La Californie en famille (mai 2024)

Récits et témoignages de road trip aux États-Unis : itinéraires vécus, coups de cœur & conseils de voyageurs
Avatar du membre
amoniac
Rédacteur
Messages : 329
Enregistré le : 14 mars 2016, 11:53
Sexe : Homme
Vous êtes : Une famille avec enfant(s)
Vous êtes randonneur(s) : Confirmé(s)
Matériel photo / vidéo : Canon EOS 6D / iPhone 17
Localisation : Beaujolais (69)

Message par amoniac »

Je pose mon sac et je respire l’air frais de la baie de San Francisco. La Californie, c’est mon bonheur absolu. J’y suis allé seul en 2014. Avec Sarah, ma femme, nous avons fait un road-trip en amoureux en 2019. Et en 2024, c’est au tour de Zoé et Léna de découvrir la « Californie en famille ». Deux ans après le retour, je reprends mon roadbook, je consulte la documentation recueillie, et je fais défiler les photos.

Organisation du voyage

Nous sommes quatre :
  • Zoé (6 ans ½)
  • Léna (8 ans ½)
  • Sarah (34 ans)
  • Moi, Nicolas (34 ans)
Contrairement à 2019, pas de Nevada au programme cette fois : cap sur la Californie exclusivement. Nous reprogrammons nos incontournables (Pacific Coast Highway, San Francisco, Yosemite) et ajoutons de nouvelles pépites : lac Tahoe et Joshua Tree pour ne citer qu’elles.

Itinéraire détaillé Nous réservons nos billets en septembre 2023. Le 4 janvier, la compagnie annule nos vols. Nous perdons deux jours. Le 7 janvier, Sarah constate que British Airways propose un itinéraire proche de l’original. Nous partons plus tôt. Et économisons 500€ !

La Californie en famille : notre premier jour (8 mai 2024)

Le grand départ

Le 7 mai, je termine mes 6 heures de cours à Lyon à 19h30. J’embrasse mon chat en rentrant. Sarah nous conduit vers Genève. Nous arrivons à l’hôtel de Thoiry vers 22 h. L’employé a donné notre chambre à un autre client... :? Pas de chance, ça commence bien ! Le temps d’aller garer la voiture dans le parking sous-terrain, l’employé nous trouve une autre chambre. Nous déballons nos sacs à 23 h.

Je reste éveillé jusqu’à 1 h alors que tout le monde est dans les bras de Morphée. Le réveil sonne à 3h45. Zoé et Léna se réveillent à 4h05, groggy :sleep . À 4h45, nous garons la voiture au parking P51 (ResaPark). À 5h00, nous sommes déjà devant la porte C52.

Vol Genève–Londres

7h20 sonne l’heure du décollage. L’A319 se hisse sur la piste. Je sens la poussée et regarde Léna, encore mi-endormie. Elle grogne :
« Pourquoi il y a un bébé qui pleure ? »
Je souris en pensant qu’elle découvre l’avion pour la première fois. Zoé, qui a déjà volé à 2 ans, observe le paysage qui défile sous les ailes, fascinée. La cabine vibre doucement, les moteurs ronronnent, nous voilà dans les airs.

Image
Léna et Zoé regardent par le hublot.

Escale à Heathrow

Nous atterrissons dans le brouillard londonien. Sans retirer les ordinateurs et autres appareils de nos sacs, nous passons le contrôle rapidement. Les filles enlèvent leurs chaussures pour le scanner. Sarah, elle, se fait arrêter pour un fond d’eau dans sa gourde :

« Can you drink it? » demande l’agent, un peu embarrassé.

Nous traversons ensuite le terminal en métro pour rejoindre la porte C57. Zoé compte les arrêts, Léna observe les visages des passagers.

« If you’re going to San Francisco… »

10h10, notre A380 décolle de Heathrow. L’appareil est immense : trois couloirs pour embarquer. Sarah a réservé quatre sièges D–E–F–G, à l’étage.

Les filles sont servies en premier : mac & cheese et brocolis. Elles remercient l’équipage en anglais. Mon plat végétarien arrive ensuite : riz, tofu, sauce tomate et légumes. Celui de Sarah, poulet et polenta, arrive en dernier et lui déplaît, mais elle s’en contente. Une passagère, néanmoins, monte le ton devant le steward. Il s’excuse et lui apporte un plat de première classe qu’elle ne mangera finalement pas :clap .

L’avion est stable et silencieux, bien plus qu’à mes souvenirs. Peut-être grâce à notre position à l’étage ? Nous n’avons pas la chance de rencontrer “un Hector” cette fois-ci. Pour l’anecdote et alors qu’elle n’a pas fermé l’oeil du trajet, à 35 minutes de l’arrivée, Léna renverse un verre d’eau sur ses jambes.

« On dirait que je me suis pissé dessus ! » lance-t-elle en grognant.

La Californie en famille : atterrissage et formalités

À notre arrivée à San Francisco, nous sommes en avance et le pilote n’a pas l’autorisation de se poser. Il patiente dans les airs un instant avant de poser l’avion. Puis, à l’atterrissage la vitesse est impressionnante : plus de 200 km/h au toucher des roues. Ça secoue, mais tout le monde est sain et sauf.

Je lance Mobile Passport Control, une toute nouvelle fonctionnalité pour passer les contrôles plus rapidement (merci JC pour m’en avoir parlé quelques jours plus tôt !). MPC permet de :
  • Déclarer notre arrivée d’un clic
  • Prendre une photo de chaque personne devant un fond neutre
  • Suivre la file MPC (presque vide)
  • Présenter passeports et cartes d’embarquement
  • Empreintes digitales et sourire du douanier
  • En moins de 10 minutes, nous récupérons bagages et valises.
« Rent-a-Racer » chez Hertz

Avec la navette, nous rejoignons l’agence Hertz. La machine devant mois veut me prélever encore 615 € alors que j’ai déjà payé une somme proche (617 €). Elle annonce aussi un Small SUV alors que nous avons payé un Medium.

Sur place, j’explique la situation. L’agent consulte l’écran et nous surclasse immédiatement en Large SUV. Ce sera finalement un GMC Acadia RWD.

« Vous aurez plus de place pour les valises et les enfants », me dit-il.

Je prends des photos du monstre : carrosserie griffée, coffre profond sans cache-bagages. Heureusement que l’on est aux States et que les routes sont larges ! Pour l’absence de cache-bagages, il faudra faire avec. Les filles s’endorment instantanément sur les sièges arrière.

Image
Le monstre qui nous ait confié : le GMC Acadia

Premières photos du Golden Gate Bridge

Nous faisons une première halte avant le pont pour immortaliser le Golden Gate sous la lumière matinale. Les filles grognent, réveillées trop tôt. On arrive quand même à en profiter un peu.

Image
Enfin arrivés à San Francisco, première pause photos devant le Golden Gate Bridge.

Et on va même traverser le pont en voiture pour faire quelques clichés de l’autre côté, avec la vue sur San Francisco.

Image
Les filles admirent la vue sur San Francisco depuis l’autre extrémité du Golden Gate Bridge.

Courses et dîner à Mill Valley

Nous arrivons à notre Airbnb à Mill Valley, déposons les valises, puis filons à Safeway (1 Camino Alto). Nous dépensons 45 € pour les petits-déjeuners à venir. Sarah découvre en ressortant qu’elle a pris 1,3 kg de pommes pour 10 $ ! :blink

Au Super Duper Diner (430 Miller Ave), nous passons la borne tactile pour commander. Burgers, frites et milkshakes ! La note s’élève à 43 €, ce qui nous apparait d’abord cher, avant de penser : 1) les prix ont augmenté depuis 2019, et 2) nous avons quatre bouches à nourrir désormais.

Image
Les premières frites américaines des filles ! C’est gras, mais ce n’est pas grave ;).

Californie en famille : bilan de notre première journée
  • une journée de 33 heures
  • 3 aéroports traversés : Genève, London Heathrow, San Francisco
  • 10,2 km à pied parcourus (12 442 pas)
La « Californie en famille » commence sur les chapeaux de roue !

Image
Notre airBnB dans les hauteurs de Mill Valley. Pas évident de circuler dans les petites ruelles escarpées pour y accéder avec notre monstre de SUV…
Modifié en dernier par amoniac le 10 mai 2026, 09:34, modifié 1 fois.
Avatar du membre
amoniac
Rédacteur
Messages : 329
Enregistré le : 14 mars 2016, 11:53
Sexe : Homme
Vous êtes : Une famille avec enfant(s)
Vous êtes randonneur(s) : Confirmé(s)
Matériel photo / vidéo : Canon EOS 6D / iPhone 17
Localisation : Beaujolais (69)

Message par amoniac »

Parc national de Muir Woods et phare de Point Reyes (9 mai 2024)

Aujourd’hui, nous allons visiter le parc national de Muir Woods et nous irons faire un tour au phare de Point Reyes. Mais avant cela, il faut déjà se mettre en énergie. La nuit n’a pas été si simple : Zoé nous a réveillé à deux heures en se plaignant “J’ai faim, j’ai faim, j’ai faim !“. On est parvenu à se rendormir jusqu’à 5 heures puis à 6 heures, nous nous levons. J’avais un peu sous estimé les effets du jet lag, pensant qu’en se couchant suffisamment tard (21h), on tiendrait jusqu’à 5 heures sans interruption (erreur de débutant).

