc est paisible et frais et comme cette zone est plus sauvage, on profite simplement de la balade à un rythme défiant toute concurrence en termes de lenteur. On s’oxygène au cœur de toute cette verdure bienveillante, la vie newyorkaise trépidante nous semble à des années-lumière. Ce n’est clairement pas le coin à visiter si vous voulez du mouvement, mais New York est crevante et bon sang que ça fait du bien.

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Tipiti, c’est toi ? (si vous avez fréquenté les classes primaires au début des années 80, vous le connaissez je pense… et j’en profite pour lancer un appel qui n’a rien à voir avec le schmilblick, si vous avez un bon plan pour trouver ce bouquin à un prix décent - inférieur à 80 € et à fortiori à moins de 390 € - je suis preneuse, merci)

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D’ici, les bâtisses newyorkaises ressemblent toutes à des châteaux de contes de fées, et l’environnement naturel est en adéquation… comme un petit air de la série The 10th Kingdom. Je suis dans mon environnement.

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Message perso pour deux amis qui lisent mon carnet : « coin-coin ! »

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Difficile d’imaginer qu’à deux pas d’ici, sur Columbus Avenue, Manhattan grouille et s’active…

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Et un selfie qui roule ma poule !

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L’infime détail qui nous rappelle qu’il y a des voitures tout près, malgré tout…

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Je ne me lasserai jamais du mélange des genres architecturaux.
Et ce parc est une merveille.

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Je passe pas mal de temps autour du lac qui ne veut pas me laisser partir. Je perds Gizmo de vue quelques longues minutes. J’évite d’aller trop en avant pour le chercher par peur de le perdre définitivement dans cette immensité. Alors je scrute l’horizon et je l’aperçois en train de caresser un énorme chien qui de loin ressemble à un ours polaire tellement il est gros ! (ok, j’exagère un peu, mais le chien est trop beau). Je m’approche et j’entends parler français. Gizmo a rencontré un expat’ et papote avec lui depuis tout à l’heure. Au moment où j’arrive à leur hauteur, le gars est en train de lui dire que ça ne sert à rien de monter au sommet de l’ESB car c’est trop haut ! A cette seconde, à l’intérieur de ma tête un petit bonhomme accompagné d’un singe se met à jouer de l’orgue de Barbarie façon Homer Simpson… « gné ?! » Je fais comme si je n’avais pas entendu, on continue à bavarder puis le gars reprend son footing avec son chien tandis que nous nous rapprochons tout doucement du centre du parc.

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Le Belvedere Castle marque à mon sens une frontière à l’intérieur du parc. Ce superbe et féérique monument néo-gothique sépare certes les secteurs Nord et Sud, mais il trace également une sorte de ligne de démarcation entre la nature farouche et le monde des arts. La rupture de ton est frappante. Quand on arrive au château, il se passe quelque chose, c’est palpable. Le château est une parenthèse bucolique et poétique où le sauvage a cessé d’être, avant l’effervescence et le bouillonnement artistique du Sud du parc. Passé le château, vous ne pouvez pas faire un pas sans croiser le chemin d’un musicien, d’un peintre, d’un chanteur, d’un lecteur, d’un marionnettiste, d’un conteur ou d’un faiseur des bulles géantes de savon couleur arc-en-ciel. Central Park a deux visages bien distincts, deux univers et l’on passe de l’un à l’autre en traversant un château de conte de fées. Cette idée me plaît.

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Point de crapauds, mais des tortues.

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Shakespeare et N.Y. c’est une grande histoire d’amour, il est partout.
Roméo & Juliette (cet avis n’engage que moi, mais en termes de love story, ça ne se pose pas trop là)

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Prospero et Miranda (La Tempête) qui me sembleraient plus appropriés aux lieux par leur symbolique, à savoir la maitrise, par la magie issue de livres, des esprits et des éléments naturels de la Terre. Prospero a vraiment sa place en ces lieux.

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Un château que j’aimerais beaucoup découvrir à l’automne, puis en hiver.

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Suis-je encore à N.Y. ? Au sommet du château, ce n’est pas sûr du tout.

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A ses pieds, oui, c’est certain. On discutera avec eux un petit moment et on achètera leur CD.

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A la boutique du château j’achète un souvenir pour belle-maman, des sachets de graines de fleurs de Central Park à planter (elle a adoré et était folle de joie, d’autant plus quand les fleurs champêtres sont apparues au printemps suivant). Et pour moi… un superbe marque-page… what else ?