Le petit-déjeuner avant nos visites de la journée

Je me fais couler un café grâce aux grains mis à disposition dans le AirBnB. C’est du Peet’s Coffee Dark Roast. Etonnamment la saveur est “French Roast” avec des notes de « chocolate truffle, smoke, caramel ». D’ailleurs, je le découvrirais plus tard, Peet’s a été la principale inspiration pour Starbucks. J’attrape justement l’énorme tasse Starbucks qui se situe à côté de la machine à café filtre. C’est délicieux. Pendant ce temps, Sarah prépare le petit-déjeuner : un bol de yaourt, des pommes et d’un mélange de noix. L’ensemble est accompagné d’un bagel grillé tartiné au cottage cheese (difficile à trouver en France). Au cours du petit-déjeuner, Sarah nous donne une bonne nouvelle. Elle a effectivement reçu un email nous indiquant que nous avons été surclassé pour notre hôtel au Lake Tahoe.

Parc national de Muir Woods

Nous prenons la route pour aller au parc national de Muir Woods en passant par le magasin Safeway. Nous y achetons de quoi pique-niquer à midi ainsi que quelques spécialités américaines. Les Reese’s Puffs pour le petit-déjeuner et quelques Pop-tarts viennent remplir le caddie.

Programme Junior Rangers au parc de Muir Woods

Arrivés au parc national de Muir Woods, nous nous garons sur le second parking. Le premier est plein, mais heureusement, nous avions réservé. Je me rends à l’accueil avec les filles pour rencontrer une Ranger et acheter un pass America the Beautiful. Le pass coûte 80 dollars. Il nous permet d’aller dans tous les parcs nationaux des États-Unis pour une période d’un an. Je lui explique que j’aimerais que les filles participent au programme Junior Ranger. Léna et Zoé se voient ainsi remettre un fascicule chacune à remplir, en anglais. À l’issue de notre visite, si le fascicule est bien complété, elles obtiendront leur badge Junior Ranger !

Image
Les séquoias de la côte sont les plus grands organismes vivants de la planète, pouvant atteindre 115 mètres de haut. À Muir Woods, le plus haut dépasse 78 mètres soit la hauteur d’un immeuble de 23 étages.

Muir Woods : une forêt millénaire

Depuis 200 millions d’années, des séquoias millénaires peuplent une vallée épaisse, survivent aux incendies et abritent mousses, fougères, oiseaux et petits mammifères. Les Miwoks de la côte, gardiens de ces bois, pratiquaient des brûlis contrôlés pour entretenir la forêt. Au XIXᵉ siècle, la ruée vers l’or et l’exploitation forestière déciment 90 % des Miwoks et abattent la plupart des séquoias. En 1908, William et Elizabeth Kent offrent ces terrains au public, et Roosevelt les classe Monument national. Aujourd’hui, plus d’un million de visiteurs arpentent ces sentiers protégés par le National Park Service, la Graton Rancheria et la Golden Gate Conservancy.
« Il n’y a pas de plus beau monument dans toute autre forêt du monde pour les amoureux des arbres. »

— John Muir

Le sentier de Redwood Creek

Nous empruntons le sentier de Redwood Creek qui nous emmène à la rencontre de Sequoia (jusqu’à 75 mètres pour certains), d’une rivière et permet aux filles de compléter leur fascicule. Durant notre balade, un américain, fan des Angels (équipe de baseball de Los Angeles) voit ma casquette (des Dodgers). Il me demande si je suis un fan. Je lui dit que c’est l’équipe que je supporte mais que je suis Français, donc je n’ai pas l’occasion de les voir jouer. Il me dit que ce n’est pas grave, sa femme aussi est française et supporte les Angels.

Les séquoias de Californie

La documentation et les différents panneaux d’affichage rencontrés dans le parc nous en apprennent beaucoup sur les séquoias.

Il y a 150 millions d’années, des arbres semblables aux séquoias couvraient l’hémisphère nord, car le climat était alors plus humide. Aujourd’hui, seules deux espèces survivent en Californie, la troisième (métaséquoia) étant reléguée en Chine centrale. Le séquoia de la côte (Sequoia sempervirens) pousse du sud de l’Oregon au centre de la Californie en raison de l’humidité marine constante. Toutefois, le séquoia géant (Sequoiadendron giganteum), plus large mais moins haut, se cantonne au versant ouest de la Sierra Nevada.

Ces arbres vivent entre 500 et 1 000 ans, si bien que certains dépassent le millénaire. Les cernes annuels révèlent les années humides et les périodes sèches, car chaque cycle de croissance laisse sa marque. Les broussins, masses de bourgeons dormants, permettent la régénération après blessure.

Un tapis de troncs pourris et de broussailles crée un habitat riche pour oiseaux et petits mammifères. La rivière Redwood Creek abrite poissons, insectes et salamandres, si bien que la forêt conserve une diversité exceptionnelle. Le brouillard côtier apporte quant à lui l’humidité nécessaire durant l’été sec. En raison de cette condensation, l’eau ruisselle des aiguilles jusqu’aux racines, assurant la survie des géants. Les feux de faible intensité nettoient le sous-bois et favorisent la germination des graines, toutefois ils restent maîtrisés pour protéger les communautés. L’écorce épaisse, riche en tanin, protège les arbres contre ces incendies bénéfiques.

Les cônes mûrs libèrent 50 à 60 semences chaque automne, si bien qu’une jeune pousse peut atteindre 7,5 cm la première année. Le changement climatique, quant à lui, réduit la fréquence du brouillard et intensifie les incendies, car les saisons deviennent plus extrêmes. En raison de ces évolutions rapides, la résilience naturelle de la forêt est menacée.

La promesse des Junior Rangers

À la fin du parcours, et après avoir emprunté d’autres sentiers, nous retournons voir les rangers. L’un d’eux nous explique qu’il a voyagé en France, à Aix en Provence et près de Marseille. J’avais un peu échangé avec lui en arrivant. Une autre ranger questionne les filles :
« montrez-moi votre page préférée du fascicule et expliquez moi »
.

Elle leur fait ensuite répéter la promesse des Junior Rangers pour qu’elles deviennent officiellement membres du programme. Enfin, elles obtiennent leur joli badge. Les filles sont très heureuses !

Pique-nique à Muir Beach

Nous regagnons la voiture avant de rejoindre Muir Beach à 3 miles de là. Sur la plage, nous commençons à pique-niquer quand un chien s’approche de nous. Il est attiré par le bacon du bagel des filles. Léna et Zoé paniquent, j’explique à leur maitresse qu’elles ont toutes les deux été attaquées par un chien il y a quelques mois seulement. Elle l’éloigne, mais de nombreux autres chiens sont présents sur la plage et Zoé le vit plutôt mal. Nous parvenons tout de même à manger et à aller tremper les pieds dans l’eau (très fraiche) de l’océan Pacifique. Avec Léna, on observe même des dauphins près de la plage.

Visite du phare de Point Reyes

Un peu plus tard, nous repartons en direction cette fois-ci du Point Reyes Lighthouse (le phare de Point Reyes). Entre temps, on s’arrête au niveau d’un point de vue. C’est de toute beauté ! :photo

Après avoir repris la route, on s’arrête à Point Reyes… C’est au milieu de nul part et il n’y a ni phare, ni océan autour de nous. Nous avions mis Point Reyes Station sur notre application GPS. Du coup, en mettant la bonne destination, ça va beaucoup mieux et nous faisons les 20 kilomètres manquant sans trop de difficulté. Zoé s’endort pendant ce court trajet. Nous trouvons le paysage vraiment intéressant, avec de nombreux prés et quelques bovins sur la fin du parcours.

Arrivés à destination (la bonne, cette fois-ci), nous réalisons un grand nombre de clichés tant l’endroit est spectaculaire. Nous faisons une première promenade et rencontrons une américaine née à New York. Celle-ci vit dans le Colorado depuis 20 ans et prévoit un déménagement dans deux mois pour retourner vivre près de sa famille à New York. Elle nous explique qu’elle vivra à une heure de route au sud de la métropole car les tarifs pratiqués à New York aujourd’hui lui sont inaccessibles. On échange un moment, elle nous prend en photo et nous repartons chacun dans notre direction. Nous allons faire une deuxième balade qui nous emmène juste devant le phare (hélas, celui-ci est fermé). Là encore, il y a de beaux clichés à faire.

Image

Image

Elephant Seal Overview à Point Reyes

Ensuite, nous parcourons quelques kilomètres pour rejoindre l’Elephant Seal Overview. S’il y a des éléphants de mer en contrebas, la balade elle-même est très intéressante. Les sentiers sont étroit mais le panorama est époustouflant. Nous pouvons observer les éléphants de mer et rencontrons aussi quelques rongeurs sur le chemin. Aussi, à deux reprises et à seulement quelques mètres de nous, nous sommes face à face avec des cerfs et des biches sauvages. La balade est longue et nous avons déjà quelques kilomètres à notre actif aujourd’hui. Zoé et Léna tiennent bon, elles sont courageuses !

Image

Image

Retour à la casa et pâtes à la tomate

Sur la route du retour, pour rentrer, les filles s’écroulent et s’endorment. Le paysage autour de nous est magnifique et nous profitons pleinement de la lumière de la golden hour. Honnêtement, je n’ai jamais vu de couleurs pareilles. :photo Elles sont extrêmement lumineuses et le paysage est surréaliste. Je fais une partie de la route seul, Sarah se mettant elle aussi à dormir :).

Nous arrivons à notre AirBnb un peu après 20h00. Je fais cuire des pâtes à l’aide de plaques de cuisson (style camping) avant d’aller les égoutter dans le lavabo de notre salle de bain (nous n’avons pas d’évier, c'est un peu à la façon cowboy du coup ! :-cow ). Léna et Zoé dorment déjà et ne mangent pas ce soir. Sarah et moi finissons nos assiettes et j’écris ces lignes autour de 21h45 tandis que tout le monde dort déjà :).

Aujourd’hui, nous avons réalisé 18 600 pas soit 15,2 kilomètres (ce qui est énorme pour les filles ! :sweat: ).
Avatar du membre
amoniac
Rédacteur
Messages : 329
Enregistré le : 14 mars 2016, 11:53
Sexe : Homme
Vous êtes : Une famille avec enfant(s)
Vous êtes randonneur(s) : Confirmé(s)
Matériel photo / vidéo : Canon EOS 6D / iPhone 17
Localisation : Beaujolais (69)

Message par amoniac »

Visiter San Francisco en 24 kilomètres (10 mai 2024)

Aujourd’hui, nous allons visiter San Francisco ! Mais avant cette belle journée, je prends un (bon) café, accompagné d’un (grand) bol de muesli. Un yaourt à la vanille et un bagel au fromage (vegan) viennent compléter ce premier repas. Nous en profitons pour manger quelques Resee’s Puffs. Ils ne sont pas à mon gout : trop sucrés.

Larkspur et mésaventures bancaires

Nous prenons la route vers 8h00 pour Larkspur où nous allons prendre un ferry. Ce dernier nous permettra de rejoindre la ville de San Francisco. Cela nous évite d’y aller en voiture et, surtout, de chercher une place où se garer. Nous rencontrons quelques problèmes pour prendre nos tickets (nos cartes bancaires Green Got françaises ne semblent pas fonctionner). On parvient finalement à payer (84 dollars) avec une autre carte bancaire mais nous nous apercevons ensuite que nous avons été prélevé sur chaque compte (3 fois en tout, il faudra que l’on éclaircisse cela demain…).

Image
Départ depuis Larkspur à destination de San Francisco

Le ferry pour rejoindre San Francisco

L’expérience du ferry est intéressante. Nous avons beau temps et la lumière est magnifique. Nous nous installons sur le pont. Lorsque le bateau accélère, les vagues s’intensifient et le vent qui nous fouette le visage devient de plus en plus important. Léna et moi restons à l’extérieur, tandis que Zoé et Sarah (qui a oublié sa veste dans la voiture) décident de rentrer. J’en profite pour prendre quelques photos… qui seront flous en raison du vent et des mouvements du bateau.

Image
Un autre ferry, on fait la course ?

Jetée 39

Nous arrivons à San Francisco aux alentours de 9h15. Nous prenons rapidement la direction du Pier 39 pour rejoindre les otaries. On ne s’en souvenait pas, mais ça fait une petite trotte. Au milieu du chemin, Zoé nous sort un « bon, on mange où ? » alors qu’il n’est que 9h30. Les filles sont contentes de voir les otaries qui ont élu domicile sur la jetée 39, je fais quelques photos. Comme chaque fois que nous venons ici, nous apercevons les manèges ainsi que les stands de fruits de mer qui parfument la promenade. Avec une vue imprenable sur le Golden Gate Bridge, j’en profite pour appeler ma grand-mère qui fête aujourd’hui ses 90 ans.

La Jetée 39 a été ouverte en 1978 à Fisherman’s Wharf. Dire qu’il s’agit d’un incontournable de San Francisco est un euphémisme. Perchée sur deux niveaux au-dessus de l’eau, elle offre une vue imprenable sur la baie, Alcatraz et le Golden Gate. Plus de 80 boutiques et restaurants proposent souvenirs, spécialités locales et fruits de mer (pas trop mon truc, en tant que végétarien).

Image

Image

Lombard Street

Nous reprenons ensuite la route et rejoignons Lombard Street où nous réalisons quelques photos. Zoé commence à nous poser une question qui montre sa détermination à marcher aujourd’hui : « Pourquoi on prend pas un bus ? ». On décide de laisser de côté la Coit Tower pour ne pas trop épuiser les filles et partons en direction du quartier chinois de San Francisco.

Image

Terrain de jeux américains

Nous nous dirigeons vers les Russian Hills pour aller voir la fameuse portion de route en lacets. En chemin, nous passons devant un terrain de jeu pour enfant. Nous sommes d’ailleurs juste à côté d’un magasin de vélo tenu par un Français avec qui j’avais échangé en 2014. Les filles s’en donnent à coeur joie tandis qu’une école maternelle se joint à nous sur l’aire de jeux. Zoé fait une mauvaise expérience avec une chaise tourniquet qui ne veut plus s’arrêter… Et dire que j’étais convaincu qu’elle s’amusait comme une folle ! Pendant ce temps, Léna escalade une haute structure comme on n’en fait qu’en Amérique. Quelques minutes plus tard, ce sont des jeunes adolescents (l’équivalent de fin de primaire, début collège chez nous) qui entrent dans le parc.

Image

Image

Chinatown, le quartier chinois de San Francisco

Sarah tient à aller voir la porte du dragon et d’en profiter pour manger asiatique. Pour rejoindre notre destination, nous sommes contraints de passer sous un tunnel à pied avant de rejoindre le quartier Union Square et de trouver la Dragon Gate. En voyant la porte, Léna me confie : « Eh ben, tout ça pour ça !? ». Du côté d’Union Square, on croise une limousine, Zoé s’exclame « Ouahhh, trop cool !! ». Eh oui, déjà la folie des grandeurs ! Je profite de l’instant pour expliquer deux ou trois choses sur le quartier aux filles.

Image
Le tunnel qui nous permet d’accéder à Chinatown

Image
Les épices et diverses préparations qui parfument les rues.

Image
La Dragon Gate : “Eh ben, tout ça pour ça !?”

Image
L’architecture ici est à la fois singulière et harmonieuse.

Image
Ça ne fait aucun doute, nous sommes bien à Chinatown !

Le quartier de Chinatown à San Francisco, fondé en 1848, est la plus ancienne et l’une des plus grandes communautés chinoises hors d’Asie. En franchissant la porte du Dragon sur Grant Avenue, on pénètre dans un monde animé de lanternes rouges, d’enseignes en calligraphie dorée et de façades aux toits pagodes. Les ruelles sont étroites et nous devons longer un bon nombre de boutiques d’épices. Les herboristeries traditionnelles et les salons de thé ne sont pas en manque. Ils nous invitent à la flânerie et à la découverte de l’artisanat local. Les restaurants, quant à eux, nous offrent une cuisine authentique.

Un repas sur Portsmouth Square

Mais avant de nous restaurer, on achète quelques souvenirs pour les copains et copines. Nous demandons à la commerçante si elle connait un endroit où l’on peut aller manger. Elle nous indique un restaurant « R&G » et nous nous y rendons. Arrivés devant, on n’est pas totalement emballé par le restaurant. Nous continuons notre route. Nous jetons notre dévolu sur la Hon’s Wun-Tun House. L’endroit ne paie pas de mine, mais ça nous parait suffisamment authentique pour tenter le coup. On commande un sandwich vietnamien B.B.Q. Chicken à partager pour les filles, un Grilled Pork pour Sarah et un House Veggie pour moi. Nous payons le tout 32.88 dollars. Nous nous installons dans le parc d’à côté pour déguster nos sandwiches. C’est le Portsmouth Square, un endroit où quelques SDF passent et repassent devant les personnes installés ici et où les pigeons viennent collecter les miettes laissées par d’autres avant nous.

Sarah souhaite prendre un café « Vanilla Cream Latte » chez Jinshan Cafe (5,95 dollars) que l’on se partage.

K2000… en moins sexy !

En repartant, nous croisons de nombreuses voitures autonomes. On a beau savoir qu’elles ont le droit rouler en Californie, ça fait franchement un drôle d’effet de voire ces voitures rouler sans que personne ne soit assis derrière le volant. Quelques fois un humain se trouve sur le siège passager, des fois à l’arrière et parfois même la voiture semble totalement vide ! C’est vraiment troublant, mais ça semble plutôt bien fonctionner.