On continue la promenade culturelle jusqu’à la fontaine de Bethesda où tous les genres musicaux se croisent. C’est ici, devant la fontaine, que vous verrez tous les touristes.

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La fontaine, en elle-même, est à voir mais le plus intéressant est ce qui se passe précisément à côté.

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Déconnecté en mode ukulélé, ce gars m’a amusée.

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Le superbe Bow Bridge, encore un que je rêve de voir à l’automne.

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Mine de rien, on se rapproche de Strawberry Fields…

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Là je vous avoue que je n’ai pas osé car je ne comprends qu’une blague sur deux ou trois en anglais… C’eut été malhonnête envers ce conteur-humoriste…

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What if…

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Je me pose encore aujourd’hui une question existentielle, d’où vient toute cette énergie créatrice et ce sens du partage ? L’ADN des newyorkais est-il si différent ?

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Croyez-le ou non, mais photo de mariage, again !

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C’est le moment de sortir du parc, mais on reviendra avant la fin du séjour, c’est certain…
The Dakota, demeure de Leonard Bernstein, Judy Garland, Boris Karloff, Lauren Bacall, John Lennon jusqu’au fatidique 8 décembre 1980. Un lieu un peu hanté…

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Voilà maintenant un peu plus de 6 heures que l’on marche et curieusement, nous n’avons pas faim au point de prendre un déjeuner complet. Levain Bakery, que tout le monde m’a survendu, a une boutique tout proche, sur la 74th. Donc c’est parti pour une pause gourmande !
Bilan : on ne m’a pas menti sur la taille, c’est certain. Niveau goût, c’est bon, mais je n’ai pas eu l’expérience extatique décrite par de nombreux touristes.

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Là, raisonnables, on décide de rentrer à l’hôtel pour nos poser car on se doit d’être en forme pour Cabaret.
Trois heures plus tard, après une pause bien méritée, nous voici devant le Carnegie Hall, un bâtiment tout en briques brunes, relativement étonnant. De prime abord ses lignes extérieures me mettraient plutôt mal à l’aise (je pense que c’est dû à sa façade entièrement murée et sans fenêtres sur un côté, et cet escalier extérieur qui semble aller nulle part, hyper angoissant), mais j’adorerais y assister à un concert.

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Tout près, on tombe sur une boutique… de décos de Noël ! Inévitablement, je pousse la porte de ce minuscule magasin, The Christmas Cottage, joyeusement fourni de petites choses plus ou moins vintage. Rien à voir avec la boutique de Mulberry Street. Je repartirai avec un superbe calendrier de l’Avent perpétuel à l’esthétique victorien. So classic !

Pour la petite histoire, le hasard a voulu qu’après avoir cherché durant des années, à prix abordable et sans frais de port exorbitants, les deux colombes de l’amitié du film Home Alone II (que Kevin offre à la Pigeon Lady), je finisse par les trouver dans cette même boutique… il y a tout juste 6 mois, en décembre 2021 ! J’étais bien heureuse que ce soit ici et nulle part ailleurs. Ce petit magasin reste assez unique en son genre. Il aurait fermé ses portes durant la pandémie pour ne proposer désormais que la boutique en ligne. Info à vérifier, je n’en suis pas certaine.


Mais il est l’heure désormais de nous rapprocher du mythique Studio 54.

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Assister à un show sur Broadway était pour nous une évidence. A aucun moment on ne s’était posé la question de savoir si on allait le faire ou pas, la question était « quoi aller voir ? ». Aucun à priori sur la question, on est ouvert à absolument tout. Quelques mois avant le départ on s’était laissé tenter par En attendant Godot afin de voir deux monstres sacrés de la scène théâtrale, Ian McKellen, et Patrick Stewart (le rêve !)… jusqu’à qu’on se rende compte que la pièce ne serait plus en représentation à nos dates. Le musical Wicked nous faisait de l’œil… mais un matin, Gizmo me dit « je crois avoir lu qu’en septembre débute Cabaret, faut vérifier ». Etant tous les deux passionnés par Bob Fosse, on va chercher des infos sur le web… et là… que voit-on ? Avec Michelle Williams ! et Alan Cumming !! sur une mise en scène de Sam Mendes !!! au Studio 54 !!!! N’en jetez plus, c’est où qu’on clique pour acheter des places ? Et puis quitte à vivre une expérience de cette envergure, autant le faire correctement. 10 minutes plus tard, on avait deux places devant la scène sur une petite banquette « privée ». C’est peu dire qu’on l’attendait ce moment…

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J’adore ! :D

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Comme nous avons un peu d’avance et que nous n’avons rien avalé depuis le breakfast, mis à part le cookie, on se commande un plateau de fromages et charcuterie fine qui se révèle plutôt sympa.
L’immersion est totale car le Studio 54 a été transformé en Kit Kat Club et le personnel costumé pour l’occasion. On ne sait plus vraiment où on est, ni quand.