Image
Non, cette voiture ne parle pas (encore) mais elle conduit toute seule !

Image
Une voiture bien plus ancienne, sans électronique embarquée, et bien plus à mon goût !

Alamo Square et Painted Ladies

Nous prenons un bout de métro (de Powell Street à Duboce & Noe) pour rejoindre Alamo Square où nous voulons montrer les fameuses Painted Ladies aux filles.

Malheureusement, les Painted Ladies ne sont pas aussi exceptionnelles que dans les souvenirs de Sarah. C’est quand même l’occasion de faire une pause dans l’herbe du parc. Il y a de nombreux chiens et une jeune femme s’est allongée contre le sien près de nous. Il semble si adorable que plusieurs personnes se sont amassées autour pour le caresser. Léna tient absolument à faire de même. Cela peut être une bonne chose pour la réhabituer aux chiens. Je tiens toutefois à demander d’abord l’autorisation à sa propriétaire. Léna et moi allons la voir. Elle nous explique que sa chienne Cotta adore les enfants et les caresses, il n’y a donc aucun soucis pour elle. Léna s’en donne à coeur joie !

Avant de repartir, nous prenons un moment pour nous rendre dans le terrain de jeu du parc où les filles peuvent se défouler à nouveau. Léna partage un jeu de barres (une sorte d’échelle à la verticale) avec une petite américaine. Elles ne parlent pas ensemble (barrière de la langue) mais jouent à tour de rôle. Elles se débrouillent toutes les deux très bien.

Image

Joe est de la partie !

À 16h00, nous reprenons la route pour aller attraper un cable car sur Van Ness et California. Cinq ans plus tôt, Sarah et moi avions visité le Cable Car Museum et avions beaucoup aimé. Malheureusement, alors que nous attendons le cable car, un américain vient à notre rencontre pour nous expliquer qu’il n’y a pas de transport dans cette rue aujourd’hui. En effet, le Président Biden est à San Francisco pour la journée. On se renseigne et nous apprenons que Joe Biden réside dans un hôtel de cette rue. Du coup, tout a été fermé. La présence de Biden explique ainsi les hélicoptères militaires que l’on a vu (et entendu) quand nous étions aux terrains de jeu. L’homme nous conseille de prendre un bus (qui vient d’arriver) pour rejoindre un autre endroit où nous pourrons utiliser le cable car. Nous suivons son conseil.

Notre expérience en cable car

Le chauffeur du bus ne nous fait pas payer et nous arrête juste au bon endroit. Sympa ! Nous décidons de marcher un peu pour rejoindre Market & Powell, la station d’origine du câble car. Cela nous permettra de l’emprunter sur un trajet assez long. C’est aussi l’occasion d’être sur d’avoir quatre places assise. Une file d’attente s’est formée et nous patientons. Cet endroit étant le départ et le terminus, c’est aussi l’occasion d’assister au demi tour manuel des cable car. Ça se fait à l’ancienne : deux personnes les poussent sur une plateforme amovible pour leur faire faire un demi tour.

Pour Léna, Zoé et moi, c’est notre premier voyage en cable car. Celui-ci nous transporte immédiatement dans l’âme authentique de San Francisco. En montant à bord, nous sentons le bois patiné du wagon. Le véhicule grimpe les pentes abruptes en serrant doucement les virages, offrant des aperçus spectaculaires des collines et des toits colorés. Accroché à l’extérieur, je goûte au frisson du vent qui fouette mon visage tout en admirant la baie lointaine scintiller. À chaque arrêt, le chauffeur manœuvre avec précision, et l’esprit convivial des passagers complète cette expérience authentique, typiquement san-franciscainne.

Image

Retour en ferry et diner au In & Out

De retour à Fisherman’s Wharf, nous nous rendons au Ferry Building pour notre retour en bateau. Le trajet se passe bien et les couleurs sont, une fois de plus, magnifiques.

Pour récompenser les petites (et les grands) pour les efforts réalisés aujourd’hui, nous allons à In & Out commander 4 combos #2 (cheeseburger, le tout pour 36,22 dollars) et je fais une exception à mon régime végétarien. Nous nous retrouvons avec des dizaines d’adolescents dans le restaurant. L’établissement, à l’ancienne, est atypique : lorsque la commande est passée (avec une hôtesse et non via une machine), on attend que notre numéro de commande soit annoncé par quelqu’un pour la récupérer. On se régale et pour Léna (qui n’aime pas la chaîne McDonald’s), « c’est le meilleur fast-food au monde » !

À 21h15, on est de retour à notre AirBnb, assez fatigués par cette journée. Pas étonnant, nous avons parcourus 29 361 pas soit 24,5 km à pied. Je termine d’écrire l’article vers 23h00. La journée de demain sera (peut-être) plus calme !
Avatar du membre
amoniac
Rédacteur
Messages : 329
Enregistré le : 14 mars 2016, 11:53
Sexe : Homme
Vous êtes : Une famille avec enfant(s)
Vous êtes randonneur(s) : Confirmé(s)
Matériel photo / vidéo : Canon EOS 6D / iPhone 17
Localisation : Beaujolais (69)

Message par amoniac »

Centre des animaux marins, Sausalito, Point Bonita et Tiburon (11 mai 2024)

Aujourd’hui, nous prévoyons de visiter le centre des animaux marins, Sausalito, Point Bonita et la péninsule de Tiburon. Nous resterons certes dans la région, le programme est toutefois bien chargé.

Lorsque nous partons, nous trouvons beaucoup de brouillard sur la route. Pour rejoindre le centre de soin des animaux marins, nous devons emprunter un tunnel un peu particulier. Celui-ci est composé de trois voies : deux pour les cyclistes, une de chaque côté et une voie unique pour les voitures, au centre. Un feu de signalisation se situe à chacune des extrémités. Le feu reste rouge pendant 5 minutes (pour laisser passer les voitures dans le sens inverse) et une consigne nous indique de couper nos moteurs.

Le Marine Mammal Center (centre des animaux marins)

Fondé en 1975 à Sausalito, dans le comté de Marin, The Marine Mammal Center est le plus grand hôpital au monde dédié aux mammifères marins. Des lions de mer, otaries, éléphants de mer et loutres y sont soignés. Cette organisation à but non lucratif se consacre avant tout au sauvetage, à la réhabilitation et à la remise en liberté d’animaux marins blessés, malades ou orphelins.

A ce jour, l’organisation a soigné plus de 24 000 animaux. En plus des soins médicaux intensifs, ce centre est un pionnier en matière de recherche scientifique (étude des maladies comme la leptospirose, les toxines algales, et même des cancers chez les lions de mer) . Son programme éducatif touche plus de 100 000 personnes — enfants, familles et professionnels — chaque année, via des visites, ateliers, podcasts et expositions interactives. Installé dans les Marin Headlands, le centre accueille gratuitement des visiteurs comme nous (sur réservation). Cela permet à chacun d’observer en direct les efforts de réhabilitation.

En 2022, un vaste projet de rénovation de 32 millions de dollars a modernisé l’hôpital, le centre d’accueil et les infrastructures de sauvetage, avec des équipements éco-responsables tels que des panneaux solaires, des espaces sans PVC, etc . Actif sur une côte californienne de près de 600 miles (966 km), il traite chaque année entre 800 et 1 400 appels d’urgence et soigne des centaines d’animaux . Par ses actions, le centre met notamment en lumière la relation intime entre la santé marine et celle de notre planète .

Image
Les animaux blessés sont ici en ré éducation ou ré adaptation.

À notre arrivée au centre des animaux marins, nous sommes accueillis par Mark, un bénévole qui parle un peu français. Il me dit avoir vécu un an à Paris, du côté de Neuilly dans une « chambre de bonne » sans chauffage. Il correspond aussi depuis 1995 avec un Toulousain. Mark nous explique comment le centre fonctionne et nous parle de celui-ci de manière très touchante. Il indique aux filles que les Sea Lions recueillis sont souvent des animaux blessés, malades ou abandonnés par leur mère (après 4 semaines de vie). Ces derniers ne savent pas se nourrir par eux-mêmes et ce sont les bénévoles qui doivent leur apprendre à se débrouiller. Au début, ils doivent leur donner à manger avec des tubes qui plongent dans l’estomac et dont le contenu est du « smoothie de poisson » comme il explique aux filles.

Nous assistons au parcours de soin que reçoivent les animaux et voyons quelques-uns des 1 300 bénévoles du centre à l’oeuvre. Certains nous demandent si nous avons des questions et c’est l’occasion pour engager la conversation. Ils sont tous très sympathiques. Nous parvenons même à voir les animaux se faire nourrir par les bénévoles et « apprendre à pécher ».

Si ça vous intéresse, vous pouvez faire un don à l’organisation ou « adopter » un animal marin pour 30 dollars (lien). La cause en vaut la peine. Pour notre part, on commence par acheter quelques souvenirs ici sachant qu’une partie du montant soutient la cause (hoodies, peluche). J’en profite pour offrir un hoodie à Sarah pour la fête des mères (ici, c’est ce weekend).

Pour ceux que ça intéressent, je vous invite à les suivre sur Instagram.

Image
Le centre équipé de ses nouveaux panneaux solaires.

Point Bonita Lighthouse

De nouveau sur la route, on prend la direction de Point Bonita où Sarah a repéré un phare à visiter. Il y a beaucoup de brume ici. Apparemment, c’est tout à fait normal entre mai et juillet. Aussi, il fait plutôt froid, ce que l’on n’avait pas anticipé en choisissant nos vêtements ce matin. Pas grave, on a un peu de marche pour nous rendre au phare, ça va nous réchauffer.

Image
Les filles devant l’océan, et la brume.

Perché au bout des Marin Headlands, près de Sausalito en Californie, le Point Bonita Lighthouse éclaire les navires entrant dans la baie de San Francisco depuis 1855. Initialement installé à 93 m d’altitude, il fut déménagé en 1877 à seulement 38 m. Équipé d’un objectif de Fresnel d’époque, il émet un éclat blanc toutes les quatre secondes, visible à 18 milles nautiques, et aspire toujours un puissant signal de brouillard.

Unique en son genre, ce phare est le seul des États-Unis accessible uniquement via un pont suspendu (une passerelle de bois et d’acier de 40 m), inspiré du Golden. La version actuelle, en place depuis 2012, remplace un modèle antérieur, souvent victime de la corrosion marine. Resté le dernier phare habité de Californie jusqu’en 1980, il est maintenant automatisé et géré conjointement par la Garde côtière (pour les feux et signaux) et le National Park Service (pour le public).

Image
Le tunnel permettant d’accéder au phare.

Nous devons emprunter un pont, à pied, pour visiter le phare. Ça bouge un peu et Zoé n’est pas rassurée, mais ça se passe bien. La visite est très rapide, le phare n’est pas grand. Il y a des mouches un peu particulières à l’intérieur. Un panneau nous explique que c’est normal ; il s’agit d’un signe que les oiseaux alentours sont en bonne santé. Nous croisons un ranger et j’en profite pour lui demander s’il est possible de faire le programme Junior Ranger ici. Il me répond gentiment qu’il n’ont plus de badges ni de cahier. Dommage pour les filles !

Le même ranger réalise une petite présentation devant les quelques visiteurs du phare pour expliquer le lieu. Il ajoute également qu’il est paradoxale d’avoir mis un phase ici disant « bienvenue » aux marins et que juste derrière, on retrouve une base militaire où sont stockés d’anciens missiles nucléaires qui tiennent justement les personnes à l’écart de la base.

Image
Le phare et son pont suspendu.

Direction Sausalito

Nous prenons ensuite la route de Sausalito. Il est difficile de se garer (les places de parking sont réservées aux riverains). Nous réussissons toutefois à trouver une place sur un grand parking, à l’écart de la ville. Le ciel est désormais dégagé sur cette partie de la région ce qui nous permet d’admirer les maisons bâties sur l’eau. Certaines sont sur une surface dure (du béton) tandis que d’autres sont flottantes. Le panaché de couleurs et les différences de formes des bâtiments rendent le paysage particulièrement exotique.

Nichée au pied des Marin Headlands, juste de l’autre côté du Golden Gate Bridge, Sausalito est une ancienne ville de pêcheurs. Ses rues en pente sont bordées de galeries d’art ou de cafés en terrasses. On retrouve également des maisons colorées qui offrent une vue spectaculaire sur la baie de San Francisco. Ville portuaire, Sausalito a connu un essor fulgurant pendant la Seconde Guerre mondiale. C’est ici que l’on trouvait les chantiers navals de Marinship. Ces derniers sont devenus, dans les décennies suivantes, un refuge pour artistes, écrivains, navigateurs et rêveurs. Aujourd’hui, la ville est célèbre pour ses houseboats flottants. On compte plus de 400 bateaux habitables amarrés dans Richardson Bay. Ce sont de véritables icônes d’un mode de vie libre et alternatif.

Image

Image

Image

Image

Image

Péninsule de Tiburon

Il est déjà plus de 14 heures et les filles commencent à avoir faim. Nous nous dirigeons cette fois-ci à Tiburon pour admirer cette petite ville.

Située juste au nord-est de Sausalito, la péninsule de Tiburon s’avance dans la baie de San Francisco, tel un promontoire verdoyant entouré d’eaux calmes et de panoramas à couper le souffle. Il s’agit d’un ancien territoire des Miwoks. C’est ensuite devenu une petite ville ferroviaire à la fin du XIXe siècle. À travers les années, Tiburon a su conserver une atmosphère paisible et élégante, entre collines douces, sentiers côtiers et vues imprenables. Depuis la péninsule, on peut observer Angel Island, le Golden Gate et la skyline de San Francisco.

Nous nous garons sur le parking du Woodlands Market et achetons à manger. Le concept est intéressant : dans le magasin, il y a comme un self où l’on peut se servir dans une boite et nous payons au poids. Sarah se compose une salade, des pâtes au poulet pour les filles et je prends du riz, des champignons et des brocolis. On complète cela avec quelques fraises. Le tout nous coûte 29,11 dollars. Nous prenons le repas sur la terrasse du magasin, aménagée pour cela. Ensuite, c’est parti pour une petite balade sur la péninsule où nous voyons de belles pelouses vertes bien entretenues sur lesquelles quelques personnes peaufinent leur bronzage tandis que d’autres promènent leurs chiens.

Image
Les gens se promènent, la plupart avec leur chien en laisse.

Bob’s Donuts

De retour à la voiture, il est déjà plus de 17h. Nous rentrons et faisons une halte chez Bob’s Donuts près de notre AirBnb. En voici une petite description trouvée sur leur site : « Bob’s Donuts a ouvert ses portes en 1960 en tant qu’établissement familial qui est devenu une pierre angulaire de la communauté de Nob Hill. [La même] famille perpétue encore aujourd’hui cette tradition, en s’attachant à préserver l’art de la fabrication des beignets à la main. [Ils sont] sommes fiers d’être l’une des dernières beigneriesindépendantes qui fabriquent encore leurs beignets et leurs pâtisseries à partir de rien. [Ces] beignets ont un goût et une texture classiques obtenus grâce à des techniques traditionnelles. »

Sarah prend un donut traditionnel et les filles des donuts au chocolat avec des vermicelles colorés dessus. Quant à moi, je me laisse charmer par un petit donut à la noix de pécan et à la cannelle. Le tout nous coûte 8 dollars (le prix est dégressif avec la quantité). :great

Image
On termine la journée avec des donuts, le petit en haut à gauche de la photo est le miens !

Nous les dégustons à notre logement, que nous retrouvons vers 17h30. Les dernières journées ont été assez intenses. Nous profitons donc d’une soirée de répit pour faire une lessive (nous quittons ce logement demain) et nous reposer. Ce soir, ce sera des restes de pâtes. Demain, nous partirons en direction du Lake Tahoe.

Nous avons réalisé aujourd’hui 12 089 pas, soit 9,3 kilomètres à pied.
Avatar du membre
amoniac
Rédacteur
Messages : 329
Enregistré le : 14 mars 2016, 11:53
Sexe : Homme
Vous êtes : Une famille avec enfant(s)
Vous êtes randonneur(s) : Confirmé(s)
Matériel photo / vidéo : Canon EOS 6D / iPhone 17
Localisation : Beaujolais (69)

Message par amoniac »

De San Francisco à Lake Tahoe : une journée entre capitale et montagnes (12 mai 2024)

Après plusieurs jours passés dans la baie de San Francisco, l’heure est venue de tourner la page pour ouvrir un nouveau chapitre de notre voyage : celui du Lake Tahoe. La journée sera dense : 400 km de route, une halte à Sacramento, un premier aperçu des montagnes de la Sierra Nevada avec le Donner Lake, puis l’arrivée sur les rives du Lake Tahoe Nevada, entre randonnée, baignade… et marshmallows grillés.

Nous quittons notre logement à 8h10. Une heure plus tard, je réalise que nous avons laissé tout le contenu du frigo derrière nous, y compris notre pique-nique du midi et… nos pommes bio à 10 dollars. Première contrariété de la journée.

Les vignobles de Sonoma

La route nous mène rapidement dans la vallée de Sonoma, célèbre pour ses vignobles. À travers le brouillard matinal, on devine les rangées de vignes parfaitement alignées. Le décor annonce déjà un changement d’ambiance : nous quittons l’effervescence de San Francisco pour retrouver des paysages plus apaisés.

Dans la voiture, Sarah lance un petit jeu : chacun doit dire ce qu’il a aimé, pas aimé et trouvé drôle la veille. Sans surprise, Zoé retient surtout… la nourriture !

Étape à Sacramento

Afin de couper la route en deux, nous faisons halte à Sacramento, capitale de la Californie. J’y étais venu il y a dix ans et j’avais gardé des souvenirs contrastés : de jolies visites mais aussi un nombre impressionnant de sans-abris.