Le film Cabaret de Bob Fosse, réalisé en 1972, est inspiré de la comédie musicale Cabaret de John Kander et Fred Ebb, elle-même adaptée du roman Goodbye to Berlin de l’écrivain britannique Christopher Isherwood, publié en 1939.
L’histoire, qui se déroule donc dans le Berlin des années 30, suit les aventures amoureuses de Sally, chanteuse au cabaret Kit Kat Club et de Brian, un étudiant anglais. Le club est rapidement secoué par la montée du nazisme… Plaidoyer pour la liberté sexuelle, bijou de drôlerie et de noirceur, récit tranchant sans complaisance… le film de Fosse est baroque, étincelant et provoquant.

Le show de Broadway de Mendes se révèle-t-il à la hauteur de nos espérances les plus folles ? Oui, et il les dépasse même à un point que je ne pouvais décemment imaginer. Brillantissime à tous les niveaux, j’ai été pas mal secouée durant toute la représentation et complètement soufflée par le jeu de Alan Cumming, au cinéma ce gars est talentueux c’est certain, mais il est encore autrement plus passionnant sur scène.
Pour vous faire une idée de la chose :


Une sacrée expérience dont on ressort complètement sonné 3 heures plus tard. Wouep, on a bien choisi ! Maintenant, on peut aller dormir sur nos deux oreilles et faire de doux rêves…

Demain matin, visite de Shutter Island Roosevelt Island et comme c’est le 11 septembre, Tribute in Light.


Pour accompagner cette journée, non pas Cabaret, c’eut été téléphoné, mais Paul McCartney (accessoirement ma chanson préférée de Paul)…

"Aux USA, on se lève toujours de bonheur" (Un sunsetteur averti)
"Los Angeles : vous y venez en vacances, vous en repartez en liberté conditionnelle." (James Ellroy)
"The moon belongs to everyone, the best things in life are free."

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Re: Avant-hier, à New York

Message par zaius » 09 juil. 2022, 18:11

Journée IX

Nous sommes le 11 septembre 2014. Je lis rapidement mes emails.
Selena m’a envoyé diverses infos et liens concernant les hommages de la matinée. Je sais que certains quartiers sont plus ou moins bouclés mais de toute façon, on laisse cet aspect commémoratif aux Newyorkais…. Pas qu’on ne se sente pas concernés, mais au-delà du fait que je pense avoir eu ma dose niveau émotions douloureuses, je ne suis pas certaine qu’on y ait vraiment notre place. Parfois, une mise en retrait s’impose, pas respect.

Pour changer, le temps est maussade et il pleut plus ou moins. On décide de s’isoler d’une certaine façon de Manhattan et on prend le téléphérique menant à Roosevelt Island. Si on en croit la description que j’en ai fait à Stan dans son carnet, c’est vrai qu’on pourrait facilement confondre avec Shutter Island.

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Un phare guidant les marins égarés de l’East River - surnommée dans cette zone « Hells Gates » (tout un programme…), un hôpital pour les malades de la variole, un laboratoire de recherches bactériologiques, un asile psychiatrique… l’île a même servi de pénitencier jusqu’en 1935. So exotic ! Qui ne serait pas hyper enthousiaste à l’idée de visiter un tel site ?

Eh… let’s go !

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D’emblée, rien que le trajet en téléphérique vaut le détour. Et contrairement au sommet de l’ESB, ce n’est pas trop haut (humour), on voit ce qui se passe plus bas ! Sinon, vous pouvez aussi y aller en métro, mais c’est tout de suite moins fun.
Les vues sur le Queensboro Bridge sont saisissantes et donnent furieusement envie de chanter du Simon & Garfunkel. Oui, le célèbre pont de la 59th St, c’est bien lui. Si de prime abord l’ambiance industrielle semble assez ingrate, de là-haut, la vie ralentit, c’est vrai, et on sent bien le « Groovy ».


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Et puis moi j’aime bien voir les rues en version modèles réduits, on a l’impression de survoler et de s’éloigner de la folie ambiante. Et comme dirait Michel Delpech, « la Terre est un paradis vue d'avion » de téléphérique.