Nous nous garons dans un parking à 3 dollars de l’heure. Première découverte pour les filles : le Old Sacramento, quartier historique aux airs de Far West, avec ses bâtiments en bois et ses boutiques touristiques. Nous entrons dans un magasin de bonbons et achetons quelques sucreries. La note est légère (2,18 dollars)… sauf pour Sarah qui fulmine devant les 0,50 $ de frais bancaires ajoutés à cause du paiement par carte.

Image
Vieilles bâtisses en bois d’Old Sacramento en Californie.

Nous poursuivons la balade en empruntant un passage souterrain reliant Old Sacramento au centre moderne. Je suis frappé par le contraste avec mes souvenirs : tout est plus verdoyant, mieux entretenu, et la skyline de Sacramento me semble transformée.

Devant nous, le majestueux Capitole de Californie. Les filles sont impressionnées, d’autant que trois policiers surveillent l’entrée. Faute de temps, nous ne pouvons pas visiter l’intérieur ni les magnifiques jardins à l’arrière. Dommage, car la visite en vaut vraiment la peine.

Finalement, nous payons 4,50 dollars au parking : nous sommes restés plus longtemps que prévu. Mais je suis ravi d’avoir insisté : même en version express, cette étape valait le détour.

Image
Capitole de Californie à Sacramento, architecture imposante.

Donner Lake : avant-goût du Lake Tahoe

La route se poursuit sur l’Interstate 80, en direction de la Sierra Nevada. Nous faisons un arrêt à un Vista Point dominant le Donner Lake. Le panorama est superbe, avec le lac blotti entre les montagnes encore saupoudrées de neige. Une pause photo :photo s’impose : c’est un avant-goût prometteur de ce qui nous attend au Lake Tahoe.

Lake Tahoe

Sarah avait repéré un restaurant à Incline Village : le Tunnel Creek Station Café. Bonne pioche : ambiance conviviale et plats généreux. Elle choisit un veggie sandwich, les filles se partagent un burrito et j’opte pour le même. Addition : 40,53 dollars. Zoé, affamée, lâche un “Olala, je vais m’évanouir !” avant de dévorer son assiette.

Juste derrière le restaurant commence le Monkey Rock Trail, une randonnée réputée pour sa vue sur le lac. Le parking du restaurant étant limité à une heure, nous devons nous garer plus loin (5 dollars).

La montée est courte mais raide, d’autant plus que nous sommes à plus de 1 800 m d’altitude. Léna, pourtant sportive, a du mal, tandis que Zoé grimpe avec une énergie surprenante. À un embranchement, un couple d’Américains nous conseille de prendre le chemin le plus direct, bien que plus raide. Mauvaise idée : la pente finale est redoutable !

En haut, la récompense : une vue splendide sur le Lake Tahoe et son fameux rocher en forme de singe (Monkey Rock). Nous croisons même un chipmunk qui amuse beaucoup les filles. Plus bas, un autre point de vue surnommé Whale Rock offre une perspective tout aussi magnifique.

Sur le sentier, je discute avec une Américaine qui a vécu un an et demi à Paris. De son côté, Zoé se transforme en Junior Ranger improvisée : elle ramasse une bouteille en plastique abandonnée et sauve des coccinelles qui se noyaient dans le lac… avant de tomber elle-même à l’eau jusqu’au genou :roll: .

Image
Vue imprenable sur le Lake Tahoe Nevada depuis Monkey Rock.

Image
Le type de décors bordant le Lake Tahoe que l’on rencontre au cours de notre petite randonnée.

Image
Vue imprenable sur le Lake Tahoe durant notre randonnée.

Piscine, jacuzzi et S’mores

Nous atteignons enfin notre hôtel à South Lake Tahoe, côté Californie. Bonne surprise : nous sommes surclassés. Après un rapide passage en chambre (où Zoé demande immédiatement “il manquerait plus qu’un petit apéro et là on serait parfait”), nous filons à la piscine et au jacuzzi. Moment de détente bien mérité après une journée de route et de marche.

Le soir, l’hôtel propose des kits de marshmallows à griller autour d’un brasero. Nous faisons la connaissance de Russel, représentant en vins français et italiens. Il vit à San Francisco et pilote son propre avion pour survoler la baie. La discussion dérive sur les voitures : il n’en revient pas quand je lui raconte que je possède une Ford Mustang de 1966. Lui-même a une Ford Galaxy de 1964, entièrement d’origine. La passion automobile n’a décidément pas de frontières. :k

Soirée simple et conviviale

Pas de restaurant ce soir : Léna est fatiguée. Nous faisons un arrêt chez Wholefoods Market pour préparer un repas à emporter. Grâce à Amazon Prime, nous économisons près de 10 dollars sur une addition de 85 dollars. Les filles repartent ravies avec leurs autocollants offerts par le caissier.

De retour à l’hôtel, je commande une bière pression : une Kolsch locale. L’addition pique un peu (11,5 dollars, soit 12 avec les taxes), mais elle est excellente. Nous terminons la soirée autour du feu, avec encore quelques marshmallows et une ambiance musicale parfaite (Vance Joy, Cage the Elephant, Edward Sharpe…).

Vers minuit, je termine l’écriture de cette journée riche en kilomètres (400 km en voiture et 12,7 km à pied), en découvertes et en rencontres. Cette étape fut une véritable transition : quitter l’effervescence urbaine de San Francisco, traverser la capitale californienne et plonger dans la nature grandiose du Lake Tahoe. Entre le charme d’Old Sacramento, les panoramas de Donner Lake et la randonnée exigeante du Monkey Rock Trail, chacun a trouvé son bonheur.

Demain, nous resterons une grande partie de la journée autour du Lake Tahoe pour explorer encore ses sentiers avant de prendre la route vers un autre joyau de Californie : Yosemite.
Avatar du membre
amoniac
Rédacteur
Messages : 329
Enregistré le : 14 mars 2016, 11:53
Sexe : Homme
Vous êtes : Une famille avec enfant(s)
Vous êtes randonneur(s) : Confirmé(s)
Matériel photo / vidéo : Canon EOS 6D / iPhone 17
Localisation : Beaujolais (69)

Message par amoniac »

De Lake Tahoe à Yosemite : une journée entre plages dorées, écureuils curieux et route enneigée (13 mai 2024)

Il est 7h30 lorsque Zoé et moi quittons la chambre pour aller chercher un café (pour moi) et un chocolat chaud (pour elle). Nous nous installons dehors, près du brasero encore allumé, pour profiter de l’air frais du matin. Rapidement, Léna et Sarah nous rejoignent. Mais ce matin, l’ambiance est particulière : deux clans se forment. Léna se range du côté de maman, tandis que Zoé reste collée à moi. Les filles boudent un peu, conséquence sans doute d’un trop-plein de proximité depuis le début du voyage. Cela ne durera pas, mais ça donne le ton à ce début de journée.

Le petit-déjeuner est simple mais efficace : granola et yaourt, de quoi tenir pour la randonnée prévue le long du lac. Nous profitons aussi de la salle commune de l’hôtel pour préparer le pique-nique du midi. À 8h30, Zoé, fatiguée par ce début de road trip intense, plaisante en affirmant qu’elle voudrait « dormir pour toujours ». La journée promet d’être riche, et il est temps de faire le plein… d’essence comme d’énergie.

Sand Harbor et East Shore Trail : plages dorées et eau turquoise

Avant de prendre la route vers Yosemite, nous faisons un dernier détour par South Lake Tahoe. Après avoir « abreuvé la bête » de 100 dollars d’essence (soit un peu plus de 65 litres, ce qui semble peu cher pour nous Européens mais élevé pour les Américains), nous filons vers Sand Harbor. Le parking coûte 15 dollars pour la journée, mais il donne accès à l’un des plus beaux points de départ pour explorer l’East Shore Trail.

Dès les premiers pas, le charme opère. Le sable est fin et doré, l’eau du Lake Tahoe incroyablement claire. On marche en direction d’Emerald Cove, puis de points de vue superbes comme Mountain View et Artist Point, avant de rejoindre Hidden Beach. Sur la plage, le calme du lac contraste avec une petite pollution laissée en bordure, triste rappel de notre balade à Mirror Lake, dans le parc de Yosemite, cinq ans plus tôt. Heureusement, ce détail reste isolé et ne gâche en rien la magie du lieu.

Sur le chemin, nous croisons un couple de Québécois installé depuis un mois dans la région avec leur camping-car. Leur bonne humeur et leur accent chantant ajoutent une petite touche de voyage supplémentaire à notre matinée.

Image
Vue panoramique de Sand Harbor au Lake Tahoe, avec sable doré et eaux turquoise cristallines.

À Hidden Beach, Zoé vit son moment de gloire. Attirées comme par magie, les coccinelles affluent vers elle. Elle les recueille délicatement dans ses mains et leur donne des prénoms originaux : Coquinette, Mange-tout, Renifle-les-fesses et même Simba. Elles l’accompagnent partout, au grand amusement de Sarah et Léna qui préfèrent tremper leurs pieds dans l’eau glacée du lac.

Les tensions du matin s’apaisent enfin. Les filles rient et discutent sans fin. Sarah les surnomme Dupont et Dupond, moi je préfère Tic et Tac. Leur bavardage incessant nous suit à quelques mètres derrière : la réconciliation est officielle.

À l’heure du déjeuner, nous trouvons un coin tranquille au bord des rochers. Au menu : bagels au cream cheese et avocat, chips Boulder Canyon, fraises et gâteaux Olyra à la figue et à l’anis. Un écureuil trop curieux vient même nous défier, grimpant presque sur le sac de Sarah pour grappiller quelques miettes. Ses compères observent la scène à distance, prêts à l’imiter.

Avant de repartir, nous tentons une escale au Visitor Center de Sand Harbor. Un panneau annonce un programme Junior Ranger, mais hélas, les portes sont closes. Petite déception pour Zoé qui aurait aimé décrocher un nouveau badge.

Image
Randonnée sur l’East Shore Trail du Lake Tahoe, entre pins et vues spectaculaires sur le lac.

De Lake Tahoe à Yosemite : paysages changeants et route enneigée

À 14h45, il est temps de prendre la route vers Yosemite. Sarah s’aperçoit qu’une coccinelle, baptisée Robert, s’est installée dans ses cheveux : la petite passagère clandestine nous accompagne jusqu’à la voiture.

Très vite, le décor change. Nous traversons d’abord une zone aride sous quelques gouttes de pluie, puis les montagnes apparaissent au loin, couvertes de neige. En quelques kilomètres, nous voilà plongés dans un paysage hivernal, avec plus d’un mètre de neige accumulée de chaque côté de la route.

Image
Changement radical d’ambiance sur la route qui nous conduit du Lake Tahoe à Yosemite.

La traversée de la Toiyabe National Forest, du lac Alpine gelé et de la Stanislaus National Forest se fait sous un temps capricieux : pluie, brouillard et routes étroites qui obligent à redoubler de prudence. Nous croisons des villages isolés comme Tamarack, dont le panneau annonce… 9 habitants ! Plus loin, une biche traverse tranquillement devant nous, imperturbable face à notre imposant GMC.

Au total, la route aura duré quatre heures, soit environ 200 miles (322 km), mais la variété des paysages et les anecdotes de voyage ont rendu le trajet étonnamment agréable.

Image
Un arrêt rapide sur la route entre le Lake Tahoe et Yosemite, traversée de montagnes enneigées…

Soirée américaine au Lucky Buck Cafe

Nous atteignons finalement notre étape : le Yosemite Westgate Lodge, situé à quelques kilomètres du parc.

Le check-in est rapide et nous filons dîner au Lucky Buck Cafe & Restaurant, le seul établissement à proximité. Le lieu ne paie pas de mine, mais l’intérieur respire l’Amérique authentique : banquettes en cuir rouge, serveuse rapide et souriante, ambiance conviviale sans chichis.

Nous commandons des nuggets-frites à partager pour les filles, une salade Asian Chicken pour Sarah et, pour moi, le fameux burger 49er en version végétarienne. Copieux, savoureux, il se hisse immédiatement dans mon top 3 des meilleurs burgers que j’ai pu manger. :happy

Côté dessert, Léna et Zoé optent pour une Apple Pie surmontée d’une énorme boule de glace vanille, tandis que je me laisse tenter par un milkshake. Comme prévu, les filles ne terminent pas leur part, trop sucrée et trop lourde pour elles. Je prends donc le relais, non sans rappeler à Léna ma prédiction : « Vous n’allez jamais finir… ». Elle m’avait pourtant répondu : « Mais si, je vais m’exciter dessus ! ».

À un moment, une ambulance passe toutes sirènes hurlantes devant le restaurant, ajoutant une touche de cinéma à notre dîner. La note, très raisonnable (69,61 dollars pour quatre, taxes incluses), est réglée en liquide comme conseillé. Un panneau à l’entrée annonçait aussi clairement : « Pas de Wi-Fi ici, parlez entre vous ! ». Et c’est exactement ce que nous avons fait.

De retour à notre chambre, fatigués mais heureux, nous tombons dans un sommeil profond. Demain, une nouvelle étape nous attend : la découverte du parc national de Yosemite.

Cette journée de Lake Tahoe à Yosemite restera comme l’une des plus variées du voyage. Entre la sérénité des plages dorées du lac, les jeux d’enfants avec les coccinelles, les écureuils voleurs, la route spectaculaire bordée de neige et la soirée conviviale dans un diner américain, chaque moment a eu sa place. Plus qu’un simple trajet, ce fut une véritable immersion dans l’Ouest américain, avec ses contrastes et son authenticité.
Avatar du membre
amoniac
Rédacteur
Messages : 329
Enregistré le : 14 mars 2016, 11:53
Sexe : Homme
Vous êtes : Une famille avec enfant(s)
Vous êtes randonneur(s) : Confirmé(s)
Matériel photo / vidéo : Canon EOS 6D / iPhone 17
Localisation : Beaujolais (69)

Message par amoniac »

Visite de Yosemite : séquoias, cascades et aventures familiales (14 mai 2024)

Ce matin, nous sommes réveillés vers 6 heures, Sarah et moi. Léna se lève peu après et retrouve la coccinelle Robert, qui avait élu domicile dans la voiture depuis le lac Tahoe. Elle lui rend sa liberté sur le parking, le sourire aux lèvres.

Pour le petit-déjeuner, nous restons simples : granola, yaourt et une banane. Je prends un café dehors et admire la Mustang GT Hertz garée à proximité. J’en profite pour discuter avec les deux Français qui la conduisent et qui font un road trip similaire au notre, mais qui arrivent de Las Vegas. Déjà, l’ambiance familiale et détendue s’installe pour cette journée à Yosemite.

Arrivée et premiers clichés à Yosemite

En approchant de l’entrée du parc, nous nous arrêtons pour prendre une photo souvenir. Il y a cinq ans, seuls Sarah et moi figurions sur l’image. Cette fois, nous ajoutons Léna et Zoé. Heureusement, un couple d’Allemands nous propose de prendre le cliché, ce que nous acceptons avec plaisir.

Dès le début, le paysage nous émerveille. Les montagnes, les arbres et la lumière matinale donnent le ton de la journée. Chaque moment promet des découvertes et des anecdotes mémorables pour toute la famille.

Notre premier arrêt se fait à Merced Grove, un sentier menant à deux séquoias. Dès la sortie de la voiture, une biche sauvage s’approche. Elle se cache derrière les toilettes mais reste curieuse. Nous l’observons, fascinés.

Image

Le sentier est agréable et court : 2,5 km pour rejoindre les séquoias. Zoé bavarde sans cesse avec Sarah, plaisantant sur notre “malchance” à marcher autant. Léna et moi nous concentrons sur la faune : écureuils et chipmunks apparaissent régulièrement. Cette balade permet de se reconnecter avec la nature et d’apaiser les tensions accumulées durant le road trip.

De retour sur le parking, alors que je m’apprête à démarrer, une voiture de ranger bloque le passage. Un homme moustachu, fin, sort de son véhicule pour intervenir sur une autre voiture mal garée. Nous profitons de ce moment pour observer de près le fonctionnement du parc et la rigueur des contrôles, tout en restant tranquilles. Le ranger s’excuse rapidement et repart, nous laissant à nos observations et aux préparatifs de notre prochaine étape. Ce bref incident rappelle la discipline nécessaire dans un parc national et souligne combien le respect des règles contribue à préserver la beauté des lieux.

Sur la route, nous faisons deux arrêts panoramiques, dont l’un à Tunnel View. La vue est spectaculaire : falaises abruptes, pins imposants et vallées profondes s’étendent devant nous. Malgré la présence d’un sac plastique sur un arbuste, nous sommes fascinés par le paysage et prenons soin de le récupérer pour le jeter plus tard, illustrant la sensibilisation de toute la famille à la préservation de la nature.

Plus tard, nous atteignons le Yosemite Village, où nous cherchons le Visitor Center. Le stationnement est compliqué mais nous parvenons à trouver une place. Les filles commencent leur programme Junior Ranger, tandis que nous posons nos questions aux rangers : accès à Taft Point et possibilité pour les filles de recevoir leurs badges. L’accueil est chaleureux et instructif, renforçant le sentiment d’être dans un parc où tout est pensé pour sensibiliser petits et grands à la protection de l’environnement.

Lower Yosemite Fall et le “drone qui fait la cuisine”

Près du Lower Yosemite Fall Trailhead, nous entamons une boucle de 2 km qui nous permet de nous rapprocher de la cascade. La force de l’eau est impressionnante, presque intimidante. Plus loin, alors que nous admirons El Capitan, Sarah remarque un drôle de dispositif qu’elle pense être un drone : c’est en réalité un barbecue portatif utilisé par des visiteurs pour déjeuner sur place. Cette petite anecdote amusante reflète l’ingéniosité des visiteurs et le côté convivial des lieux, où chacun profite du parc à sa manière.