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Sitôt les pieds posés sur le sol de l’île, il est vrai que l’on ressent une atmosphère un peu étrange, très différente de celle de Manhattan ! Première chose, il n’y a quasiment personne. C’est encore tôt, il pleuvasse, les 10 000 habitants de l’île sont probablement au boulot et nous sommes le 11/09. Le coin n’attire pas non plus des masses de touristes. On sera d’ailleurs presque seuls au monde toute la matinée.
Amis de la quiétude en milieu citadin, Roosevelt Island est faite pour vous.

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Premiers habitants de l’île rencontrés :

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On prend une navette gratuite, dix minutes de trajet tout au plus, afin de se rapprocher du phare (il n’est plus en activités depuis les années 70), puis on finit à pied. En chemin, on croise cet intrigant bâtiment octogonal. Il s’agit de l’Octagon Tower, un ancien asile psychiatrique où les malades étaient maltraités (bin oui, sinon c’est pas marrant). En 1887 une journaliste, Nellie Bly, s’y est fait internée durant 10 jours afin de dénoncer les pratiques des « soignants ». De son enquête naîtra le livre Ten Days in a Mad-House. Après sa fermeture, l’asile a été transformé en hôpital pour tuberculeux, puis en école d’infirmières et a été abandonné durant une cinquantaine d’années avant d’être réhabilité en 2006 et transformé en résidence haut de gamme. Je ne sais pas pour vous, mais perso j’y réfléchirais quand même à deux fois avant de louer un appartement ici, c’est un peu comme ceux qui construisent leur maison sur un ancien cimetière indien ou pour animaux de compagnie… ça n’amène que des tragédies ou des trucs chelou !

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Mais voici à l’horizon le phare du bout du monde…
Les phares, je les aime, je les adore, je les vénère…

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L’idée est ensuite de faire le tour complet de Roosevelt Island. On se dirige donc désormais, sans reprendre le bus, vers l’extrême sud de l’île. Dans l’immédiat, retour au point de départ en longeant l’East River et en profitant des superbes vues sur l’Est de Manhattan. Par chance, depuis notre arrivée au phare, la pluie a cessé. J’en profite aussi pour photographier les oiseaux, ils sont sympas, ils prennent la pause, je prends une pelleté de clichés de volatiles (rassurez-vous, je ne vous les mettrai pas tous).

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Mon toit newyorkais préféré… on le voit à peine.

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Back au Queensboro Bridge, n’est-il pas fabuleux ?

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On continue, toujours à pied, en direction du sud.

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Monolithe de 2001 en version géante


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Le plus beau d’entre tous apparaît enfin, my Chrysler Building chéri (n’insistez pas, il est à moi).

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L’ONU et, caché en arrière-plan, le One World…

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On entre dans le Southpoint Park, la balade se révèle grandiose.

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And now, for something completely different… le Smallpox Hospital !
Ouvert en 1856, l’hôpital était réservé aux malades qu’on voulait isoler de Manhattan, atteints de diverses épidémies dont celle de la variole (d’où ce nom si « gracieux »). Regrouper sur une même île minuscule « les tarés et les lépreux », autrement dit la lie de l’humanité, c’était une super idée, il devait y avoir une ambiance détonante et méga festive ici à la fin du 19ème siècle et début 20ème. Pour un marin égaré, c’étaient les portes de l’enfer pour de bon, les gars devaient être morts de trouille à la simple idée de devoir débarquer ici au beau milieu de la nuit ! Quant au personnel qui travaillait sur l’île, je ne suis pas certaine que les newyorkais se mettaient à leur fenêtre à 20 h 00 pétantes tous les soirs pour leur faire la fête avec leur batterie de cuisine. Mais que les ronchons se rassurent, z’avez raison, c’était vachement mieux avant…

Le bâtiment néo-gothique était en cours de restauration en 2014 et doit ouvrir ses portes au public une fois les travaux terminés. J’ignore totalement où ils en sont aujourd’hui.

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On pénètre maintenant dans le Four Freedom Park, ouvert juste deux ans plus tôt.
Les quatre libertés en question sont celles du discours sur l’État de l’Union de Franklin Delano Roosevelt, prononcé au Congrès américain le 6 janvier 1941 : la liberté d’expression, la liberté de religion, la liberté de vivre à l’abri du besoin et la liberté de vivre à l’abri de la peur.

Et les vues sont toujours autant fantastiques.