Image

Glacier Point : coup de foudre sous la neige

Après plusieurs arrêts pour admirer El Capitan et le Half Dome, nous atteignons Glacier Point. La route sinueuse et enneigée rend le trajet lent mais spectaculaire. Malgré le ciel gris, la vue est à couper le souffle. Quelques écureuils s’agitent autour de nous, et nous observons avec admiration la beauté du paysage. Soudain, un éclair frappe à quelques mètres seulement, illuminant la vallée d’une lumière aveuglante et résonnant dans un fracas assourdissant. Derrière la balustrade, plusieurs visiteurs semblent ne pas respecter les consignes de sécurité, s’approchant trop près du vide. La peur se lit sur leurs visages ; certains reculent précipitamment. Léna et moi sursautons, tandis que Sarah, alarmée, nous presse de rejoindre rapidement la voiture, refusant de rester plus longtemps dans ce secteur exposé. L’instant, à la fois fascinant et terrifiant, nous rappelle la puissance impitoyable de la nature et combien Yosemite peut se montrer imprévisible à chaque pas.

Image

Fin de journée à Oakhurst et dîner familial

Nous terminons la journée à Oakhurst et réalisons rapidement le check-in au motel. Le restaurant prévu (South Gate, celui que nous avions fréquenté et beaucoup apprécié en 2019 avec Sarah) affiche 35 à 40 minutes d’attente. Les filles sont fatiguées. Nous choisissons donc le Mountain Oaks Café.

Le repas est copieux et savoureux : burgers, steak-frites, coleslaw et jus de pomme. Les filles ne finissent pas leur assiette, comme prévu. C’est moi qui m’y colle :). Zoé s’endort presque immédiatement après le dîner, tandis que nous profitons du calme retrouvé.

Une journée mémorable à Yosemite

Cette visite de Yosemite fut riche en émotions : séquoias majestueux, cascades puissantes et rencontres avec la faune. Les 15,8 kilomètres parcourus aujourd’hui témoignent de l’intensité de cette aventure familiale. Chaque moment nous a permis de découvrir le parc et d’apprécier sa beauté unique.

Image
Avatar du membre
amoniac
Rédacteur
Messages : 329
Enregistré le : 14 mars 2016, 11:53
Sexe : Homme
Vous êtes : Une famille avec enfant(s)
Vous êtes randonneur(s) : Confirmé(s)
Matériel photo / vidéo : Canon EOS 6D / iPhone 17
Localisation : Beaujolais (69)

Message par amoniac »

De Mariposa Grove à Cambria : entre géants séquoias et brume du Pacifique (15 mai 2024)

Le réveil sonne avant 7 heures. Sarah et moi sommes déjà debout, les filles dorment encore profondément. Quand elles ouvrent enfin les yeux, nous filons prendre le petit-déjeuner de l’hôtel, réputé pour ses gaufres maison. Comme de vrais Américains, nous préparons la pâte, laissons dorer les gaufres puis les recouvrons généreusement de sirop d’érable. Bagels, yaourts et fruits complètent ce festin énergisant. Une bonne mise en route pour la journée, car une étape importante nous attend : Mariposa Grove, l’un des sites les plus emblématiques du parc national de Yosemite.

En chemin vers Mariposa Grove : premiers pas et premières rencontres

Cinq ans plus tôt, Sarah avait eu un véritable coup de cœur pour Mariposa Grove. Nous sommes donc impatients d’y retourner. Mais surprise : pas de navette cette année. Il nous faut marcher près de 2 miles (1,9 exactement) pour atteindre l’entrée. Le sentier est agréable, bordé d’arbres et de buissons, et la faune se manifeste rapidement. Une biche et ses deux faons apparaissent : la mère, placide, broute tranquillement, tandis que ses petits, intrigués, nous observent avec attention. Quand la plus âgée prend la fuite, les deux autres l’imitent aussitôt. La magie d’un instant sauvage, comme seul Yosemite sait l’offrir.

Sur le chemin, nous croisons une famille américaine. Leur fille, à peine plus âgée que les nôtres, lance un enthousiaste « Hi kids! » à Léna et Zoé, ce qui provoque de grands sourires. Même à des milliers de kilomètres de chez nous, la spontanéité enfantine crée des liens instantanés. La marche se transforme ainsi en un moment de découvertes et de petites rencontres chaleureuses.

Image

Après 55 minutes et 3,4 km de marche, nous atteignons enfin Mariposa Grove. Le site impressionne immédiatement : ici se dressent plus de 500 séquoias géants, certains âgés de plusieurs millénaires. Le Fallen Monarch, immense tronc couché, témoigne de leur longévité. De son côté, le Grizzly Giant, colosse âgé d’environ 1 800 ans, se dresse fièrement, tandis que le California Tunnel Tree, percé d’un passage, illustre la fascination que ces arbres ont toujours exercée.

Les panneaux pédagogiques disséminés tout au long du parcours expliquent l’écologie particulière de ces géants : leur résistance aux incendies, leur système d’irrigation complexe, leur rôle dans l’écosystème. Une balade de 4,7 km nous permet d’observer plusieurs spécimens, parfois dans un silence impressionnant, juste troublé par le souffle du vent dans les branches. Nous croisons à nouveau trois biches — peut-être les mêmes que tout à l’heure ? L’expérience est saisissante : on se sent minuscule face à ces colosses, témoins immuables de l’histoire de la Terre.

Un encart historique rappelle que c’est ici, à Mariposa Grove, qu’a germé l’idée de protéger les grands espaces naturels. En 1864, Abraham Lincoln signa un décret préservant ce site et la vallée de Yosemite « pour l’usage public, la villégiature et la récréation ». Une décision pionnière, prise en pleine guerre de Sécession, qui allait poser les bases de la création des parcs nationaux.

Percé au XIXᵉ siècle pour laisser passer calèches et cavaliers, le California Tunnel Tree garde son allure majestueuse.

Image

Image

Image

Image
Le Fallen Monarch, tronc couché depuis des siècles, rappelle la force et la fragilité des géants de Yosemite

Pause gourmande à Oakhurst : South Gate Brewing Company

De retour au parking, nous avons déjà parcouru plus de 11,5 km. Il est 13 heures passées et nos estomacs crient famine. Direction Oakhurst et le South Gate Brewing Company, un restaurant que nous n’avions pas pu tester la veille.

Les filles choisissent un menu enfant, mélangeant pâtes à la crème et sandwich grillé au fromage. Sarah reprend le Blu Tang Burger qu’elle avait adoré lors de notre précédente visite, tandis que je me laisse tenter par un Black Bean Burger vegan, accompagné de coleslaw. Nous partageons frites et salade, ainsi qu’une bière artisanale locale à la myrtille, la Blue Paw. Sarah la décrit comme « la meilleure bière qu’elle ait jamais bue » — et vu la vitesse à laquelle son verre se vide, je confirme !

Les rires des filles rythment le repas, et la bonne humeur est contagieuse. Avant de nous apporter l’addition, la serveuse nous demande avec un sourire : « Do you think there is enough room for a dessert, guys? ». Impossible, malgré la tentation. Avant de nous quitter, elle nous recommande une adresse à Cambria : Sandy’s, réputé pour ses excellents petits-déjeuners.

Image

Cambria

Nous quittons Oakhurst et prenons la route vers la côte Pacifique. Les paysages changent rapidement : montagnes arides, plaines désertiques, champs agricoles et vignobles se succèdent. Nous croisons d’immenses champs de panneaux solaires, puis passons devant la prison d’Avenal. À une station-service près de Lemoore, une petite femme d’une quarantaine d’années descend d’un gigantesque Hummer H2 flambant neuf. La scène illustre à merveille les contrastes de la Californie.

Image
Un nouveau changement de paysage au cours du road trip. Nous passons des forêts de Mariposa Grove aux prés désertiques avant de rejoindre l’océan.

Après plus de trois heures et demie de route, nous atteignons enfin Cambria. Le ciel bleu a disparu, remplacé par la brume et la fraîcheur de l’océan Pacifique. L’hôtel Oceanpoint Ranch nous accueille dans un décor chaleureux, au style ranch côtier.

En sortant de la voiture, nous faisons connaissance avec nos voisins de chambre : des Français venus de Paris et de Nice, ravis de nous croiser si loin de chez nous. Les filles profitent un moment de l’aire de jeux de l’hôtel avant d’aller faire un petit tour au bord de l’océan, tous les quatre. La température est fraîche, une petite veste est bienvenue. Lapins bondissants, embruns marins et le crépitement du brasero complètent l’ambiance.

Le soir, nous partageons un simple dîner pique-nique avec les provisions achetées la veille, avant de coucher les filles à 21 heures. Après 225 miles en voiture (362 km) et 15,8 kilomètres à pied, cette journée intense s’achève, remplie de souvenirs variés : la grandeur des séquoias de Mariposa Grove, la convivialité d’un repas à Oakhurst et la douceur brumeuse de Cambria.

Image