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Les trois sur une seule et même photo, cherchez bien…

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Hello Darling !

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Un autre toit incroyable…

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A voir sans doute de nuit…

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Les lignes architecturales du parc, d’après les plans et les dessins de Louis Isadore Kahn (remontant à 1972 !), sont très épurées et hyper photogéniques.

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En face, les abords de Queens, plus indisposant.

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Why not…

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On pourrait presque croire que la nature a repris ses droits.

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Strecker Memorial Laboratory, ancien laboratoire bactériologique construit en 1892. Wouep, ça devait être vraiment fun à l’époque !

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Je ne crois pas que cela soit possible, mais j’aurais volontiers visité les Studios Silvercup, sur l’autre rive de l’East River, côté Queens.

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« Soudain j'ai vu passer les oies sauvages. »

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La pluie revient tout doucement, on lève le camp. Dans le téléphérique aller, un retraité américain nous avait conseillé un restaurant grill/burger, on va tenter même si de prime abord ça semble assez basique. Un burger plutôt bon finalement, sans être exceptionnel, quelques chansons de Michael Jackson (ça fait toujours du bien) et un truc qui m’a fait marrer…

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Deux photos avant de prendre le téléphérique retour…

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Et encore quelques vues aériennes…

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Sensation d’étouffement après notre séjour sur l’île…

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De retour sur la terre ferme, on décide de passer par l’hôtel pour nous poser durant une heure ou deux. On rentre en bus, on se prend un frappuccino dans un Dunkin’ Donuts avant de rejoindre nos pénates. A la caisse, grand moment de rigolade, le personnel pakistanais ne comprend pas un traitre mot de ce qu’on leur dit. On pense qu’ils ont du mal avec notre accent frenchy, mais non car des newyorkais à la caisse à côté ont le même problème. Un vrai choc des cultures et un langage de sourds. Tout le monde essaye d’aider tout le monde, les Américains sont autant paumés que nous mais nous disent que ce genre de choses arrivent parfois à N.Y. ( on avait vécu une expérience similaire à Glasgow quelques années auparavant dans un fish & chips, avec des Pakistanais, et on s’était retrouvé avec une commande énorme, donc ça nous fait bien marrer). Au bout d’une vingtaine de minutes de conversation embrouillée - mais cordiale, chacun repart avec sa boisson mais la newyorkaise a lâché l’affaire et finit par prendre ce que lui tend l’employé même si ce n’est pas du tout ce qu’elle a commandé... un autre américain se propose alors de passer derrière le comptoir pour aider les Pakistanais, mais elle refuse car ça n’en vaut pas la peine de son point de vue. C’était un moment un peu lunaire et très sympa à vivre, on a bien ri, on a papoté et la newyorkaise est tombée amoureuse de mon tee-shirt « Dr Who-Van Gogh ».
On passe par une rue du quartier qu’on n’avait pas encore empruntée.

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Deux heures plus tard, après un peu de repos, on rejoint le Lincoln Center et on croise au passage dans le métro une jolie mosaïque d’Alice au Pays des Merveilles.

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Ici, c’est tout est foisonnant, petit paradis sur Terre. Certains des plus grands musiciens ont été formés à la Julliard School je suis assez émue de me trouver ici. Je veux revenir et pénétrer en ces lieux pour y assister à un concert, un ballet… liste non exhaustive.

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Je m’amuse bien près de la fontaine.

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De là, on file en métro vers le Brooklyn Bridge Park. Etonnamment, il n’y a vraiment pas grand monde sur place. On est bien ici, ça permet de prendre un peu de recul, au sens figuré du terme.
Il ne pleut pas, quelques nuages subsistent, transpercés par les faisceaux lumineux.
Je passe ici beaucoup de temps et au bout d’un moment, Gizmo préfère s’allonger sur un banc en m’attendant. Il finira par venir me chercher afin qu’on ne passe tout de même pas la nuit ici.

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La vie et rien d’autre.


Pour accompagner ce J-9, une valse, un genre dont je ne suis pas spécialement friande (à part quand elles sont composées par Jerry Goldsmith ou Abel Korzeniowski). Celle-ci sied à la perfection à Roosevelt Island. Et plus encore. Imaginons juste un instant tous les fantômes de l’île dansant joyeusement devant la skyline au milieu des marguerites. Rendons justice à ces âmes, libérons-les. Toutes.


Demain, du soleil (yes !), du fun, Zoltar, Central Park et l’ESB (oui, là où c’est très haut) …
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